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Lifestyle - Musique

La belle trentaine de K-MARO

Après de longues années d'absence, une désertion voulue et parfois critiquée par ses compatriotes, K-Maro a retrouvé le Liban pour (re)nouer avec ses racines, les amis, les parfums perdus et lancer son nouvel album 01-10. « Je suis de retour chez moi, a-t-il dit. À l'aéroport de Beyrouth, j'ai eu un coup de foudre immédiat pour le pays. »

K-Maro au « White » pour le lancement de son nouvel album « 01.10 » Photo Carla Henoud

Il débarque, comme toujours très sûr de lui, avec la hip hop attitude, lunettes de soleil, tatouages, baskets bleus, tee-shirt « Balbec » de sa création. Un peu agressif, un peu séduisant, un peu amusé, un peu blasé. La voix profonde et les mots clairs, toujours aussi décidé, contrôlant la situation, il préfère devancer les questions, poser lui-même celles qui fâchent. Et aujourd'hui, donner des réponses plus mûres, mûries par le temps qui a passé, les erreurs, les délires, la frime, les excès. Excès de « signes apparents de richesse » jamais vraiment appréciés, excès de succès, de critiques, bonnes et mauvaises. « J'ai appris à apprivoiser le succès et l'argent, avoue avec lucidité un K-Maro de trente ans. L'argent a de la valeur, mais aucune importance. Les gens m'aiment ou me détestent, souvent pour les mêmes raisons... »

Itinéraire d'un enfant doué
D'abord il y a la personne. Cyril Kamar, né au Liban en 1980, parti au Canada à dix ans avec, dans les bagages de son enfance, le traumatisme de l'arrachement et de l'exil, qui se transformera plus tard en rancune à l'égard d'un pays qui l'a, lui semble-t-il, abandonné. À 13 ans, l'adolescent en devenir, déjà rebelle, déjà déterminé et provocateur, et qui avait déjà le sens de la musique et celui des affaires, crée sous le pseudo de Lyrik un groupe de rap baptisé LMDS, Les Messagers du son. Le groupe obtient le prix de la meilleure chanson hip hop en 1998, sort deux albums et se taille une place dans l'univers du rap québécois. Perfectionniste jusqu'à l'impatience, ambitieux jusqu'à l'arrogance, trop libre et one man show, one man tout, il décide de se lancer dans une aventure en solo sous le pseudo de K-MARO. « J'ai un don naturel pour les affaires qui s'est révélé très jeune, souligne-t-il. Je suis devenu un homme d'affaires par la force des choses. À partir de 15 ans, au lieu de passer mon temps à regretter ou blâmer les autres, j'ai préféré faire les choses moi-même. » Une star is born, qui se proclame le roi de la pop urbaine.
L'artiste K-MARO, ce sont des lettres, trois consonnes et deux voyelles qui claquent, et des chiffres, indice des ventes et indice du succès. La Good Life, en 2004, est disque de platine, avec plus de 340 000 albums vendus en France et 750 000 albums dans le monde. La belle vie pour l'artiste qui, avec Femme Like You, touche le jackpot. « J'avais écrit la chanson pour quelqu'un d'autre. En la fredonnant, j'ai senti le potentiel. J'ai réussi à transporter le rap sur une piste de danse. » 750 000 singles vendus et le NRJ Music Award de la chanson de l'année, « ce titre m'a permis de dépasser le genre de carrière à laquelle je pouvais aspirer, avoue-t-il. Un Gold à moins de trente ans, je suis en quelque sorte devenu le Claude François du rap, c'est dingue ! » « Je sais, poursuit-il, que cette chanson restera mythique pour les 40 prochaines années. Tous les grands artistes ont leur tube mythique et plein d'autres titres. Le danger serait de passer sa vie à essayer de le recréer. J'ai préféré continuer à faire de la musique au feeling. » Million Dollar Baby, sorti l'année suivante, sera vendu à 200 000 exemplaires en France et obtiendra un double disque d'or.
En 2008, K-MARO enregistre Perfect Stranger en anglais. Puis décide de prendre du recul. « On se bat pendant des années, on se justifie parce qu'on est jeune, pourquoi les chaînes en or, pourquoi les voitures et puis, un jour, on décide de ne plus rien dire. Je n'avais plus envie de rester dans ce genre de discours. » L'artiste s'éclipse, le businessman, sous son label K.Pone.Inc, poursuit ses affaires dans l'immobilier, la restauration, la mode et la production d'artistes, dont la dernière en date, Shy'm, décroche un disque de platine pour son premier album Mes fantaisies, écrit, composé et produit par K-Maro.

Un artiste controversé
« Je peux devenir très antipathique très vite », tient à préciser le personnage. Côté pile, ce sont les grosses bagnoles, les chaînes en or, les belles femmes, la provoc'. Côté face ce sont les amis, collaborateurs dans chaque projet, « une quarantaine de magiciens autour de moi qui m'aident à réaliser mes idées, une par seconde !!! ». La famille et enfin la fondation qu'il a créées pour venir en aide aux enfants malades. C'est un K-Maro devenu Cyril Kamar pour quelques instants d'intimité sous le ciel libanais, avec ses tantes, ses amis d'enfance, ses voisins, après de nombreux rendez-vous ratés. Et qui, sous le ciel du « White », réussit en trois titres et un nouvel album plus électronique à « allumer le feu » devant une audience essentiellement féminine.
Un jeune homme qui avoue enfin, laissant tomber ses gardes au bout d'une entrevue à bâtons rompus : « Je suis un garçon qui apprend tous les jours et j'essaie de m'asseoir sur des valeurs importantes. Je perds tout seul mais je gagne en équipe. » Un garçon qui peut aussi, enfin, accepter de devenir moins antipathique.
Il débarque, comme toujours très sûr de lui, avec la hip hop attitude, lunettes de soleil, tatouages, baskets bleus, tee-shirt « Balbec » de sa création. Un peu agressif, un peu séduisant, un peu amusé, un peu blasé. La voix profonde et les mots clairs, toujours aussi décidé, contrôlant la situation, il préfère devancer les questions, poser lui-même celles qui fâchent. Et aujourd'hui, donner des réponses plus mûres, mûries par le temps qui a passé, les erreurs, les délires, la frime, les excès. Excès de « signes apparents de richesse » jamais vraiment appréciés, excès de succès, de critiques, bonnes et mauvaises....
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