« Ceux qui croient qu'il y a un renversement des rapports de force politiques au Liban se trompent. Il est vrai qu'il y a eu des modifications, mais elles ne sont pas suffisantes pour que l'on parle de changement de majorité », affirme M. Geagea dans une interview que publie aujourd'hui le journal koweïtien al-Raï.
M. Geagea, qui a accordé cette interview à la veille de la visite au Liban de l'émir du Koweït, a souligné que cette visite « s'inscrit dans le cadre d'une relation irréprochable et exemplaire de longue date entre les deux pays ».
Pour le chef des FL, cette visite intervient à un moment qui pourrait être « le dernier quart d'heure avant la tempête dans la région ».
« La seule opportunité pour protéger le Liban de cette tempête est de placer le pouvoir de décision stratégique entre les mains du gouvernement et de lui seul », a-t-il ajouté.
« Il se peut que le moment soit inopportun pour parler des armes (du Hezbollah) et de leur statut. Mais quoi qu'il en soit de ce statut, si au moins la décision au sujet de ces armes était à Beyrouth, et non pas à Téhéran et à Damas, cela nous permettrait de faire la moitié du chemin pour éviter d'être touchés par la tempête », a-t-il dit.
Interrogé sur la prochaine visite du Premier ministre, Saad Hariri, aux États-Unis, M. Geagea a critiqué les « tirs » dirigés sur cette visite et sur les relations libano-américaines « au service d'intérêts régionaux bien connus ».
« Est-il permis que pour servir le dossier nucléaire iranien, certains nuisent aux intérêts du peuple libanais, en suscitant d'abord (une polémique) au sujet d'un soi-disant accord de sécurité entre Beyrouth et Washington, lequel accord n'existe pas, puis en attaquant la visite de M. Hariri à Washington ? » s'est-il interrogé.
À la question de savoir s'il est vrai que certaines parties du 14 Mars avaient émis des réserves à l'idée d'anticiper le séjour du Premier ministre aux États-Unis par une visite à Damas, le chef des FL a dit : « Il n'existe pas de réserves. Si l'on dit que certains, et j'en fais partie, ont une autre opinion à ce sujet, alors la réponse est : c'est possible. Mais en tout état de cause, cela ne fait rien. Que M. Hariri aille jusqu'au bout dans son attitude positive (à l'égard de Damas). Nous verrons où cela mènera. »


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