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Santé

Un compromis entre des chercheurs divisés

L'étude Interphone, qui ne met pas en évidence un risque accru de cancer suite à l'utilisation du téléphone portable, est un « compromis » entre chercheurs divisés sur l'interprétation des données, a indiqué à Christine Courcol de l'AFP le Pr Élisabeth Cardis, chercheuse principale pour l'étude.
Q - Pourquoi a-t-on attendu si longtemps les résultats de l'étude Interphone ?
C'est une étude très complexe, on a validé les données en 2006 et on s'est rendu compte que les résultats étaient très difficiles à interpréter, parce qu'il y a un certain nombre de biais possibles. On a donc dû faire des centaines d'analyses supplémentaires, revues et discutées par les 50 investigateurs, un peu partagés sur l'interprétation des résultats. Certains pensent qu'il y a peut-être effectivement un effet, d'autres pensent que non, que les résultats positifs sont dus à un biais. La conclusion de l'étude est un compromis entre ces deux groupes.
Q - Quels sont les biais de l'étude ?
Il y a d'abord un biais de sélection. En effet, le groupe témoin comptait plus d'utilisateurs (que dans la vie réelle, NDLR). Ce biais peut être responsable d'une diminution de risque de l'ordre de 10 à 15 %. Il y a également un biais de mémorisation. Quand quelqu'un sait qu'il a une tumeur, il peut se demander pourquoi, il a entendu parler du téléphone portable, et il aura plus tendance à dire que c'est ce côté-là de la tête qu'il utilisait. Mais les gens ne savent pas forcément que le lobe temporal est le plus exposé, donc c'est peut-être qu'il y a une indication, pas seulement un biais.
Q - L'étude n'est-elle pas dépassée ?
Les personnes interrogées sont de faibles utilisateurs par rapport aux utilisateurs d'aujourd'hui, ce qui rend les résultats préoccupants, surtout chez les jeunes, qui vont en outre l'utiliser plus longtemps et sont plus sensibles à des pathologies induites par des facteurs environnementaux.
Certes, les niveaux d'exposition baissent avec la 3G, et dans les utilisations pour des textos ou avec le kit mains libres, le cerveau n'est pas exposé. Mais même si l'étude ne met pas en évidence un risque accru, il y a suffisamment de résultats qui suggèrent un risque possible pour qu'on ne puisse pas conclure à l'absence de risque, d'autant qu'aujourd'hui on utilise beaucoup plus le portable.
L'étude n'est pas achevée, notamment pour les neurinomes de l'acoustique et les tumeurs de la parotide. En outre, on fait des analyses plus poussées sur le niveau d'exposition aux radiofréquences au niveau de la tumeur. On a des chances ainsi d'avoir plus d'éclaircissements pour savoir s'il y a un biais de mémorisation ou pas.
L'étude Interphone, qui ne met pas en évidence un risque accru de cancer suite à l'utilisation du téléphone portable, est un « compromis » entre chercheurs divisés sur l'interprétation des données, a indiqué à Christine Courcol de l'AFP le Pr Élisabeth Cardis, chercheuse principale pour l'étude.Q - Pourquoi a-t-on attendu si longtemps les résultats de l'étude Interphone ?C'est une étude très complexe, on a validé les données en 2006 et on s'est rendu compte que les résultats étaient très difficiles à interpréter, parce qu'il y a un certain nombre de biais possibles. On a donc dû faire des centaines d'analyses supplémentaires, revues et...
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