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Nos lecteurs ont la parole

Tannourine, la réserve naturelle oubliée

Par Tommy et Silvia TABIB
Nous sommes un couple libano-italien. Nous vivons à Beyrouth et notre échappatoire est la nature libanaise ou ce qui en reste.
Nous avons visité plusieurs réserves naturelles libanaises, comme Ehden, Barouk et la cédraie des Cèdres. Le bon accueil et le respect de la nature y étaient. Malheureusement, ce n'était pas le cas à la réserve naturelle de Tannourine, que nous n'avons pas eu l'occasion de visiter parce que l'accès nous en a été interdit.
La réserve naturelle de Tannourine est située à deux heures de route de la ville de Batroun. L'accès est difficile et dangereux. Sur cette route, les déchets sont entassés au niveau d'un fleuve et les décharges sont visibles. Nous y sommes arrivés après un long trajet jonché de sacs poubelles et de bouteilles en plastique.
Ce dimanche-là, nous étions les seuls visiteurs. Nous voilà donc à l'entrée de la réserve, espérant pouvoir finalement respirer de l'air frais et apprécier le peu de cèdres qui restent.
Mais non ! Quelle grande désillusion : l'accueil était hostile, agressif, voire dangereux. C'est que nous étions accompagnés de notre chien et on nous a signifié que les chiens étaient interdits d'accès à la réserve. Nous avons voulu savoir pourquoi, et comment un chien accompagné de ses maîtres peut nuire à la beauté des cèdres... En vain. Pourtant notre chien, qui respecte la nature, parfois mieux que les hommes, nous avait accompagnés dans les réserves de Barouk, d'Ehden et des Cèdres de Bécharré.
Dans ce pays, on parle beaucoup de la dignité et de la fierté d'être libanais. Nous voudrions simplement savoir avec quelle conscience aménage-t-on des réserves naturelles en laissant les déchets et les décharges aux portes d'un espace que l'on veut protéger. Et puis, on vient faire la guerre à un chien, un animal qui fait partie de la nature et de l'écosystème. N'a-t-on pas honte ?
Après notre mésaventure à la réserve de Tannourine, nous avons compris pourquoi nous étions les seuls visiteurs ce dimanche-là.
À Tannourine, on nous a dit que la loi libanaise interdit les animaux domestiques dans les réserves naturelles. Pourtant, comme nous l'avons précisé plus haut, nous avions visité les réserves de Barouk, Ehden et des Cèdres avec notre chien.
Nous appelons donc à la levée de cette loi, propre probablement à la réserve de Tannourine, et nous invitons à interdire l'accès de cette réserve et de toutes les autres, des parcs de Beyrouth et des forêts du Liban aux pique-niqueurs qui fument le narguilé et qui laissent, après leur départ, leurs déchets traîner sur les beaux sites libanais.
Permettez donc aux pauvres animaux domestiques d'accompagner leurs maîtres tout le long des promenades pour admirer cette belle nature libanaise qui est en cours de disparition.
Nous sommes un couple libano-italien. Nous vivons à Beyrouth et notre échappatoire est la nature libanaise ou ce qui en reste.Nous avons visité plusieurs réserves naturelles libanaises, comme Ehden, Barouk et la cédraie des Cèdres. Le bon accueil et le respect de la nature y étaient. Malheureusement, ce n'était pas le cas à la réserve naturelle de Tannourine, que nous n'avons pas eu l'occasion de visiter parce que l'accès nous en a été interdit.La réserve naturelle de Tannourine est située à deux heures de route de la ville de Batroun. L'accès est difficile et dangereux. Sur cette route, les déchets sont entassés au niveau d'un fleuve et les décharges sont visibles. Nous y sommes arrivés...
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