Présidé par le chef de l'État, le Conseil des ministres a examiné, outre le projet du budget, le dossier des nominations et a convenu de désigner à la tête de la Sûreté de l'État, Georges Kareh, et à la tête de l'administration au ministère de la Défense, Abdel Rahman Chehaytelli. Il a également avalisé les sept noms proposés par le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, à l'Inspection judiciaire. Avec la désignation, pour la première fois dans l'histoire, de deux magistrates Marlène el-Jerr et Sabah Sleiman, et des juges Mohammad Masri, Hafez el-Eid, Antoine Farhat, Hussein Chahine, Malek Seaiby, les membres de l'équipe de l'Inspection judiciaire sont désormais au complet, avec Akram Baassiri pour président, et deux autres membres déjà en poste, Élie Bekhaazi et Samir Hatoum.
Si la question des nominations a été tranchée dès le début de la session, c'était pour laisser le temps aux ministres de s'exprimer sur l'exposé du budget, un exercice qui ne manquera pas de s'étendre sur plusieurs séances.
Contrairement aux prévisions formulées par les médias qui s'attendaient à voir le Conseil des ministres se transformer en arène pour des règlements de comptes politiques, la discussion au sein du cabinet n'a pas dévié de ses objectifs purement techniques. C'est ce que confirmera d'ailleurs la ministre des Finances, Raya el-Hassan, qui a indiqué, à l'issue de la réunion, que les débats étaient « calmes, objectifs et scientifiques ». Les ministres avaient reçu, il y a deux semaines, copie du projet, pour leur permettre de l'étudier avant les débats. Afin d'éviter que la séance ne traîne en longueur, un laps de temps a été accordé à l'avance à chacun d'entre eux pour s'exprimer sur le projet.
Au cours de la réunion, Mme el-Hassan devait prendre la parole pour expliquer les objectifs du projet de budget, à savoir la nécessité d'augmenter les dépenses sur les prestations de santé, les services sociaux et l'éducation, et d'accroître en même temps les dépenses d'investissements. Il s'agit également de programmer le paiement des échéances dans les secteurs public et privé, de faire en sorte de ne pas accabler les citoyens par des taxes additionnelles et de contenir la croissance de la dette publique, a-t-elle précisé.
À l'issue de la réunion, la ministre a indiqué n'avoir relevé aucune intervention négative à l'égard du budget, qu'elle a présenté sur grand écran aux ministres présents. Outre deux objections émises par les ministres Charbel Nahas et Mohammad Fneich, les débats se sont limités à des généralités, les détails et les chiffres devant être examinés à nouveau mercredi et jeudi prochains. Mme el-Hassan a toutefois écarté la possibilité de voir les discussions s'achever jeudi prochain.
Le chef de l'État avait d'ailleurs insisté au début de la réunion sur la nécessité d'adopter le budget le plus tôt possible, afin de vaquer à l'examen du budget de 2011.
Auparavant, le ministre de l'Information, Tarek Mitri, avait donné le ton en affirmant que « c'est l'exposé du budget qui prendra le plus de temps et non les chiffres en eux-mêmes ».
Le ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, a insisté pour sa part sur certaines « constantes, notamment celles d'éviter l'augmentation de la dette publique », soulignant qu'« il ne faut pas reprendre d'une main ce que l'on a donné de l'autre ».
De son côté, le ministre d'État Jean Oghassabian devait annoncer avant le début de la séance qu'il aurait certainement des remarques au sujet du dossier de l'électricité qui, a-t-il dit, doit certes être assurée aux citoyens, mais pas au prix de la faillite. « Il est important de faire participer le secteur privé dans le cadre d'une solution définitive car le pays ne saurait rester dans une telle situation », a-t-il dit.

