La nouvelle tragédie s'est produite tôt le matin lorsqu'un villageois de 48 ans a fait irruption armé d'un fendoir - gros couteau de cuisine chinois - dans un jardin d'enfants privé de Hanzhong, dans la province pauvre du Shaanxi (nord), a indiqué l'agence Chine Nouvelle, citant les autorités locales. L'homme, Wu Huanming, a tué sept enfants et deux adultes, la propriétaire du jardin d'enfants et sa mère, selon un dernier bilan de l'agence officielle. Il a également blessé onze enfants, dont deux grièvement, avant de rentrer chez lui et de se suicider, selon Chine nouvelle.
Après le drame d'hier, le gouvernement a lancé une mise en garde, réclamant davantage de sécurité autour des écoles. Selon les premiers éléments de l'enquête, Wu louait une maison à la propriétaire du jardin d'enfants et était mécontent qu'elle n'ait pas été libérée en avril à la fin du bail.
Ce drame intervient après une série de quatre attaques similaires depuis le 23 mars, au couteau ou au marteau, visant des écoles et des maternelles, qui ont traumatisé la Chine. Ces quatre agressions, qui ont fait huit morts et des dizaines de blessés, ont été perpétrées par des hommes se disant frustrés dans leur vie professionnelle ou affective.
Les trois dernières, survenues en l'espace de quelques jours, dans la dernière semaine d'avril, ont abouti au renforcement des mesures de sécurité au sein des établissements scolaires. La métropole de Chongqing (sud-ouest), qui compte plus de 30 millions d'habitants, a même donné l'ordre à sa police de tirer à vue sur quiconque tenterait de s'en prendre à des écoliers.
Mais pour Ma Ai, psychologue spécialisé dans la criminalité de l'Université de droit et de sciences politiques de Pékin, ces mesures, même si elles sont indispensables, ne résoudront pas les problèmes de fond de la société actuelle, profondément transformée par plus de 30 ans de croissance économique et passée d'un modèle collectiviste socialiste à une économie capitaliste.

