Des secouristes et des enquêteurs libyens inspectent les débris de l’Airbus A330 de la compagnie al-Afriqiyah. Photo Reuters
À La Haye, la Fédération nationale du tourisme (ANWB) a confirmé qu'un enfant néerlandais avait survécu. Plus prudent, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que la nationalité du garçon était à confirmer. Selon M. Zidane, les victimes sont de neuf nationalités différentes : des Pays-Bas (61 morts), d'Allemagne (2), d'Afrique du Sud, de Finlande, de France, de Grande-Bretagne, des Philippines et du Zimbabwe. À ces huit nationalités s'ajoutent les membres d'équipage, tous libyens. Concernant la victime française, il s'agit d'une jeune femme qui devait fêter ses 32 ans hier, selon une amie à qui elle avait rendu visite à Johannesburg. Londres a de son côté annoncé qu'il étudiait « de manière urgente » les informations sur la présence de Britanniques. Le ministre libyen a par ailleurs indiqué que l'avion avait passé sa dernière visite technique auprès de la compagnie allemande Lufthansa le 5 mars 2010 à Milan (Italie). Il avait depuis « effectué 1 586 heures de vol ». L'A330, un appareil neuf, avait été acquis en septembre 2009, selon M. Zidane. Il a rappelé que quatre experts d'Airbus et trois enquêteurs français étaient attendus à Tripoli dans le cadre de l'enquête, et que les démarches allaient être facilitées pour l'accueil des familles des victimes. La compagnie al-Afriqiyah a, elle, annoncé qu'elle allait financer le séjour dans la capitale libyenne des familles des victimes.
« L'avion a pris feu juste avant l'atterrissage », selon une source au sein des services de sécurité de l'aéroport. Selon un journaliste de l'AFP, l'appareil s'est entièrement disloqué et des milliers de débris étaient éparpillés sur une vaste zone, à 500 m environ du bout de la piste d'atterrissage. D'après ce journaliste, les conditions météorologiques étaient bonnes à ce moment-là. L'entreprise chargée de gérer les affaires d'al-Afriqiyah en Afrique du Sud a relevé que l'avion avait passé tous les contrôles de sécurité avant le départ. « La compagnie avait un bon bilan en termes de sécurité », a déclaré Charmaine Thomé, directrice pour l'Afrique australe du groupe allemand Aviareps, spécialisé dans le transport aérien et le tourisme. Cette catastrophe constitue l'accident le plus meurtrier en Libye depuis le 22 décembre 1992, selon le site Internet de suivi de l'industrie aéronautique aviation-safety.net. Un Boeing 727 de la Libyan Arab Airlines s'était alors écrasé près de Tripoli, faisant 157 morts.
Afriqiyah Airways a été créée en avril 2001 avec un capital de 70 millions de dollars. Basée à Tripoli, elle a commencé par louer des avions Boeing pour desservir plusieurs capitales africaines. À présent, elle dessert également de grandes villes européennes (Londres, Paris, Amsterdam, Rome). Selon son site Internet, elle possède maintenant uniquement des avions Airbus, ornés sur la queue et les réacteurs de quatre chiffres 9, en référence au 9 septembre 1999, date de création de l'Union africaine.

