Peu auparavant, David Cameron était apparu en direct sur les télévisions du pays, franchissant dans sa jaguar blindée couleur argent les lourdes grilles du palais de Buckingham, résidence londonienne de la reine. Accompagné de son épouse Samantha enceinte, vêtue d'une robe bleu nuit, le chef de file tory a sollicité d'Élisabeth II l'autorisation de former le prochain gouvernement. Il a refranchi les grilles du palais environ 25 minutes plus tard, fort de l'assentiment royal et devenu officiellement Premier ministre. Peu auparavant, le Premier ministre sortant avait fait le même voyage, pour remettre sa démission à la souveraine. « J'ai informé le secrétaire particulier de la reine de mon intention de remettre ma démission », a déclaré Gordon Brown, très ému, sur le perron devant la porte noire du 10, Downing Street. « Ma démission de chef du Parti travailliste prend effet immédiatement », a-t-il ajouté dans une brève déclaration, avant de quitter sous un magnifique coucher de soleil, et pour la dernière fois, le siège du pouvoir, tenant par la main ses deux fils et son épouse Sarah.
Après cinq jours de tractations, conservateurs et libéraux-démocrates avaient passé l'après-midi à mettre la dernière main à leur programme de gouvernement. Selon les services de M. Cameron, le chef de file libéral, Nick Clegg, va devenir vice-Premier ministre du gouvernement britannique.
Dans la soirée, le parti conservateur a annoncé que George Osborne et William Hague vont être nommés respectivement ministre des Finances et ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement britannique. L'entrée des conservateurs et libéraux à Downing Street met fin à 13 ans de gouvernements travaillistes, dont près de trois sous Gordon Brown, qui avait succédé à Tony Blair en juin 2007 sans passer par les urnes. Il s'agit également de la première coalition depuis 70 ans. Une entente Lib-Dem-Tories doit encore recueillir l'approbation à la fois du groupe parlementaire et de l'organe exécutif des libéraux, à chaque fois dans une proportion des trois quarts des voix.
Arrivés en troisième position aux législatives de jeudi dernier, les Lib-Dem étaient courtisés à la fois par les conservateurs, victorieux du scrutin mais sans réussir à dégager une majorité absolue, et les travaillistes, deuxièmes du scrutin.
Dans une surprenante surenchère, Gordon Brown avait annoncé lundi l'ouverture de négociations parallèles avec les libéraux, offrant de démissionner de la tête de son parti et donc du gouvernement pour faciliter les discussions. Une alliance entre conservateurs et libéraux rassemble 363 sièges, soit plus que les 326 nécessaires pour la majorité absolue. En revanche, une alliance Labour et Lib-Dem n'aurait rassemblé que 315 sièges.
À Washington, le président Barack Obama a appelé hier au téléphone le nouveau Premier ministre britannique, l'invitant à se rendre aux États-Unis en juillet. De son côté, le président français Nicolas Sarkozy a présenté « ses vives félicitations » à David Cameron et « espère pouvoir travailler avec lui au renforcement de la coopération très étroite et des liens exceptionnels tissés entre la France et le Royaume-Uni ».


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron