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Culture

Les «Nanas » de Nicky de Saint Phalle en vadrouille à Washington

Toutes plantureuses, gigantesques et voyantes qu'elles sont, les créatures de Niki de Saint Phalle se sont échappées d'un musée américain pour prendre l'air dans une rue avoisinante.

Les « Nanas » en plein quartier des affaires.

Depuis quelques jours, les passants d'une rue austère des affaires du centre commercial de Washington côtoient une faune inhabituelle, guillerette et haute en couleur. De surcroît plus grande que nature, tout en rondeur et surplombant le paysage urbain du haut de ses cinq mètres. Il y a une femme plantureuse qui danse sur le dos d'un dauphin, un joueur de basket-ball disputant le ballon à un adversaire, les trois grâces, l'arbre serpents.
Ce sont les célèbres Nanas de Niki de Saint Phalle poussées dehors par les soins du «National Museum of Women in the Arts», situé non loin de là et qui a voulu exposer en plein air cette sélection de sculptures. C'est là un projet concocté en collaboration avec le bureau de planning de la ville et plusieurs partenaires privés. L'un des organisateurs explique: «Nous avons, à Washington, beaucoup de sculptures traditionnelles et commémoratives de grands événements historiques. Nous avons voulu ajouter une touche d'art contemporain ludique à ce tronçon de rue et en faire un prolongement extérieur du musée.» La directrice du musé précise pour sa part que cet espace gardera ce cachet, en montrant chaque année les œuvres d'autres artistes femmes. «Le but étant, selon elle, d'imprimer à ce secteur de la ville, en train de devenir "hip" et vibrant, un caractère artistique moderne.» Elle explique ainsi le choix de Saint Phalle pour lancer ce projet: «Son travail célèbre les femmes, les enfants, les héros, l'amour et la diversité.» Le monde des affaires voit d'un bon œil cet aménagement d'une allée avec des œuvres d'art, qu'il qualifie d'expérience urbaine remarquable. À présent donc, PDG, secrétaires et autres fonctionnaires vaquent à leurs occupations quotidiennes à l'ombre des Nanas monumentales et multicolores, à la féminité exubérante et joyeuse, aux corps aussi aériens que plantureux.

Les nouveaux réalistes
Niki de Saint Phalle (1930-2002) possédait un talent polyvalent: elle était peintre, sculpteuse et réalisatrice de films. Principalement célèbre pour ses poupées grandeur nature qu'elle avait réalisées en explorant la représentation artistique du rôle de la femme. Faites de grillage, de papier mâché et de polyester de couleurs vives et brillantes, elles représentent également sa quote-part au mouvement féministe des années 60. Elles rappellent, par leur nom, une femme moderne et, par leur forme, la silhouette féminine dont les rondeurs sont sciemment accentuées. De Saint Phalle a fait partie, en 1961, du Groupe des nouveaux réalistes, à l'instar de Gérard Deschamps, César, Mimmo Rorella, Chriso et Yves Klein. Elle avait épousé, en secondes noces, le sculpteur suisse Jean Tinguely. Une union doublée d'une collaboration artistique qui a produit plusieurs pièces utilisant avec un égal bonheur la peinture, la sculpture et l'architecture: la fontaine Stravinsky à Paris, la fontaine de Château-Chinon, le Jardin des tarots en Italie, et pour le musée moderne de Stockholm, Hon/Elle, une femme monumentale de 28 m de long, 6 m de haut et 9 m de large, couchée sur le dos avec les jambes
entrelacées.
Niki de Saint Phalle, née à Neuilly-sur-Seine, avait dit: «Quand une femme veut réellement monter au sommet de l'art international, elle y arrive. J'en suis la preuve vivante.» Aujourd'hui, les États-Unis, où elle a vécu jeune et où elle a terminé sa vie, lui donnent raison, en ayant recours à son univers enchanté pour une embellie au quartier des affaires.
Depuis quelques jours, les passants d'une rue austère des affaires du centre commercial de Washington côtoient une faune inhabituelle, guillerette et haute en couleur. De surcroît plus grande que nature, tout en rondeur et surplombant le paysage urbain du haut de ses cinq mètres. Il y a une femme plantureuse qui danse sur le dos d'un dauphin, un joueur de basket-ball disputant le ballon à un adversaire, les trois grâces, l'arbre serpents.Ce sont les célèbres Nanas de Niki de Saint Phalle poussées dehors par les soins du «National Museum of Women in the Arts», situé non loin de là et qui a voulu exposer en plein air cette sélection de sculptures. C'est là un projet concocté en collaboration avec le bureau de planning de la ville et...
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