Le match nul (0-0) ramené de Bourgogne vendredi dans le choc au sommet constitue en effet une bonne affaire, malgré la frustration d'avoir manqué la balle de break.
Si besoin était, les dirigeants marseillais pourraient se rassurer à la lecture des statistiques : jamais une équipe possédant 5 points d'avance à trois matches du terme n'a laissé échapper le trophée.
Deschamps n'est cependant pas très féru de ce genre de rappel. Les statistiques, il ne s'y fie que pour se faire une idée d'un joueur. Mais à la manière dont il gère aujourd'hui son groupe, et au vu de l'apport en expérience de certains joueurs, un dérapage final paraît improbable.
Cependant personne ne cède à l'euphorie. La prudence est de rigueur. « Les tremblements de terre, cela peut arriver ! » affirme le défenseur Laurent Bonnart. « Nous savons d'où nous venons, il faut faire preuve d'humilité », poursuit Deschamps, qui ne cesse d'expliquer que son équipe était encore à 12 points du leader, Bordeaux à l'époque, au soir de la 22e journée le 30 janvier. C'était aussi la date de la dernière défaite de l'OM en L1, à Montpellier. Depuis, l'équipe a ratissé 36 points en 14 matches. Un rythme de champion.
Rennes se heurtera donc à son tour au mur marseillais, même si les Bretons avaient « vendu chèrement leur peau » à l'aller (1-1). Le fait de connaître avant de jouer le résultat d'Auxerre pourrait aussi placer l'équipe sous une petite pression en cas de victoire bourguignonne. Mais elle sait depuis longtemps assumer ses responsabilités. Le feu d'artifice, en tout cas, est prêt à être tiré après le match, en cas de sacre. Le Vélodrome, à guichets fermés, l'attend plus que jamais.

