Ce texte qui avait provoqué l'ire de la Syrie, laquelle, dans deux lettres identiques en date du 27 avril 2010 adressées au secrétaire général et au président du Conseil de sécurité, estimait qu'il « n'est plus acceptable » que Ban Ki-moon « associe la République arabe syrienne à ses rapports sur l'application de la résolution 1559 après que son pays se fut acquitté de toutes obligations qui lui incombent ». Damas avait également rappelé que « les relations diplomatiques et le tracé de la frontière entre la Liban et la Syrie sont une affaire bilatérale et la prérogative souveraine des deux pays, dans laquelle aucune partie n'a le droit de s'ingérer ». Et concernant les allégations de contrebande d'armes, Damas avait insisté sur le fait qu'il « est bien indiqué dans ce rapport que les Nations unies n'ont pas les moyens de les vérifier d'une façon indépendante », s'en prenant violemment à Terjé Roed-Larsen.
Prié justement de donner son avis sur la position syrienne, ce dernier a clairement précisé que ce rapport est celui du secrétaire général de l'ONU et non celui d'un envoyé spécial. « Ce texte a été méticuleusement préparé et soumis aux différents départements et entités relevant de l'ONU, et lors de mon exposé oral devant le Conseil, j'ai présenté le point de vue du secrétaire général sur l'application de la résolution 1559 », a-t-il insisté.
À la question de savoir s'il était préoccupé par les rumeurs d'une possible guerre au Liban, M. Roed-Larsen a souligné qu'il existe « dans la région des contradictions fondamentales qui restent non résolues et qui relèvent de la résolution 1559, comme la présence des milices armées au Liban opérant à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Tant que ces questions restent en suspens, il y aura toujours une certaine tension, sauf que celle-ci a atteint tout récemment un niveau supérieur », a-t-il jugé, rappelant toutefois que le représentant spécial de Ban au Liban, Michael Williams, a indiqué il y a quelques jours que cette tension commence à diminuer au Liban et dans la région. « Il n'en reste pas moins qu'il faut agir de manière responsable si l'on veut résoudre les questions en suspens et trouver une solution à ces contradictions fondamentales », a encore dit Terjé Roed-Larsen.
Le diplomate onusien a par ailleurs déploré « le niveau et l'intensité de la rhétorique belliqueuse de ces dernières semaines » dans la région, précisant que Ban Ki-moon a appelé personnellement les principaux leaders pour leur demander de mettre « une sourdine » à ce langage et d'agir de manière responsable. « Je pense que ces appels ont été entendus », a-t-il conclu.

