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Liban - Éclairage

Le Hezbollah milite pour une concorde électorale généralisée

Le directoire du Hezbollah informe toutes les parties qui le consultent au sujet des municipales qu'il souhaite les voir se dérouler dans un esprit de concorde, avec listes de coalition à la clé. Le Hezb presse dès lors ses alliés du 8 Mars de promouvoir la mise en place de conseils municipaux rassemblant les familles et les courants politiques de tous bords. Sous la devise « Développement d'abord », l'échéance n'étant pas, à ses yeux, de nature politique.
Le Hezb a prêché l'exemple en concluant très vite avec le mouvement Amal un accord qui s'étend à la quasi-totalité des agglomérations sous leur double contrôle, au Sud et dans la Békaa. Ce qui s'étend, naturellement, aux localités, ou villes, à population panachée où la communauté chiite n'est pas nécessairement majoritaire, comme dans la région de Jbeil. Le tandem a formé un comité commun de dispatching, dirigé par le député Ali Hassan Khalil, d'Amal, épaulé par Hussein Khalil, du Hezb, afin de superviser, et de conseiller, les équipes chargées sur le terrain de négocier avec les tribus, les clans et les familles, ou d'en arbitrer les litiges pour éviter toute bataille électorale. L'accent est mis sur la nécessité d'activer partout les prestations municipales internes, mais aussi de coordonner les efforts en vue de projets d'ordre régional. Cet arrangement prévient, au Sud et dans la Békaa, les heurts sanglants qui survenaient dans le temps entre clans ou familles courant après les sièges des conseils municipaux. L'accord est, en outre, ouvert à tous les alliés ou amis, comme Skaff, Bizri ou Saad.
Concernant Michel Aoun, le Hezbollah lui a confirmé qu'il se tient à ses côtés et soutient activement ses options, dans toutes les régions qui l'intéressent et qui disposent d'un certain quota électoral chiite. En précisant toutefois qu'il vaut mieux qu'il n'y ait pas de batailles. Le Hezb ainsi qu'Amal ont exprimé notamment, toujours à l'adresse du CPL, le souhait d'épargner à la capitale les tensions préjudiciables d'une compétition ouverte qui risquerait de provoquer des affrontements de rue.
D'ailleurs, le Hezb et Amal ont multiplié, à Beyrouth, les contacts de détente avec le Courant du futur. En lui assurant avec insistance qu'il n'a plus à craindre une réédition du 7 Mai. Le but déclaré de ces démarches étant de consolider la réconciliation entre chiites et sunnites, initiée par des religieux des deux communautés. Sur base, rappelons-le, d'un pacte conclu entre l'Iran et l'Arabie saoudite, références respectives des parties locales.
Cela étant, le rapprochement ponctuel du Hezbollah avec le Courant du futur ne signifie pas qu'il tourne le dos au CPL dans la capitale. Si le général Aoun décide de se battre, l'électorat chiite se tiendrait à ses côtés, mais, si l'on peut dire, sans engagement physique excessif. Il n'y aurait peut-être pas de flotte de vans pour transporter les votants, et on n'irait sans doute pas taper à leurs portes, et les tirer du lit, pour courir à la rescousse du CPL. Car le Hezb espère vraiment que Aoun ne décidera pas de croiser le fer avec les loyalistes dans Beyrouth.
Mais cela ne dépend pas que de lui. Pour qu'il y ait accord, il faut être deux. Or, au stade actuel, beaucoup de pôles concernés du 14 Mars refusent de dépolitiser l'échéance des municipales, comme le propose le Hezbollah. Ils estiment qu'il y a, quelque part, une revanche à prendre et des points à marquer. Parce que, selon eux, on a volé à la majorité sa victoire aux législatives, en l'obligeant à partager le pouvoir exécutif avec les perdants. Mais le plus important, et là on peut difficilement leur donner tort, reste que les loyalistes rejettent la volonté renouvelée de leur imposer des conditions rédhibitoires, en termes notamment de répartition des sièges au sein du prochain conseil municipal. Ils préfèrent donc aller à la bataille.

Perspectives
Il existe en outre, dans le pays, bien d'autres foyers de tension extrême, Zahlé par exemple. De ce fait, les observateurs estiment que la campagne en faveur de la détente ne suffira pas pour empêcher le conflit de base de s'aggraver. Ils pensent qu'après l'échéance électorale, et après l'échec quasi assuré du comité de dialogue, le climat risque de devenir insoutenable en Conseil des ministres mélangé. Surtout que les prosyriens, qui en font pourtant partie, se mettent maintenant contre le gouvernement dans l'affaire de la crise sociale et des grèves. Des ministres du 8 Mars critiquent leurs collègues, et le gouvernement tout entier, au sujet de la ligne suivie, en n'hésitant pas à se montrer lors de rassemblements de protestation populaires. Les loyalistes accusent dès lors le 8 Mars de se servir de ce dossier brûlant bien moins pour servir le peuple méritant que pour accroître ses avantages politiques, côté nominations par exemple. En ce faisant, poursuivent les loyalistes, les prosyriens mettent à mal la solidarité gouvernementale.
Les majoritaires n'en applaudissent pas pour autant l'action, ou plutôt le laxisme, des pouvoirs publics face aux revendications sociales. Mais ils soulignent qu'un ministre ne descend pas dans la rue. Il prend soin de traiter les problèmes dans un cadre institutionnel, entre quatre murs. Comme l'a fait le ministre des TP, Ghazi Aridi, en réunissant dans son bureau les responsables syndicaux du domaine des transports. Pour tenter de trouver un moyen de satisfaire des revendications légitimes, compte tenu du fait que les caisses du Trésor sont vides.
À ce propos, les loyalistes se disent certains que ce qu'ils appellent les gesticulations démagogiques des prosyriens signifient que ces derniers vont tout mettre en œuvre pour exploiter la crise sociale lors du débat sur le budget. Débat qui s'ouvre en principe juste après le retour du président Michel Sleiman de sa visite au Brésil. Plusieurs séances du Conseil des ministres devront être consacrées à la discussion des chiffres et des projets à financer.
Les loyalistes répètent que leurs adversaires vont s'efforcer de tirer la couverture à eux, d'obtenir un maximum de sous pour leurs régions, sous prétexte de soutenir les défavorisés qui manifestent et se mettent en grève. De plus, ajoutent les majoritaires, les représentants du 8 Mars vont se remettre en campagne pour décrocher l'annulation des mesures économiques qu'avait prises le gouvernement Siniora après que les ministres chiites en eurent claqué la porte.
Le directoire du Hezbollah informe toutes les parties qui le consultent au sujet des municipales qu'il souhaite les voir se dérouler dans un esprit de concorde, avec listes de coalition à la clé. Le Hezb presse dès lors ses alliés du 8 Mars de promouvoir la mise en place de conseils municipaux rassemblant les familles et les courants politiques de tous bords. Sous la devise « Développement d'abord », l'échéance n'étant pas, à ses yeux, de nature politique.Le Hezb a prêché l'exemple en concluant très vite avec le mouvement Amal un accord qui s'étend à la quasi-totalité des agglomérations sous leur double contrôle, au Sud et dans la Békaa. Ce qui s'étend, naturellement, aux...
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