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Liban

La grève dans le transport public partiellement suivie

La grogne sociale contre la flambée des prix des carburants s'est transformée hier en un grand mouvement de protestation des chauffeurs du transport public, suivi dans la plupart des régions mais de manière inégale.

Plusieurs routes ont été brièvement coupées à la circulation à Beyrouth et dans certaines régions par les chauffeurs de vans.Photo Ibrahim Tawil

La grève de nombreux chauffeurs de taxi, de bus et même de bus scolaires (du secteur public), hier, en signe de protestation contre la flambée des prix des carburants a perturbé l'activité au niveau des transports, et de certaines écoles et universités... Les grévistes en colère ont coupé des routes dans différentes régions, revendiquant non seulement une baisse du prix de l'essence, qui a atteint des records au Liban, mais aussi l'adoption, par le gouvernement, du plan d'organisation du secteur des transports, préparé par les ministères des Transports et de l'Intérieur. Les grévistes réclament aussi l'adoption d'un système de sécurité sociale ainsi que l'interdiction des plaques d'immatriculation illégales qui constituent une concurrence déloyale pour eux.
La plus grande manifestation des syndicats de transport public a pris pour point de départ le secteur de Cola (Beyrouth), et a duré de 10 heures à midi. Les manifestants voulaient se rendre à la place Riad el-Solh, mais les forces de l'ordre les en ont empêchés. Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Ghassan Ghosn, le président du syndicat des chauffeurs de transport public, Abdel Amir Najdé, et le président de l'Union du transport public terrestre, Bassam Tleiss, étaient en première ligne des manifestants. Les mesures de sécurité prises par les forces de l'ordre étaient particulièrement rigoureuses.
Les manifestants brandissaient des pancartes avec des slogans tels que « Nous voulons vivre ». Ils ont coupé l'une des principales artères de la ville, la corniche Mazraa, avec leurs minibus et leurs voitures, ce qui a causé un embouteillage monstre. Ils se sont dispersés à la demande des organisateurs, vers midi.
S'exprimant devant la foule, M. Tleiss a estimé que « sans ce mouvement de protestation, le gouvernement n'aurait jamais décidé de discuter du plan de transport public ». Il a affirmé que « la lutte est loin d'être terminée », rappelant l'échéance du 17 juin, « date de la grève générale décrétée par la CGTL ». M. Ghosn, pour sa part, a clairement réclamé « la baisse de la taxe » sur les carburants. Il a appelé le gouvernement à « s'occuper des questions prioritaires pour le peuple libanais et de ses revendications », et a déclaré « s'exprimer au nom de tous les citoyens ».
Pour sa part, M. Najdé a estimé que « la grève des taxis a été suivie à 95 % », ce qui place « le gouvernement face aux décisions qui s'imposent, sinon le mouvement de protestation se poursuivra ».
Tous les syndicats ne se sont pourtant pas conformés à l'ordre de grève. C'est le cas notamment du syndicat général des chauffeurs de transport public au Liban. C'est la raison pour laquelle la grève n'a pas été suivie à Dora (nord de Beyrouth) jusqu'à Antélias, où le mouvement des taxis et de bus est resté normal. Le président de ce syndicat, Marwan Fayad, a expliqué la raison de cette position.
« Nous avions pris la décision de recourir à la grève au cas où les pourparlers avec les responsables arriveraient à une impasse, a-t-il expliqué. Or notre visite au président de la République était positive, le plan d'organisation du transport public sera bientôt discuté en Conseil des ministres, et la rencontre avec le ministre du Travail était tout aussi encourageante. Pourquoi donc ce timing ? »

Incidents dans les régions
La grève a été inégalement suivie dans les régions, même si elle a été ressentie un peu partout dans le pays. Le nord a été particulièrement bouleversé par les conséquences des manifestations. À Tripoli, l'un des principaux axes de la ville, qui mène à l'autoroute la reliant à Beyrouth, a été coupé par les manifestants. Les minibus et taxis garés en plein milieu de la chaussée ont isolé les quartiers, et les voitures individuelles ont été immobilisées. Quand le syndicat local, organisateur du mouvement, a demandé aux chauffeurs de lever la grève et de déplacer leurs véhicules, vers midi, des escarmouches ont eu lieu à l'entrée du vieux souk, mais le différend a rapidement été dissipé.
Au Koura, un rassemblement a été organisé devant le siège de la CGTL dans la ville, qui a été paralysée par le mouvement. Des incidents qui ont éclaté entre les chauffeurs ont causé des dégâts dans nombre de véhicules. Par ailleurs, la route allant de Zghorta au Koura a été fermée en raison des manifestations.
À Minieh, les manifestants ont coupé l'autoroute qui va vers Abdeh, dans le Akkar, causant un embouteillage monstre. Mais la route a été rouverte quelques heures plus tard. Même chose à Denniyé, où la route principale menant à Tripoli a été fermée devant les automobilistes, qui ont dû emprunter des routes latérales. Seul le Akkar est resté étranger à ce mouvement, ce qui est dû, notamment, au nombre réduit de taxis dans le caza.
Ailleurs, dans le Mont-Liban, la situation était la même. À Kfarchima, les chauffeurs de minibus se sont postés sur plusieurs routes, empêchant seulement les chauffeurs de taxi qui n'observaient pas la grève de poursuivre leur chemin. À Hadeth, les manifestants ont tenté d'utiliser des pneus en flammes, mais l'armée les a dispersés immédiatement. À Baabda, où la grève a été observée, les écoles publiques ont fermé leurs portes. Il en était de même à Aley et dans le Chouf, où des routes ont été coupées.
Plus au sud, à Saïda, la grève a été observée par la plupart des chauffeurs, avec certaines exceptions. Un grand rassemblement a eu lieu à la place de l'Étoile, et le trafic était généralement faible dans la matinée. Même chose dans l'Iqlim el-Kharroub et à Nabatiyeh, où une manifestation géante a été organisée devant le Sérail gouvernemental de la ville.
À Tyr, des routes principales ont été fermées pendant quelques heures par les manifestants, ce qui a causé des embouteillages dans la ville. Bint Jbeil a, elle aussi, suivi la grève scrupuleusement. La route de Ansar-Doueir a été coupée par des pneus enflammés.
Dans la Békaa, une manifestation a été organisée durant quelque temps devant le sérail à Zahlé. La grève était plus timide et n'a pas été suivie par tous les chauffeurs de transport public. Il en était de même dans le Hermel.

Réactions politiques
À l'issue de la grève, le président de la CGTL Ghassan Ghosn a reçu un appel du ministre Adnane Kassar qui l'a informé des discussions en Conseil des ministres, hier, et de l'attitude « positive » envers les revendications des chauffeurs. Mais il l'a exhorté à « revenir au dialogue, plus efficace que les mesures d'escalade qui mènent à des confrontations ». Il l'a assuré du fait que « le Premier ministre Saad Hariri est prêt à examiner les revendications des syndicats ».
Pour sa part, dans un entretien télévisé, le ministre des Transports Ghazi Aridi a rappelé que le plan de réorganisation du transport est prêt depuis le mandat du précédent gouvernement, mais qu'il n'a jamais figuré à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Il a déclaré avoir demandé que se tienne une réunion spécialement consacrée à ce plan, précisant que cette suggestion a été bien reçue.
Le ministre du Travail Boutros Harb a avoué qu'« il existe un problème social très important dû à l'augmentation du prix des carburants ». Il a assuré que « le gouvernement traitera cette question avec sérieux, responsabilité et courage, et tentera de trouver des solutions suivant les possibilités budgétaires ».
Le député Mohammad Kabbara a apporté son appui aux grévistes, estimant que « l'État peut réduire sa part des taxes sur les carburants ». Le député Qassem Hachem a qualifié le mouvement des grévistes de « cri pour la justice », et a appelé l'État à mettre un terme au gaspillage et à revoir ses politiques.
La grève de nombreux chauffeurs de taxi, de bus et même de bus scolaires (du secteur public), hier, en signe de protestation contre la flambée des prix des carburants a perturbé l'activité au niveau des transports, et de certaines écoles et universités... Les grévistes en colère ont coupé des routes dans différentes régions, revendiquant non seulement une baisse du prix de l'essence, qui a atteint des records au Liban, mais aussi l'adoption, par le gouvernement, du plan d'organisation du secteur des transports, préparé par les ministères des Transports et de l'Intérieur. Les grévistes réclament aussi l'adoption d'un système de sécurité sociale ainsi que l'interdiction des plaques...
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