Vue d’ensemble des participants au forum hier.Photo Nasser Traboulsi
Cette conférence revêt une importance particulière suite à la récente visite du Premier ministre Saad Hariri en Turquie. Cette dernière avait constitué une étape importante dans le développement des relations entre le Liban et la Turquie. Elle avait en effet abouti à la signature de trois accords de coopération et de trois mémorandums d'entente dans les secteurs de l'environnement, de l'agriculture, de la défense, des transports et de la santé. De plus, cette visite avait ouvert la voie à l'annulation des visas d'entrée entre le Liban et la Turquie, ce qui devrait se répercuter positivement sur les échanges touristiques entre les deux pays.
La ministre des Finances Raya al-Hassan a d'ailleurs insisté, dans son allocution, sur le développement des relations économiques entre le Liban et la Turquie, ajoutant que la visite du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en juillet prochain au Liban s'inscrit dans le cadre de la dynamisation de ces relations et vise à conclure de nouveaux accords entre les deux pays. Elle a de plus insisté sur le « soutien qu'accorde la Turquie au Liban via notamment ses engagements au cours des conférences de Paris III et de Stockholm ». Elle a également souligné la nécessité d'augmenter le volume des échanges commerciaux entre les deux pays qui s'élève aujourd'hui à 900 millions de dollars. Sur le plan politique, elle a loué la participation turque, à travers 500 hommes à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ajoutant que « ce pays fait figure aujourd'hui de gendarme de la paix dans la région ».
De son côté, le président du Conseil des affaires libano-turc, Wajih el-Bizri, a affirmé l'existence de nombreuses opportunités de coopération et d'investissement dans chacun des deux pays, ajoutant qu'il fallait « profiter de ce potentiel commun ». Il a de plus indiqué que « le rôle de ce Conseil est de trouver des modes de coopération dans tous les secteurs avec les hommes d'affaires turcs et libanais pour établir des projets communs ».
Le président du conseil d'administration du Conseil libano-turc pour les affaires, Mohammad Hbab, a pour sa part indiqué que l'annulation des visas d'entrée entre le Liban et la Turquie devait être suivie par la signature de l'accord de libre-échange - signature qu'avait vivement encouragée le président de la Chambre, Nabih Berry, lors de sa visite en Turquie en mars dernier.
Le secteur bancaire largement représenté
Sur le plan économique, le président de l'Association des banques du Liban (ABL) et président de la Fédération internationale des banquiers arabes, Joseph Torbey, a indiqué que le secteur bancaire, représenté par son association et sa fédération, suivait de près le développement économique continu entre la Turquie et les pays de la région. Il a souligné à cet égard le développement graduel des rapports entre les pays du Levant et la Turquie au cours des dernieres années et l'existence d'un potentiel de partenariat économique prometteur susceptible de faciliter la circulation des hommes, des capitaux et des marchandises dans une zone appelée à s'étaler, et qui comprend déjà aujourd'hui la Turquie, la Syrie, le Liban et la Jordanie, et englobe plus de 100 millions d'habitants.
Le président de la Fédération des chambres et des Bourses turcs Rifaat Hassad Jikli Oglo a pour sa part assuré que le secteur privé turc était prêt à participer au financement de projets d'infrastructure et de reconstruction au Liban.
Le secteur touristique, un terreau pour les investissements
Sur le plan touristique, le ministre du Tourisme Fadi Abboud a souligné l'existence de nombreuses opportunités d'investissement dans le secteur touristique, rappelant que ce secteur, dont les recettes ont atteint 7 milliards de dollars en 2009, connaît un boom exceptionnel depuis quelques années et devrait croître de l'ordre de 20 % en 2010. Dans ce cadre, « il est très important que la coopération et la coordination entre le Liban et la Turquie soient bien organisées pour rendre effectifs les échanges touristiques entre les deux pays et profiter de la suppression des visas d'entrée. Une campagne médiatique en Turquie promouvant le Liban s'impose ainsi. Les agences de tourisme des deux pays ont en outre un rôle important à jouer pour mieux faire connaître les richesses touristiques mutuelles et organiser des visites guidées dans les deux pays », a-t-il conclu.

