Le groupe de Libano-Brésiliens au cours de la visite de Bécharré.
Le coup d'envoi a été donné le mois dernier par l'ambassade de France au Liban, grâce à l'action déterminée du chef des services économiques français pour le Proche-Orient, Frédéric Kaplan, du conseiller commercial Nicolas Vassitch et de l'attachée sectorielle Myriam Safsaf, qui ont organisé du 17 au 21 mars à Beyrouth l'exposition « La France au Liban ». Près de cent mille visiteurs ont parcouru les divers stands tenus par une cinquantaine d'entreprises françaises, fières de présenter leurs services et leurs produits dans une ambiance aussi bien professionnelle que familiale. Parmi les exposants, figuraient des Franco-Libanais qui, pour la première fois, venaient à la découverte du marché libanais, comme Charles Georges et ses parents, propriétaires de l'hôtel San Régis à Paris, ou Gabriel Beyrouthy, gérant de la société Planet' Enseignes en Alsace. Ils ont participé aux événements culturels et festifs organisés par RJLiban en marge de l'exposition, s'ajoutant aux deux grandes réceptions données par l'ambassadeur de France, M. Denis Pietton à la Résidence des Pins, ainsi que par le Premier ministre Saad Hariri, au Grand Sérail.
Du 10 au 17 avril, RJLiban a accueilli et accompagné un nouveau groupe de Franco-Libanais, entraîné par l'oncle Denis qui seul, connaissait déjà le Liban. Ebloui par les grands sites archéologiques du Liban, le groupe a passé une journée entière avec les membres de sa famille. Denis, Martine et leurs fils Julian, ainsi que la nièce Valérie, Dominique et leur fils Corentin, ont parcouru le premier jour avec émotion les ruelles de Beyrouth. Avant d'émigrer en France et alors qu'il se trouvait encore en Côte d'Ivoire où il était né, Denis, dont le père était un officier engagé dans les Forces françaises libres au Liban, séjourna deux fois dans la maison familiale des Chaaya située dans la région des grands hôtels : il se souvient de son oncle maternel (et grand-oncle de Valérie), Spirou, chauffeur de taxi, qui à la fin de sa tournée nocturne, venait le réveiller à 6h du matin pour l'emmener au petit-déjeuner manger du « foul » ; Spirou a été tué en 1975 par une balle de franc-tireur sur la ligne de démarcation. Leur voyage aura permis de retrouver l' « autre visage » du Liban en paix qu'ils feront découvrir à leurs nombreux amis français résidant à Angers et à Strasbourg, déjà sensibilisés à notre pays, et qui n'attendent qu'un signal pour débarquer dans le pays des Cèdres.
Voyage du lointain Brésil
Nous avons reçu également d'autres Libanais d'origine venus du Brésil, du 18 au 22 mars. Leur visite coïncidant avec « La France au Liban », tous se sont retrouvés dans un grand hôtel de Beyrouth pour une soirée orientale au cours de laquelle danses libanaises, tahitiennes et brésiliennes se sont entremêlées au grand bonheur de tous. Les Libano-Brésiliens ont tenu à se rendre à Zahlé, sans toutefois chercher à rencontrer les cousins maternels éloignés de la famille Saddi qui se trouvent dans cette grande ville de la Békaa, à la beauté toujours renouvelée et dont des dizaines de milliers de ses fils vivent à São Paulo et autres grandes villes du Brésil. Côté père, la famille Tajra est originaire de Maaloula (Syrie), qui a été incluse dans le circuit touristique centré sur le Liban. Paulo et Gillian vivent dans la ville de Teresina dans l'État du Piaui, au nord-est du Brésil, ainsi que leur fille Paula mariée à Leonardo, leur cousine Eliane mariée à Pedro et son frère Evandro marié à Eugenia. Ils sont dans le secteur de la restauration et de l'hôtellerie, et ont beaucoup apprécié la qualité de l'accueil au Liban promu à un grand avenir touristique.
Camp de jeunes Libano-Mexicains en juillet
Comme nous le constatons, les liens sont souvent rompus entre le Liban et le monde de l'émigration libanaise, et l'urgence consiste à redonner confiance aux fils de Libanais éparpillés dans tous les continents. S'ajoutant à l'initiative de leur regroupement au sein d'un annuaire multilingue sur Internet, l'association RJLiban envisage, en plus des circuits-types proposés à nos voyageurs, d'établir des séjours à thèmes destinés principalement à nos jeunes « paisanos » ou compatriotes de la 3e et 4e génération. Ce projet devrait se concrétiser cet été avec l'ouverture d'un camp de vacances réservé aux Libano-Mexicains de 15 à 22 ans, qui seront accueillis dans un hôtel de la montagne libanaise du 10 au 30 juillet. Ils y recevront un cours intensif d'apprentissage de l'arabe dialectal accompagné de leçons en espagnol de connaissance générale du Liban. Côté tourisme, ils découvriront la richesse du patrimoine archéologique libanais et effectueront des immersions dans leurs familles et villages d'origine. Un programme de retour aux sources haut en couleurs, auquel nous invitons les organismes concernés à participer à la réussite, garantissant ainsi son extension à d'autres grands pays de l'émigration libanaise.


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