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Liban - Éclairage

Les prosyriens poussent la chaudière au maximum

La minorité ne cesse d'intensifier ses pressions sur le pouvoir, pour faire plier les dirigeants sur plus d'un dossier, l'armement en tête.
Ministres et députés opposants se répartissent les rôles pour empêcher la majorité de soulever ce problème, à travers le débat sur la stratégie de défense. Le but des prosyriens est évidemment de contrer toute tentative de réserver à l'État l'exclusivité des armes. Ils exploitent à fond le repositionnement de Walid Joumblatt qui demande désormais que l'on cesse de discuter de l'arsenal de la Résistance. Une proposition que, tout naturellement, le président Nabih Berry soutient à fond. En affirmant que le comité de dialogue ne parlera pas du potentiel militaire du Hezbollah, mais simplement de stratégie de défense. La réunion de jeudi risque donc d'être pour le moins houleuse. Sans que l'on puisse comprendre comment les deux sujets, impliquant ensemble le droit de décider de la guerre ou de la paix, peuvent être dissociés. Ce qui est aussi difficilement compréhensible, et insultant pour l'intelligence des gens, c'est le discours inversé des prosyriens qui n'hésitent pas à accuser les loyalistes de soulever exprès des questions ardues, litigieuses, à seule fin d'entretenir la tension et de déstabiliser le Liban. Ils vont jusqu'à soutenir que ce sont les souverainistes qui ont titillé l'encadrement d'Ahmad Jibril, pour stimuler l'affrontement entre factions rivales du FPLP-CG à Koussaya-Kfarzabad.
Les cadres du 14 Mars estiment pour leur part qu'il n'y a pas de solution de continuité dans le plan de rétablissement de la domination politique syrienne via ses alliés du cru. Une ligne qui vise à empêcher l'émergence d'un État libanais digne de ce nom, indépendant, souverain, démocratique, maître de l'intégralité du territoire et de la totalité des armes lourdes. Toujours selon les loyalistes, toute occasion qui se présente de promouvoir ce projet d'État est systématiquement contrée par les forces du 8 Mars. C'est ainsi qu'elles s'efforcent aujourd'hui, après avoir retardé les nominations et bloqué le budget, de torpiller le processus de dialogue national. Parce que son but premier est justement d'asseoir l'autorité de l'État de droit. Après avoir pinaillé sur la composition du nouveau comité, dont certains pôles opposants ont été exclus, les prosyriens veulent maintenant l'empêcher de traiter de l'armement du Hezbollah. Parti qui, tout en affirmant ne vouloir débattre que de la stratégie de défense, reste le seul participant à n'avoir pas présenté une étude circonstanciée sur ce sujet capital. Les vues formulées se retrouvent, aux fins de synthèse concluante, sous étude du commandement de l'armée, premier concerné par la question. Et qui, évidemment, ne peut se forger une idée exacte de ce qu'il convient de faire tant que le Hezbollah n'a pas dit ce qu'il en pense et ce qu'il veut.
Entre autres objectifs, les prosyriens cherchent à séparer les loyalistes et les centristes proches du régime. Tout comme ils s'efforcent de porter des fractions de la majorité à renoncer à tout soutien occidental, et surtout américain. Pour mieux servir les intérêts de l'axe syro-iranien face au projet régional US. On entend ainsi des cadres du Hezbollah, adeptes de la méthode Coué, répéter que les loyalistes conviennent eux-mêmes que le projet américain a échoué, et que, dès lors, ils ont tout intérêt à cesser de s'opposer à la ligne du gagnant, l'axe syro-iranien. Ils leur conseillent donc de suivre l'exemple de Joumblatt et de faire montre du même réalisme.
Autre pan, autre reflet du plan, la campagne menée contre la direction des FSI au sujet de l'accord avec les Américains sur une assistance en formation technique, et sur une coopération policière dans le domaine de la lutte contre le terrorisme mondial. Allant encore plus loin, des radicaux opposants réclament l'annulation de toutes les décisions prises par le cabinet Siniora dont les ministres chiites avaient claqué la porte. Ils soutiennent que ce gouvernement était devenu, après ces démissions, illégal et illégitime, donc que ses décrets sont nuls et non avenus. Il va de soi que l'un des principaux buts de cette exigence des prosyriens est de faire annuler les protocoles conclus par ledit gouvernement avec le Tribunal spécial pour le Liban, bête noire de Damas. Un point qui devient urgent, dans la mesure où l'on se rapproche de la publication de l'acte d'accusation. Tout comme dans la mesure où des convocations ont été adressées à des cadres du Hezbollah par le bureau du procureur Bellemare. On sait, à ce sujet, que l'un des hérauts de Damas, Wi'am Wahhab, a mis en garde contre le danger que ce processus judiciaire ferait courir à la paix civile au Liban. Une façon comme une autre de rappeler que le Hezbollah est armé. Et de boucler la boucle, en voulant tout empêcher, et la marche de la justice et le débat sur les armes.
La minorité ne cesse d'intensifier ses pressions sur le pouvoir, pour faire plier les dirigeants sur plus d'un dossier, l'armement en tête.Ministres et députés opposants se répartissent les rôles pour empêcher la majorité de soulever ce problème, à travers le débat sur la stratégie de défense. Le but des prosyriens est évidemment de contrer toute tentative de réserver à l'État l'exclusivité des armes. Ils exploitent à fond le repositionnement de Walid Joumblatt qui demande désormais que l'on cesse de discuter de l'arsenal de la Résistance. Une proposition que, tout naturellement, le président Nabih Berry soutient à fond. En affirmant que le comité de dialogue ne parlera pas...
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