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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Western Spaghetti et Manga Stayle

Pizza, tortellini, ravioli, penne, risotto, tagliata di manzo, calamars grillés, mozzarella, tiramisu et tutti quanti. Les Libanais raffolent des mets italiens. À tel point que le nombre de restos italiens au mètre carré à Beyrouth est hallucinant. Chaque mois, un nouveau restaurant italien voit le jour. Il suffit de se promener dans le secteur Abdel Wahab pour constater un phénomène qu'on ne peut expliquer : pizzeria bon marché, trattoria de luxe, jardin dans un vieux palais achrafiote, terrasse ombragée ou pizzaiolo qui sert à l'étage, les ritals sont partout. Enfin les ritals... J'entends par là, l'italien sauce libanaise. Très peu d'Italiens pure souche dans ces endroits-champignons. Dans la restauration au Liban, la cuisine italienne se taille la part belle. C'est la destination number one des ventres libanais. Viennent ensuite les sushis (à profusion), la « gastronomie » française et les autres. Un petit indien (fusion s'il vous plaît), quasiment aucun chinois (allez comprendre pourquoi...) et un nouvel iranien (tiens ! de l'exotisme). Qu'aux États-Unis, les Américains craquent pour la cuisine italienne, ça se comprend. Il y a beaucoup d'Italo-Américains. Surtout à New York. Surtout à Little Italy. Surtout dans les films de Scorsese. Qu'en France, on soit fana de bolognaise ou de pomodoro, c'est logique. Les Italiens sont des voisins et on aime les pâtes (oui, mais des Panzani). Mais alors au Liban ? C'est quoi le mystère ? Cette frénésie de l'italian food. On savait les Libanais aficionados des marques italiennes : Dolce et Gabbana, Fendi, Gucci, Ferré, Versace, Cavalli, Miucia Prada, etc. C'est peut-être pour ça qu'ils aiment également manger italien. Ils ont donc l'Italie sur les épaules, aux pieds et dans le ventre. C'est peut-être aussi parce que pays méditerranéen pour pays méditerranéen, l'Italie est une voisine et que (sauf pour certains), au Liban on aime bien nos voisins. On a bien intégré dans notre cuisine le café turc, les bekléwa ou le chich kebbab de Turquie, la mloukhié d'Égypte et tout un tas d'autres plats qui font partie aujourd'hui de notre « terroir traditionnel ». Alors pourquoi pas pasta et autres maakaroné, lasagna et bolognase. Elles sont devenues des recettes à part entière qu'on trouve même dans les livres de cuisine traditionnelle libanaise. Après tout, qui a inventé le maakaroné bi halib (dans un Pyrex) ? Avec ou sans jambon, avec ou sans poulet, avec ou sans maïs, peu importe... Qui l'a inventé ? C'est comme la pizza. Quand on veut expliquer à des étrangers ce qu'est notre cultissime man'ouché, on dit souvent, c'est une pizza au thym. Furn pour furn, saj pour saj, mozzarella ou halloum, origan ou zaatar, c'est kif kif bourricot. Après tout, on fait bien des man'ouchés avec du bacon, du fromage et même des hot dogs. Pas étonnant donc si on mélange les genres, de se ruer sur une bonne assiette de pasta... L'italien est à la mode et les Libanais ne s'en privent pas, bien au contraire. Exactement comme avec les sushis. Si, il y a une quinzaine d'années, le seul et unique restaurant à proposer du poisson cru était le Tokyo de Manara, aujourd'hui, on trouve un sushi à chaque coin de rue. La tendance est mondiale ? Beyrouth s'accommode parfaitement. Serveuses et chefs philippins, saumon mariné, thon (non protégé) sur riz gluant, salade crazy, california maki made in L.A. comme son nom l'indique et saké brûlant, le sushi est partout. À l'arrière des mobylettes des delivery boys, sur un convoyeur de Hamra, dans les restos de poisson, au menu du Time Out, entre deux pizzas (comme on se retrouve), une escalope et un bar à salade au So. Mais après tout, normal de manger du poisson quand on est un pays avec une frontière côtière. Ben quoi ? On n'a pas de saumon au Liban ? Et alors ? Si on en est arrivé à importer des rougets d'Égypte, ce n'est pas un yellow tail en provenance de je-ne-sais-où qui va nous poser problème. De toutes les manières, tant qu'on est friand de saveurs étrangères... L'exotisme plaît aux Libanais. Tellement que, depuis quelque temps, ils raffolent de la cuisine libanaise et du mezzé. Incroyable ! Le hommos est redevenu glam, la taboulé « in », le chich taouk trendy. Allez, il ne reste plus que le chinois. S'il vous plaît, j'ai très envie d'un canard (de la ferme St-Jacques) laqué à la pékinoise... 
Pizza, tortellini, ravioli, penne, risotto, tagliata di manzo, calamars grillés, mozzarella, tiramisu et tutti quanti. Les Libanais raffolent des mets italiens. À tel point que le nombre de restos italiens au mètre carré à Beyrouth est hallucinant. Chaque mois, un nouveau restaurant italien voit le jour. Il suffit de se promener dans le secteur Abdel Wahab pour constater un phénomène qu'on ne peut expliquer : pizzeria bon marché, trattoria de luxe, jardin dans un vieux palais achrafiote, terrasse ombragée ou pizzaiolo qui sert à l'étage, les ritals sont partout. Enfin les ritals... J'entends par là, l'italien sauce libanaise. Très peu d'Italiens pure souche dans ces endroits-champignons. Dans la restauration au Liban, la cuisine italienne se...
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