Dans le même temps, la campagne nationale pour la réforme électorale dénonçait « le climat des discussions » au sein des commissions, ainsi que les récents propos de Nabih Berry qui a affirmé devant les journalistes que « le délai imparti aux commissions conjointes pour examiner le projet de loi prendra autant de temps "que Dieu le veut" ». La campagne a ainsi décelé un climat tendant à « prendre à la légère les aspirations des citoyens » et qui conduit à « violer leur droit constitutionnel qui découle également de la Charte des droits de l'homme », en l'occurrence le droit de voter démocratiquement, librement et d'être correctement représentés. « Or, cela n'est pas assuré par la loi actuelle », a souligné le communiqué. La campagne a de plus exprimé son étonnement face au « soudain changement de position concernant un projet de loi étudié en profondeur trois mois durant par le gouvernement en ce qui concerne les réformes ». Et de rappeler que si la volonté publique avait existé, les réformes proposées auraient pu être votées et la convocation du corps électoral aurait pu être fait sous l'égide de la nouvelle loi, alors qu'aujourd'hui les élections vont très probablement se faire sous l'égide d'une loi ancienne et non adaptée.
Le président de la commission de l'Administration et de la Justice, Robert Ghanem, a de son côté confié que « les réformes ne faisaient pas l'objet d'un consensus » et que le rôle de la commission est justement de les rendre acceptables pour tous et applicables.
Toutefois, pour le député du Courant du futur, Nabil de Freige, « les élections municipales vont avoir lieu à temps » et il n'y aura pas, selon lui, de « report technique » du scrutin. Pour M. de Freige, « les élections auront lieu sauf en cas d'opération sécuritaire israélienne ». Le député du Courant du futur Nidal Tohmé a, quant à lui, appelé les citoyens à se comporter avec sagesse et calme « alors qu'ils se préparent à organiser les municipales ».
Le député des Forces libanaises Antoine Zahra a affirmé qu'il n'est pas admissible de rendre les élections « tributaires des réformes ». « Je suis pour la proportionnelle » sauf qu'il ne faut pas, selon lui, l'imposer aux citoyens « de manière à ce qu'ils la rejettent ».
Le député du Bloc de la réforme et du changement Alain Aoun a, pour sa part, estimé que la tendance actuelle est à l'organisation du scrutin dans les délais, « sauf que les citoyens ne sont pas enthousiastes, pour ne pas dire qu'ils ne croient pas vraiment que les élections vont avoir lieu à temps ». M. Aoun a ajouté que « les préparatifs n'ont pas encore commencé », alors que les élections sont censées avoir lieu dans un mois environ.
D'autre part, le ministre de la Santé Mohammad Jawad Khalifé s'est demandé si l'important est d'organiser les élections « simplement parce qu'elles constituent une échéance constitutionnelle » ou bien s'il convient de les organiser « sous l'égide de lois modernes ». L'ancien député Najah Wakim a, quant à lui, estimé que le gouvernement est en train d'œuvrer pour reporter les élections « en utilisant divers prétextes ».


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