Les Mexicaines Cecilia et Kati admirant le couchant du soleil sur la plage de l’auberge al-Fanar à Tyr où se prépare pour fin juin un grand événement culturel.
Liban.
Cecilia et Kati travaillent depuis trois ans au Caire et à Damas où elles enseignent l'anglais dans des instituts privés : elles ont enfin réalisé leur rêve de passer quelques jours au Liban, où leur mère, qui leur a toujours parlé de ce beau pays, de ses cèdres, ses montagnes, ses villes et ses habitants, avait étudié en 1965 dans une école agricole de la Békaa. Toute la famille s'est ainsi retrouvée à Beyrouth, et les deux sœurs se rendront à Byblos pour y recevoir le fiancé colombien de Cecilia.
«Nous sommes à Tyr depuis trois jours. Nous y rencontrons des gens merveilleux, très respectueux et divertissants, il y a beaucoup de choses à voir comme partout au Liban. Nous pensons incessamment à notre ville, Oaxaca, à 400 km au sud-est de Mexico. C'est une ville à l'architecture coloniale, possédant de très beaux sites comme celui du mont Alban où trônent des pyramides de l'époque zapotèque. Là se trouve aussi un des arbres les plus vieux du monde, l'arbre "del Tule", et la confection de bijoux en argent et la tradition de l'artisanat ressemblent beaucoup à celles de l'Orient.»
Oaxaca est aussi réputée pour ses fabriques de textile et ses activités culturelles. Les Libanais ont été les pionniers dans ces domaines et sont aujourd'hui très intégrés dans la société mexicaine, tout en conservant certaines habitudes culinaires sans oublier le jeu de la «tawlé». D'ailleurs, ils se rendent régulièrement au club libanais de la ville voisine de Puebla. Cette cité, où aura lieu fin octobre la convention annuelle de l'association Jomali, sera la première étape du voyage préparé à cette occasion par l'association RJLiban au Mexique.
Alfredo Harp Helú à Oaxaca
Le responsable d'un projet d'aquaculture sur lequel a travaillé Cecilia au Yucatán était un Libanais d'origine. Il l'a amenée à rencontrer d'autres compatriotes et ils ont souvent mangé dans les restaurants mexicains de la ville où des plats libanais, comme la kebbé, figurent naturellement dans le menu. Kati a effectué une thèse sur la migration de l'Orient vers l'État de Oaxaca, la majeure partie des immigrés provenant du Liban (Zahlé, Bécharré...) et d'Irak. Les deux sœurs ont fait l'éloge du grand philanthrope libano-mexicain Alfredo Harp Helú, un cousin de Carlos Slim marié à Maria Isabel Grañén Porrúa.
«Don Alfredo, un ami de la famille, a passé son enfance à Oaxaca où il est retourné s'installer après avoir vécu plusieurs années dans la capitale, Mexico. Sa fondation participe au financement de nombreux projets d'utilité publique, comme le Musée de la philatélie, la Bibliothèque pour enfants, le Musée de la cité, le Musée du textile et l'agenda culturel. Deux réalisations qui nous tiennent beaucoup à cœur ont vu le jour grâce à lui: il a ainsi monté à Oaxaca l'équipe Los Guerreros de base-ball, sport favori de notre père, et a financé le projet présenté par notre mère concernant la restauration et le catalogage des orgues dans nos églises.»


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