Quelques manifestantes ont distribué des fleurs aux militaires, qui quittaient le centre-ville tout sourire en prenant des photos./
Les troupes, souvent acclamées par les manifestants, ont fait machine arrière dans au moins quatre sites, une décision qualifiée de simple "ajustement" par le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban.
"Ils doivent partir maintenant pour éviter une confrontation", a-t-il expliqué dans une conférence de presse, précisant que les soldats regagneraient leurs positions plus tard et qu'ils avaient reçu des consignes de prudence. "Personne ne perd la face mais nous voulons maintenir l'ordre et la loi", a-t-il ajouté.
Les "rouges", qui étaient 80 000 selon la police, témoignent ainsi de la vigueur d'un mouvement désormais en sommeil dans la semaine, mais revigoré chaque samedi par les manifestants venus du nord et du nord-est du pays, le bastion de Thaksin.
Installés dans le centre-ville historique autour de barbecues et de haut-parleurs, ils exigent des élections anticipées et le départ du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, accusé de servir les élites traditionnelles royalistes de Bangkok. Beaucoup espèrent aussi le retour de Thaksin, renversé en 2006 par un putsch légitimiste et qui vit en exil depuis deux ans pour échapper à la prison.
L'homme d'affaires, unique Premier ministre à avoir été réélu en Thaïlande, continue d'obséder la vie politique locale. Adulé par les masses rurales du Nord qui le considèrent comme le seul homme politique à s'être jamais préoccupé de leur sort, il est en revanche considéré par l'establishment comme un populiste corrompu, dangereux pour la monarchie.
Samedi, quelques manifestantes ont distribué des fleurs aux militaires, qui quittaient le centre-ville tout sourire en prenant des photos.
"Ils vont retourner dans leurs casernes. Nous nous comprenons, car nous sommes tous des gens du peuple. Ce n'est pas notre victoire, mais une victoire pour tous les paysans", a assuré Nattawut Saikua, l'un des cadres des "rouges" dans un haut-parleur.
Trois explosions se sont produites en marge du rassemblement, faisant au total huit blessés, dont cinq soldats.
La dernière explosion, survenue dans la soirée a visé la chaîne de télévision publique blessant trois soldats et un civil, selon des sources policières et médicales.
Auparavant deux soldats et deux civils avaient été blessés lorsqu'une grenade avait été lancée contre le siège de la chaîne de télévision Channel 5 contrôlée par l'armée.
Une première explosion visant un bâtiment des douanes avait causé des bris de vitres et endommagé une voiture. Plusieurs grenades ont explosé à Bangkok depuis quinze jours mais n'ont provoqué que des dégâts mineurs. Ces explosions n'ont pas été revendiquées.
Le mouvement est demeuré pacifique depuis le 14 mars, à l'inverse des débordements d'avril 2009 qui avaient fait deux morts et de nombreux blessés.
Selon le major général Piya Uthayo, porte-parole de la police de Bangkok, 41 compagnies de policiers, soit 6.150 hommes, ont été déployés sans armes autour des sites désertés par l'armée.
Les leaders "rouges" affirment qu'ils continueront de manifester dans le calme jusqu'au départ d'Abhisit.
Les troupes, souvent acclamées par les manifestants, ont fait machine arrière dans au moins quatre sites, une décision qualifiée de simple "ajustement" par le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban.
"Ils doivent partir maintenant pour éviter une confrontation", a-t-il expliqué dans une conférence de presse, précisant que les soldats regagneraient leurs positions plus tard et qu'ils avaient reçu des consignes de prudence. "Personne ne perd la face mais...

