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Y a-t-il une place dans nos écoles pour l’élève en difficulté ?

Lorsque parents et enfants témoignent

Face aux difficultés scolaires et à l'absence de structures de prise en charge, élèves et parents sont tout aussi déboussolés. 

La classe homogène n’existe pas. Tous les élèves n’ont pas la même façon d’apprendre.

Élèves en difficulté et parents expriment le même sentiment de culpabilité, les premiers parce qu'ils n'arrivent pas à s'en sortir, les seconds parce qu'ils craignent d'avoir échoué dans leur rôle d'éducateurs.
« Je sais que le problème vient de moi. Je sais ce que je dois faire pour rattraper mon retard, mais je n'arrive pas à me convaincre de le faire, car je n'ai pas la volonté pour travailler », lance Karim, 15 ans. Louant les efforts vains de son établissement et de ses parents pour l'aider durant son parcours, constatant l'absence de la moindre structure de soutien en classe de troisième, l'adolescent ne manque pas d'écorcher certains de ses professeurs qui refusent de le laisser participer à la classe. « Lorsque je lève le doigt pour donner une réponse, certains enseignants me rabrouent et se moquent de moi, dit-il. Cela me démotive complètement. Je n'ai plus envie de faire le moindre effort. »
Nathalie, 16 ans, élève de première, est consciente de sa paresse. Mais elle ajoute qu'il lui est très difficile de se concentrer en classe, parce qu'elle décroche. « Je ne comprends rien, je finis donc par m'amuser, avoue-t-elle. À la maison, je n'arrête pas de remettre mon travail à plus tard et je finis par tout bâcler avant d'aller me coucher. » Nathalie souligne cependant que certains enseignants parviennent à la motiver et lui donner envie de travailler. « Ils encouragent mes progrès et cela me pousse à faire plus d'efforts dans leurs matières, contrairement à d'autres enseignants », dit-elle.
Deux exemples d'enfants en difficulté scolaire parmi tant d'autres, Karim et Nathalie ne bénéficient d'aucune structure d'accompagnement en milieu scolaire, mais ont recours à des profs particuliers, qui leur réexpliquent les leçons à la maison, malgré les réticences de leurs établissements respectifs. Car s'ils ne réussissent pas leur année, ils risqueraient d'être renvoyés.
« Je paie 1 000 dollars de leçons particulières par mois pour faire arriver ma fille jusqu'au bac », affirme Leila. « J'ai tout essayé, mais j'estime aujourd'hui que c'est la seule solution possible. Ma fille a tout simplement abdiqué en classe, parce qu'elle manque de concentration et que le rythme est trop rapide. Elle n'assimile donc plus et accumule les lacunes », explique-t-elle. Leila déplore l'absence de structure en milieu scolaire, tout en observant que la direction de l'établissement déconseille les cours particuliers à domicile. « Cela l'aide pourtant beaucoup », constate-t-elle. Leila n'en culpabilise pas moins. « Suis-je passée à côté de quelque chose ? Aurais-je dû faire preuve de plus de sévérité à son égard ? » se demande-t-elle, tout en notant que les résultats du test d'intelligence de sa fille sont largement supérieurs à la moyenne.
Zeina parle de son angoisse face aux difficultés scolaires de son fils et aux échéances des examens. « Il n'y a pas de place pour les cas particuliers dans nos écoles », déplore-t-elle, tout en précisant que l'établissement a bien tenté d'aider son fils lorsqu'il était plus jeune, mais qu'aucune structure formelle n'est mise en place dans les grandes classes. L'école a aussi proposé à Zeina de faire redoubler son fils, mais elle a refusé. « La psychologue me l'a fortement déconseillé », explique-t-elle. Elle ajoute que la situation de son fils est source de conflits à la maison. « Nous lui en voulons de ne pas comprendre l'urgence de la situation et nous perdons patience », dit-elle. « Mais en même temps, poursuit-elle, il développe d'autres capacités sportives et artistiques pour lesquelles il semble très doué. » La solution ? Le suivi individuel, notamment les cours particuliers à domicile, dans l'espoir que son fils se décide à faire de sérieux efforts.

Élèves en difficulté et parents expriment le même sentiment de culpabilité, les premiers parce qu'ils n'arrivent pas à s'en sortir, les seconds parce qu'ils craignent d'avoir échoué dans leur rôle d'éducateurs.« Je sais que le problème vient de moi. Je sais ce que je dois faire pour rattraper mon retard, mais je n'arrive pas à me convaincre de le faire, car je n'ai pas la volonté pour travailler », lance Karim, 15 ans. Louant les efforts vains de son établissement et de ses parents pour l'aider durant son parcours, constatant l'absence de la moindre structure de soutien en classe de troisième, l'adolescent ne manque pas d'écorcher certains de ses professeurs qui refusent de le laisser participer à la...