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Liban - Tollé

Sfeir : Nous devons nous ranger aux côtés du président

L'attaque lancée mercredi de Rabieh par l'ancien ministre Wi'am Wahhab contre le président de la République a suscité hier de nombreux commentaires négatifs au sein de la classe politique, mais aussi à Bkerké.
Les critiques formulées par M. Wahhab et sa demande d'une démission du président Michel Sleiman ont provoqué un tollé dans divers milieux politiques, notamment au sein du 14 Mars et auprès des ministres proches de Baabda.
Chez les partisans du général Aoun, le ton est très différencié entre ceux qui condamnent explicitement les propos de M. Wahhab et ceux qui, à l'instar de Gebran Bassil, estiment que l'événement a été « gonflé ».
M. Wahhab est revenu à la charge hier en insistant sur le fait qu'il avait tenu ses propos dans un souci de défense de l'idée d'une présidence forte.
Répondant à ses détracteurs, M. Wahhab a dit : « Où étaient-ils, ceux qui se sont avancés pour défendre le président, au moment de l'accord de Taëf, lorsque les prérogatives de la présidence lui avaient été soustraites ? »
Il a annoncé qu'il répondrait prochainement de façon plus détaillée, accusant les défenseurs du président de « dissimiler des arrière-pensées ».
Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a commenté de façon lapidaire les attaques contre le chef de l'État, prenant fait et cause pour ce dernier : « Ils cherchent en permanence quelqu'un à attaquer. C'est à présent le tour du président Sleiman, celui-là même qui assume sa tâche de la meilleure façon possible. Il a besoin d'aide et nous devons nous ranger à ses côtés », a dit le patriarche.
L'ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui s'est entretenu hier avec le chef de l'État à Baabda, a rendu un hommage appuyé à Michel Sleiman « pour le rôle qu'il joue, pour sa sagesse, sa patience et sa quête de dénominateurs communs entre les divers leaderships libanais ».
Sans condamner explicitement les attaques contre le président, M. Mikati a appelé « toutes les parties à préserver le rôle des grandes instances, en particulier la présidence de la République », et à « éviter les polémiques stériles ».
« Si certains ont des observations à faire ou des idées à exprimer, ils devraient savoir que les problèmes ne peuvent pas être réglés par voie de presse », a-t-il dit.
Le vice-président du Conseil et ministre de la Défense, Élias Murr, a rejeté « toute distinction entre la personne du président et la présidence elle-même ».
Il a en outre refusé l'appel à « rendre le président partie prenante aux clivages politiques, sous peine de retourner aux tragédies du passé et d'affaiblir à nouveau le pays ».
« Il y a des gens lésés, mais nous n'allons pas nous laisser ébranler. Certaines insultes sont en fait des hommages » a dit M. Murr. « Nous sommes tous aux côtés du président », a-t-il ajouté, affirmant sa solidarité ministérielle avec les propos tenus à Berlin par le Premier ministre, Saad Hariri, en soutien à M. Sleiman.
Le ministre de l'intérieur, Ziyad Baroud, s'est interrogé sur le point de savoir s'il était « souhaitable que le chef de l'État ne fût pas celui de tout le Liban ».
« Fallait-il plutôt qu'il soutienne une fraction contre l'autre ? Qu'il ne s'emploie pas à replacer le Liban sur la carte mondiale ? » s'est-il demandé.
« Le président de la République est un balancier pour la vie politique. C'est cela son rôle constitutionnel », a ajouté M. Baroud, estimant que les attaques lancées contre le chef de l'État « portent atteinte à la fois à sa personne, au prestige de la présidence et au pays ».
Le ministre de l'Économie, Mohammad Safadi, a appelé à mettre la présidence de la République « à l'abri des polémiques », mais il a aussi exprimé son « rejet de toute attaque contre le président Sleiman que les Libanais ont choisi comme symbole de leur entente ».
Le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, a déploré des attaques « rappelant des méthodes qu'on espérait révolues de la part d'un orchestre qui a œuvré pour affaiblir les institutions constitutionnelles et sécuritaires ».
M. Pharaon a fait part de son « soutien au président Sleiman dans toute mesure qu'il prend pour consolider les institutions avec le style consensuel et patriote qui le caractérise ».
Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a relevé quant à lui que « l'orchestre qui cherche à discréditer le président Sleiman est le même que celui qui réclamait la prorogation du mandat précédent ».
Jouant sur les mots, M. Makari a ajouté : « Cet orchestre ne veut pas d'un président indépendant, il veut un président qui démissionne de ses devoirs nationaux et souverains et de sa décision libre, comme c'était le cas sous le mandat précédent (en arabe, les deux mots « indépendant » - « moustaqel » - et « démissionnaire » - « moustaqil » - étant proches).
Antoine Zahra, député FL de Batroun, est allé dans le même sens, considérant que « la campagne menée contre le président de la République est motivée par le fait qu'il est effectivement un président de la République ».
Qualifiant le président Sleiman d'« homme de l'heure », M. Zahra a noté « une différence » entre une critique contre la politique du chef de l'État et une campagne contre lui. « Nous avions critiqué ce que nous considérions comme étant de la complaisance quotidienne à l'égard d'une fraction, mais la présidence est au-dessus de toutes les instances et ne doit pas être attaquée », a-t-il dit.
Le député Amine Wehbé (Békaa-Ouest) a, pour sa part, accusé le camp du 8 Mars de « mener des campagnes méthodiques pour frapper chacune des institutions de l'État libanais ».
Du côté du Bloc du changement et de la réforme, les commentaires sont différenciés.
Ainsi, le député Nehmetallah Abinasr a condamné explicitement l'attaque contre le chef de l'État, notant que « ce n'est pas en accusant le président de manquement qu'on peut recouvrer ses prérogatives ».
M. Abinasr a en outre critiqué « l'exploitation d'une tribune nationale comme celle de Rabieh pour lancer une campagne contre le chef de l'État » et assuré que le chef du CPL, le général Michel Aoun, avait été aussi « étonné » que lui-même de la démarche entreprise par M. Wahhab.
Le député Hikmat Dib a également souligné que le bloc aouniste ne saurait être tenu pour responsable des déclarations émanant de personnalités politiques. M. Dib a en outre estimé qu'en politique, « on peut émettre des critiques, mais on ne s'adresse pas à la présidence de cette façon ».
Quant au ministre de l'Énergie, Gebran Bassil, il a exprimé une position davantage en retrait. Il a d'une part assuré que le CPL n'est pas responsable des déclarations de M. Wahhab. Toutefois, il s'est non seulement abstenu de critiquer les attaques de M. Wahhab, mais il a estimé de plus que « la présidence est une instance politique » et que quiconque « peut donner son opinion à son sujet, sans que cela ne nécessite de gonfler l'événement ».
De son côté, le Tachnag, en la personne du député Hagop Pakradounian, a fait part de son « grand regret » au sujet des attaques contre la présidence.
Enfin, la Ligue maronite a rejeté « la campagne politico-médiatique lancée contre le chef de l'État, de nature selon elle à porter atteinte à l'entente nationale et à la stabilité du Liban.
« Cette campagne n'a aucun justificatif. Elle est injuste et elle n'aura donc aucun écho. Il faut qu'elle cesse immédiatement », a demandé la Ligue.
Les critiques formulées par M. Wahhab et sa demande d'une démission du président Michel Sleiman ont provoqué un tollé dans divers milieux politiques, notamment au sein du 14 Mars et auprès des ministres proches de Baabda.Chez les partisans du général Aoun, le ton est très différencié entre ceux qui condamnent explicitement les propos de M. Wahhab et ceux qui, à l'instar de Gebran Bassil, estiment que l'événement a été « gonflé ».M. Wahhab est revenu à la charge hier en insistant sur le fait qu'il avait tenu ses propos dans un souci de défense de l'idée d'une présidence forte.Répondant à ses détracteurs, M. Wahhab a dit : « Où...
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