Aussi prolifique que discret, Jean Ferrat a composé et interprété environ 200 chansons. /
"Il est décédé à l'hôpital d'Aubenas", où il avait été hospitalisé quelques jours auparavant, a précisé le sous-préfet de Tournon-sur-Rhône.
L'artiste est arrivé samedi matin "dans un état très détérioré" à l'hôpital d'Aubenas, à une quinzaine de kilomètres de son village d'Antraigues-sur-Volane. Placé en réanimation, il est mort vers 13h30 (12h30 GMT) "de manière naturelle, sa famille était là", a déclaré un responsable hospitalier.
Le chanteur, souffrant d'un cancer depuis plusieurs années, "ne communiquait plus que par écrit" et ne se montrait "quasiment plus" depuis deux ans, a réagi le président du conseil général du département de l'Ardèche, Pascal Terrasse.
Son dernier combat aura été le soutien à l'opposant iranien Madjide Chahbasian, assigné à résidence à Privas (Ardèche) en 2003 et menacé d'extradition.
Aussi prolifique que discret, Jean Ferrat a composé et interprété environ 200 chansons, mêlant textes engagés, hommages au poète et romancier Louis Aragon et déclaration d'amour à l'Ardèche, sa région d'adoption.
Né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson (banlieue parisienne), Jean Ferrat avait perdu à l'âge de 11 ans son père, juif émigré de Russie en 1905 et mort en déportation à Auschwitz. Il fut sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais.
À la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille et devient aide-chimiste jusqu'en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.
Rapidement, Jean Ferrat choisit d'interpréter des textes engagés, comme "Nuit et Brouillard" (1963), rappelant les horreurs de la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, une chanson non diffusée par les radios, puis "Potemkine" (1965), à la gloire des marins du cuirassé de la mer Noire, dont la mutinerie fut le prélude de la révolution russe de 1905, interdite d'antenne.
Compagnon de route du Parti communiste français (PCF), sans jamais en avoir été membre, il affirme haut et fort ne pas tout accepter du parti. Ainsi, ses chansons "Camarade" qui dénonce l'invasion russe de Prague en 1968, ou "Bilan" en réponse au "bilan globalement positif" dressé par le PCF sur les pays de l'Est.
En 2007, Jean Ferrat s'était prononcé en faveur d'une candidature de l'altermondialiste français José Bové (actuel eurodéputé) comme représentant d'une gauche antilibérale à l'élection présidentielle.
Son dernier engagement politique se situait dans le cadre de la campagne des élections régionales (dont le premier tour a lieu dimanche) avec le soutien de la liste du Front de Gauche en Ardèche.
En 1974, deux ans après avoir arrêté de se produire sur scène, et en 1995 il consacre avec succès deux albums à Louis Aragon dont il met les textes en musique ("Que serais-je sans toi ?", "Heureux celui qui meurt d'aimer").
Dans un entretien, un des rares qu'il a accordés, avec la télévision, en 2003, il s'insurge contre la grande industrie du disque qu'il estime dangereuse pour la liberté de création.
Jean Ferrat a été marié à la chanteuse Christine Sèvre, morte en 1981.
L'artiste est arrivé samedi matin "dans un état très détérioré" à l'hôpital d'Aubenas, à une quinzaine de kilomètres de son village d'Antraigues-sur-Volane. Placé en réanimation, il est mort vers 13h30 (12h30 GMT) "de manière naturelle, sa famille était là", a déclaré un responsable hospitalier.
Le chanteur, souffrant d'un cancer depuis plusieurs années, "ne communiquait plus que par écrit" et ne se montrait "quasiment plus" depuis deux ans, a réagi le président du...


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