Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, aura lundi et mardi pour convaincre ses homologues réunis à Bruxelles de la capacité de son gouvernement à appliquer la cure d'austérité.
Le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, aura lundi et mardi pour convaincre ses homologues réunis à Bruxelles de la capacité de son gouvernement à appliquer la cure d'austérité imposée par la dérive des finances publiques, en dépit d'une récession tenace et de la grogne sociale.
En échange, selon des sources diplomatiques à Bruxelles, les ministres doivent débattre des modalités d'un plan d'aide promis depuis plus d'un mois, pour permettre au pays d'emprunter à des taux ne l'enfonçant pas davantage dans la spirale de l'endettement.
"Nos partenaires reconnaissent notre volonté de faire le ménage chez nous, mais reconnaissent aussi que la Grèce ne peut pas être abandonnée seule dans la lutte contre la spéculation internationale", a estimé le Premier ministre grec, Georges Papandréou, dans un texte publié samedi dans la presse.
Plombée par une dette de 300 milliards d'euros, la Grèce doit emprunter cette année quelque 54 milliards d'euros pour se refinancer, dont environ 20 milliards d'ici mai. Elle a dû consentir des taux de plus de 6% pour lever 13 milliards d'euros lors des deux premières émissions obligataires lancées cette année.
Sur la mise en oeuvre du plan de redressement, visant à ramener cette année le déficit public de 12,7% à 8,7% du PIB, le débat bruxellois devrait, selon une source diplomatique européenne, être "relativement pacifié", en raison du "dernier train de mesures" adoptées en mars et durcissant le premier plan de janvier.
"La grande majorité des recommandations de l'Écofin qui devaient être adoptées d'ici la mi-mai sont déjà légalement en vigueur et appliquées", se prévaut le ministère grec des Finances dans le rapport d'étape qu'il a soumis cette semaine à Bruxelles, comme l'y oblige le régime de quasi-tutelle imposé au pays par ses partenaires.
Ces mesures incluent des coupes supplémentaires des salaires dans la fonction publique, le gel des retraites et une hausse de deux points de la TVA, à 21%.
Elles ont fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de protestataires pour une série de défilés et manifestations depuis plusieurs semaines, tandis que les syndicats y ont riposté par deux grèves générales en quinze jours. La puissante Fédération des fonctionnaires, Adedy, a appelé à un rassemblement dans le centre d'Athènes au soir de la réunion de l'Écofin.
Mais dans son rapport, le ministère n'exclut pas de devoir encore redresser la barre, au vu de l'aggravation du ralentissement économique.
Avec une contraction du PIB désormais estimée à 2%, contre 1,2% prévu, pour 2009, la récession pourrait dépasser -0,8% en 2010, au delà des -0,3% prévus, relève le rapport. En conséquence "un écart d'ajustement entre 1 à 1,5% du PIB peut se produire, appelant à des mesures additionnelles".
Les chiffres du chômage n'incitent pas non plus à l'optimisme, avec un bond à 10,2% en décembre, contre 8,9% un an avant.
Le Commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a pour sa part déjà prévenu qu'il ferait le point d'ici l'été sur le lancement des réformes structurelles réclamées depuis des lustres au pays pour assurer la viabilité du système de retraites et décorseter le marché du travail.
D'ici là, le gouvernement compte rééquilibrer la charge des mesures prises par une loi fiscale fin mars prévoyant une offensive tous azimuts contre la fraude et des hausses d'impôts pour les hauts revenus. Mais les Grecs attendent de juger sur pièces du passage des mots aux actes en la matière.
En échange, selon des sources diplomatiques à Bruxelles, les ministres doivent débattre des modalités d'un plan d'aide promis depuis plus d'un mois, pour permettre au pays d'emprunter à des taux ne l'enfonçant pas davantage dans la spirale de l'endettement.
"Nos partenaires reconnaissent notre volonté de faire le ménage chez nous, mais reconnaissent aussi que la Grèce ne peut pas être abandonnée seule...

