Sur la route de Roumié-Baabdate, des tas de gravats et de déchets en tout genre ornent les bords des routes. Mais qui s’en soucie ? Photo Michel Sayegh
Qu'il soit seul ou en famille, qu'il se promène en bord de mer ou qu'il fasse un de ces traditionnels pique-niques familiaux accompagné de sa smala, le Libanais est un véritable pollueur, dans le vrai sens du terme. Y a qu'à dénombrer les canettes, bouteilles, sacs en plastique, papiers sandwich et autres détritus qu'il laisse derrière lui. Sans que nulle autorité ne songe à le sanctionner.
Est-ce par manque d'éducation ? Par absence de sensibilisation ? Par je-m'en-fichisme ? Par paresse ? Allez savoir !
Il n'en reste pas moins que le spectacle est désolant et que la nature libanaise souffre cruellement d'une telle pratique.
Elle souffre encore plus, notre nature déjà malade, depuis que des déchets par camions entiers sont jetés çà et là sur les bords des routes ou dans les vallées montagneuses. Pas un seul point du pays n'est désormais épargné, même les sites paradisiaques, même les coins les plus reculés. Une route vient-elle d'être tracée qu'elle est automatiquement la proie des gravats, poubelles et débris en tout genre, jetés là par quelque transporteur peu scrupuleux. La voie rapide de Baabdate, où ces monticules poussent comme des champignons, n'est qu'une des nombreuses victimes de cette impitoyable pratique. Pour ne donner que cet exemple parmi tant d'autres. Mais y a-t-il quelqu'un pour s'en émouvoir ?
Dans l'indifférence générale, et sans la moindre réaction des municipalités, les tas de déchets sauvages se transforment progressivement en dépotoirs illégaux. Des régions entières perdent ainsi leur charme et leur âme, alors que disparaissent sous les amoncellements d'ordures des pans entiers de montagnes.
Au plus grand dam du citoyen amateur de tourisme local qui n'en finit pas de se demander pourquoi ces inadmissibles pratiques sont toujours impunies.


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