Citant des experts dans le domaine de la stratégie militaire, de sources diplomatiques on relève qu'à l'exception du président Michel Sleiman, et du chef du CPL, le général Michel Aoun, aucun participant à la conférence de dialogue n'a étudié la stratégie militaire dans des instituts spécialisés et ne s'est engagé dans une guerre contre des forces régulières.
Pour elles, une coordination avec Damas et Téhéran en la matière n'implique pas une alliance militaire avec ces deux capitales, mais favorise une entente nécessaire pour protéger le Liban contre une éventuelle confrontation découlant de conflits régionaux, notamment d'une attaque israélienne contre des installations nucléaires iraniennes.
S'il faut tenir le Liban à l'abri de ce genre de conflits, souligne-t-on de mêmes sources, c'est parce que le pays ne peut plus supporter les conséquences d'une guerre pareille à celle de 2006, qui avait fait 1 600 tués et provoqué d'effroyables dégâts matériels sans oublier l'émigration de centaines de familles et de jeunes.
Pour être plus précis, telle est la dimension économique de la stratégie de défense. Celle-ci a une autre dimension diplomatique qui peut s'articuler autour d'un démantèlement de l'occupation israélienne d'une partie du territoire libanais, par les voies diplomatiques ou par l'application des résolutions du Conseil de sécurité.
Selon ces mêmes sources, il est primordial de ne pas donner à l'État hébreu un prétexte pour lancer une attaque contre le Liban. Les participants à la conférence de dialogue sont du moins d'accord sur ce point, mais selon ces sources, cela ne suffit pas pour éviter une attaque israélienne et une coordination avec la Syrie et l'Iran reste nécessaire. D'autant, ajoute-t-on, que les débats de la réunion de la table de dialogue d'hier ont montré que les avis restent diamétralement opposés entre le 14 Mars et le 8 Mars sur la nature de la stratégie de défense.
Selon ces sources, le dossier sous examen est très compliqué, mais il n'en demeure pas moins que les participants à la conférence se doivent de prendre conscience de la gravité de la situation dans la région où le risque d'une guerre avec l'Iran reste réel, si les sanctions imposées à ce pays resteront sans effet.

