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Liban - Citoyen Grognon

Klaxonite aiguë

La maladie de la « klaxonite » aiguë, vous connaissez ?
Les Libanais, eux, la connaissent bien. Trop bien même pour en prendre conscience. Surtout les conducteurs, automobilistes, motards, routiers. Le klaxon au volant, c'est leur ami fidèle, leur compagnon de chaque instant. C'est aussi leur souffre-douleur. Les routes libanaises sont si stressantes !
Aux carrefours, c'est à force de klaxons que chacun tente de se sortir d'affaire. Comme d'ailleurs partout au Liban où règne la loi du plus fort, du plus bruyant aussi. C'est simple. Plus longtemps vous appuyez sur l'avertisseur, plus vite vous passez. À la condition, bien sûr, de ne pas avoir affaire à un concurrent tout aussi stressé que vous, mais plus impressionnant, plus bruyant, plus agressif.
Aux feux rouges, pas moyen de s'arrêter en toute tranquillité. Car le voisin de derrière, non content de se coller à votre voiture, pare-choc contre pare-choc, vous assourdit de mille petits coups de klaxon répétitifs pour vous convaincre d'avancer. À vous en faire perdre la boule !
Et si, par miracle, votre voisin de derrière s'avère respectueux des feux de signalisation, c'est au quart de tour qu'il réagit au vert. Avant même de vous donner le temps de poser votre pied sur l'accélérateur, il vous balance un retentissant coup d'avertisseur, histoire de vous rappeler qu'il est grand temps de démarrer. Ne lui avez-vous pas déjà fait perdre de précieuses secondes ?
C'est aussi la main sur le klaxon, fonçant à tombeau ouvert, que le resquilleur emprunte les sens interdits, dans les quartiers ou sur les autoroutes, histoire de se donner une certaine légitimité et de se prémunir contre les mécontents. Vous en l'occurrence !
Mais pour le chauffeur de taxi ou de bus, le klaxon n'est qu'un indispensable outil de travail, lui permettant de solliciter les passants, pour gagner son pain quotidien. Opération qu'il accomplit avec autant d'insistance que d'application. À votre plus grand dam !
Bref, vous l'aurez compris. Le klaxon est incontournable sur les routes libanaises, ne vous en déplaise ! On vous le sert à toutes les sauces. Pour dépasser, insulter, draguer, remercier, avertir, saluer, racoler... et j'en passe.
Véritable must lors des mariages, des événements politiques ou même des enterrements, mais sous forme de sirène cette fois, il sert aussi à intimider, voire à menacer. C'est sans retenue et en toute impunité que les convois sécuritaires en font usage, roulant à vive allure, tous feux allumés, toutes sirènes hurlantes, obligeant l'automobiliste à se rabattre dans l'urgence, indifférents à la panique qu'ils sèment et aux accidents qu'ils provoquent.
Intoxiqué de décibels, abruti de bruit et de klaxons aux mille tonalités, des plus graves aux plus aiguës, le citoyen n'a d'autre choix que de se calfeutrer dans sa voiture ou chez lui, fenêtres scellées, à la recherche d'un semblant de calme. Est-il condamné à supporter éternellement la dérangeante habitude de ses concitoyens irrespectueux des malades, des personnes âgées, des élèves, de la tranquillité des uns ou du sommeil des autres ?
C'est à se demander si les Libanais n'ont aucun autre moyen de défoulement.
La maladie de la « klaxonite » aiguë, vous connaissez ?Les Libanais, eux, la connaissent bien. Trop bien même pour en prendre conscience. Surtout les conducteurs, automobilistes, motards, routiers. Le klaxon au volant, c'est leur ami fidèle, leur compagnon de chaque instant. C'est aussi leur souffre-douleur. Les routes libanaises sont si stressantes ! Aux carrefours, c'est à force de klaxons que chacun tente de se sortir d'affaire. Comme d'ailleurs partout au Liban où règne la loi du plus fort, du plus bruyant aussi. C'est simple. Plus longtemps vous appuyez sur l'avertisseur, plus vite vous passez. À la condition, bien sûr, de ne pas avoir affaire à un concurrent tout aussi stressé que vous, mais plus impressionnant, plus bruyant, plus...
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