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Économie - Liban - Conférence

Élisabeth Guigou : « Il faut se réapproprier politiquement notre avenir »

L'ancienne Garde des sceaux française, Élisabeth Guigou, a appelé les pays de la Méditerranée à mettre en commun leurs efforts pour peser dans le processus de mondialisation.

Pour Élisabeth Guigou, il faudrait que les États et les sociétés civiles arrêtent de s’accuser mutuellement, pour réussir une unité méditerranéenne démocratique.


Le programme des jeunes entrepreneurs Bader et l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), en collaboration avec l'École supérieure des affaires, ont organisé hier une conférence animée par Élisabeth Guigou, ancienne Garde des sceaux, membre de l'Assemblée nationale et secrétaire nationale au Parti socialiste, chargée de la Réforme de l'État et des Collectivités territoriales, autour du thème : « L'État de l'Union pour la Méditerranée et le rôle de la société civile ».
Suite au discours de bienvenue prononcé par le directeur de l'ESA, Stéphane Attali, Robert Fadel, président de Bader, a souligné « le rôle prépondérant de la société civile au Liban, notamment au niveau associatif. Un rôle qui, selon lui, complète et parfois se substitue à celui de l'État ». De son côté, le délégué général de l'Ipemed, Jean-Louis Guigou, a mis l'accent sur la position neutre de cet institut qui se tient à égale distance des rives nord et sud de la Méditerranée. Selon cet ingénieur agronome, agrégé et docteur ès sciences économiques, il est impératif de mobiliser des entreprises du Nord et du Sud pour former un groupe de pression international.
C'était ensuite au tour de l'ancien ministre des Finances, Georges Corm, de prendre la parole pour annoncer d'emblée que, « malgré les efforts déployés, la fracture reste tangible entre les deux rives de la Méditerranée, simplement parce qu'une rive a envie de dominer l'autre, que ce soit par la culture, la religion, le commerce ou autres ». Pour Georges Corm, il ne faut pas se leurrer, la Méditerranée est dominée politiquement et militairement par l'OTAN. Il a souligné qu'il faut d'abord et avant tout « déconstruire cette fracture sinon les succès espérés par l'Union pour la Méditerranée ne seront que des succès partiels ». L'ancien ministre a soulevé le conflit israélo-palestinien pour attirer l'attention sur le fait que tant qu'on ne se penchera pas sur ce problème, on ne pourra espérer dépasser le clivage entre le Sud et le Nord du bassin méditerranéen. Le ministre Corm a enfin déploré le fait que les régimes fiscaux « favorisent les rentes et défavorisent les producteurs et les innovateurs ». Pour Élisabeth Guigou, l'heure n'est pas aux discours pessimistes. Pour l'ancienne Garde des sceaux, le problème principal est « qu'il faut arriver à dépasser la nostalgie d'un passé perdu ». Les pays de la Méditerranée ont un très grand patrimoine commun, en témoigne la relation libano-française. « Pourtant l'unité ne peut se faire par la contrainte », rappelle-t-elle. Ce qu'il faudrait réussir à faire, c'est concevoir le développement de la région méditerranéenne de manière partagée et démocratique. Les deux rives du bassin méditerranéen doivent œuvrer collectivement en vue de dépasser la montée de l'individualisme et du fractionnisme en vue de former un collectif socio-économique qui pèserait sur la carte des échanges internationaux. Élisabeth Guigou a appelé à « repenser la mobilité des populations du bassin pour permettre des allers-retours équilibrés ». Pour cela, elle a demandé aux États et aux sociétés civiles « d'arrêter de s'accuser mutuellement et de ne pas adopter l'attitude de désenchantement du monde, comme certaines régions du globe le font ».

Le programme des jeunes entrepreneurs Bader et l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), en collaboration avec l'École supérieure des affaires, ont organisé hier une conférence animée par Élisabeth Guigou, ancienne Garde des sceaux, membre de l'Assemblée nationale et secrétaire nationale au Parti socialiste, chargée de la Réforme de l'État et des Collectivités territoriales, autour du thème : « L'État de l'Union pour la Méditerranée et le rôle de la société civile ». Suite au discours de bienvenue prononcé par le directeur de l'ESA, Stéphane Attali, Robert Fadel, président de Bader, a souligné...
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