M. Karamé, qui a qualifié le comité de dialogue d'« incolore et d'inodore », a expliqué qu'il n'était pas intéressé lui-même à participer au dialogue, « en présence d'un criminel comme Samir Geagea », mais qu'il aurait souhaité une représentation de « l'opposition sunnite » au sein du comité.
Mais l'ancien Premier ministre est allé plus loin encore en s'en prenant directement au président Michel Sleiman, à qui il a reproché de n'avoir « rien fait qui vaille la peine » depuis son arrivée au pouvoir.
L'ancien ministre Wi'am Wahhab, qui se trouvait chez M. Karamé, a pour sa part ironisé sur le comité de dialogue en le qualifiant de « comité de divertissement ».
Pour M. Wahhab, « ce n'est pas de cette façon que la présidence de la République peut recouvrer ses prérogatives ».
Le chef du CPL, le général Michel Aoun, n'a pas émis de critiques contre la composition du comité, mais il a proposé la nomination de l'ancien député Élie Skaff pour représenter les grecs-catholiques de Zahlé, estimant que « des doutes persistent quant à la légitimité des députés actuels ».
M. Skaff lui-même a reproché au chef de l'État de n'avoir pas été un « arbitre juste » à Zahlé. Il a affirmé que s'il avait été consulté, il aurait peut-être désigné le professeur Fayez Hajj Chahine pour représenter cette ville, « mais en l'état, M. Hajj Chahine ne représente que celui qui l'a nommé, c'est-à-dire le président de la République ».
De son côté, le chef des Marada, Sleimane Frangié, a estimé que « la façon dont le comité a été composé est critiquable », mais sans plus de précision. Il a cependant nié toute intention de campagne contre le chef de l'État.
Du côté du 14 Mars, c'est la circonspection qui domine chez les principales composantes. L'ancien président Amine Gemayel a ainsi jugé que la composition de la table de dialogue aurait pu être « plus effective ».
Le Courant du futur s'est quant à lui contenté de faire part de son intention de « suivre avec dextérité les réactions à la question de la composition de la table de dialogue ».
Pharaon et de Freige
Dans le même sens, le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, a indiqué que des contacts sont en cours au sujet notamment de la question de la représentation grecque-catholique de Zahlé. Mais M. Pharaon a dans le même temps souligné que « personne n'a émis de doutes quant à la capacité de M. Hajj Chahine de défendre les intérêts supérieurs de l'État ».
Nettement plus critique, le député Nabil de Freige est revenu à la charge hier au sujet de la non-représentation des petites communautés, réclamant trois sièges supplémentaires, un pour les minoritaires, un pour les protestants et un pour les alaouites, tous les trois devant être du 14 Mars au vu des résultats des législatives.
Le député Antoine Zahra (FL, Batroun) a fait valoir que le dialogue autour de la stratégie défensive ne nécessite pas la présence (au sein du comité de dialogue) de représentants de la société civile.
« Il s'agit d'un dialogue entre des protagonistes politiques censés chacun donner son point de vue. Ce n'est pas une affaire d'ordre académique pour que l'on fasse appel à la société civile », a-t-il souligné, dans une allusion à M. Hajj Chahine.
« Jusqu'à présent, nous n'avons pas compris pourquoi on a ignoré la représentation officielle de Zahlé et celle du ministre Boutros Harb », a ajouté M. Zahra.
Quant au chef du PNL, Dory Chamoun, il s'est refusé à tout commentaire sur la composition du comité, relevant que la table de dialogue est « contraire au principe des institutions constitutionnelles » et estimant qu'un accord sur la stratégie défensive est « impossible tant que le Hezbollah continuera à tergiverser et à fermer la porte devant toutes les solutions ».


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