Rechercher
Rechercher

Liban - Dialogue National

Beaucoup de bruit pour rien ?

La délégation du secrétariat général du 14 Mars exposant ses vues au président Sleiman. Photo Dalati et Nohra

L'annonce dimanche par la présidence de la République de la nouvelle composition du comité du dialogue national, en charge de débattre de la stratégie défensive libanaise, a fortement remué le microcosme politique du pays.
Les critiques fusent de toutes parts ou presque. Les uns ne sont pas contents de l'équilibre de la représentation au sein de ce comité, les autres du fait qu'on les a ignorés, les troisièmes à cause du timing de l'annonce et certains parce que le dialogue, selon eux, ne sert à rien.
Cependant, le plus important dans cette vague de critiques, qui, en elle-même, tient beaucoup de la tempête dans un verre d'eau, c'est qu'elle s'est accompagnée dans certains cas de sérieuses atteintes à la personne du président de la République, Michel Sleiman, pour la première fois depuis son accession au pouvoir, en mai 2008.
Ainsi, après Assem Kanso, le patron du Baas prosyrien qui avait accusé lundi le chef de l'État de « s'être départi de sa neutralité » dans cette affaire, c'était hier au tour de l'ancien Premier ministre Omar Karamé de tenir des propos assassins à l'adresse de M. Sleiman, remarquant que ce dernier « n'a rien entrepris qui vaille la peine » depuis son arrivée à Baabda.
Quant à l'ex-ministre Wi'am Wahhab, l'un des chouchous des médias à qui l'on a refusé le statut tant convoité de leader druze en l'écartant du comité et en y nommant son rival Talal Arslane aux côtés de Walid Joumblatt, il s'est rebiffé en reprochant à M. Sleiman de recourir à la mauvaise méthode pour recouvrer les prérogatives de la présidence.
Plus sérieusement, les positions en demi-teintes adoptées par les principales forces du 14 Mars et le profil bas du Hezbollah, d'Amal et, dans une moindre mesure, du CPL laissent penser que le redémarrage du dialogue, annoncé pour le 9 mars, ne sera pas de tout repos.
Pour l'instant, les protagonistes affûtent leurs armes (s'agissant de la stratégie défensive, c'est bien le cas de le dire) en prévision de cette prochaine réunion.
Du côté de la majorité, les membres du secrétariat général du 14 Mars se sont rendus hier au palais de Baabda pour exposer au chef de l'État leurs vues sur trois principaux points : d'abord la nécessité à leurs yeux d'une participation de la Ligue arabe aux réunions du dialogue, dans le but évident de ne pas se retrouver seuls face à l'axe irano-syrien ; ensuite l'exigence de s'en tenir à l'unique dossier à l'ordre du jour du dialogue, à savoir la stratégie de défense ; et, en troisième lieu, leurs observations et réserves concernant la composition du comité.
Au sujet du second point, l'intention claire du 14 Mars est non seulement d'empêcher l'adjonction a priori d'autres dossiers à l'ordre du jour, mais aussi et surtout d'éviter que les discussions ne glissent progressivement vers d'autres thèmes dès lors qu'il faudra débattre du rôle du Conseil de défense en temps de guerre. En effet, le cas échéant, certains participants pourraient, du fait même du rôle imparti à ce Conseil, susciter des sujets tels que, par exemple, l'économie de guerre.
Dans le camp adverse, c'est naturellement tout le contraire qu'on prône. D'abord, on y défend depuis longtemps l'idée d'un élargissement de l'ordre du jour et le général Michel Aoun est revenu hier à la charge à ce sujet.
Puis, au sein du Hezbollah, on estime tout bonnement que « les Arabes n'existent pas », et le chef du CPL juge que les Libanais sont suffisamment majeurs pour se passer de parrainage extérieur.
Mais ce sont surtout les « petites phrases » lancées par-ci, par-là sur la finalité même du dialogue qui donnent le « la » du côté de l'ex-opposition, plus que jamais déterminée à maintenir en l'état le statut et le rôle des armes du Hezbollah, que l'on discute ou non de stratégie défensive.

Les explications de Baabda
Face aux critiques et aux contradictions, les milieux du chef de l'État répliquent en mettant principalement l'accent sur les vertus du dialogue entre protagonistes ayant des visions aux antipodes les unes des autres, surtout en présence d'un gouvernement dit d'« union nationale » de nature à empêcher le jeu normal de l'opposition dans le cadre des institutions.
Mais, en premier lieu, les milieux de Baabda se sont efforcés hier d'expliquer les critères qui ont présidé à la composition du comité de dialogue. Le cas de Zahlé, explique-t-on, posait problème du fait que le député Nicolas Fattouche, tête de liste aux dernières élections, s'était retiré du bloc zahliote et que ses collègues sont associés d'une façon ou d'une autre aux Kataëb et aux FL. Comme il n'était pas possible de nommer Élie Skaff, battu aux législatives (ce n'est pas ce qu'en pense le général Aoun), le choix s'est donc porté sur une personnalité de la société civile, Fayez Hajj Chahine.
Pour ce qui est du ministre du Travail, Boutros Harb, écarté du nouveau comité alors qu'il était membre de l'ancien, la justification donnée est que M. Harb représentait sous l'ancienne législature quatre députés, lui-même plus les trois de Zghorta, alors qu'aujourd'hui il ne représente plus que lui-même.
Quoi qu'il en soit, on pense dans ces milieux que la tempête autour de la mouture adoptée va finir par se calmer. Du coup, on écarte pour le moment tout élargissement supplémentaire du comité.
Pour ce qui est de la présence de la Ligue arabe, Baabda pense à une formule de compromis, aux termes de laquelle les Arabes seraient invités au besoin à se joindre au dialogue, mais pas de façon systématique.
Enfin, les proches de la présidence font valoir les effets secondaires positifs que pourrait avoir le dialogue, comme le fait de réunir autour de la même table, et ce pour la première fois, Samir Geagea et Sleimane Frangié.
Quant à savoir si le Liban sera enfin doté d'une stratégie défensive unifiée, c'est une autre paire de manches.
L'annonce dimanche par la présidence de la République de la nouvelle composition du comité du dialogue national, en charge de débattre de la stratégie défensive libanaise, a fortement remué le microcosme politique du pays.Les critiques fusent de toutes parts ou presque. Les uns ne sont pas contents de l'équilibre de la représentation au sein de ce comité, les autres du fait qu'on les a ignorés, les troisièmes à cause du timing de l'annonce et certains parce que le dialogue, selon eux, ne sert à rien.Cependant, le plus important dans cette vague de critiques, qui, en elle-même, tient beaucoup de la tempête dans un verre d'eau, c'est qu'elle s'est accompagnée dans certains cas de sérieuses atteintes à la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut