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Culture - Signature

Requiem pour le bonheur

Ce soir, à 17 heures, à l'ABC (Achrafieh), Salwa Jarjour signe son ouvrage « Le bonheur, cette chose qui n'existe pas », édité chez « Carte Blanche ». Des réflexions sur la vie, inspirées de son parcours personnel, qu'elle partage en toute transparence.

Salwa Jarjour, une perpétuelle réflexion sur la vie. 

C'est une couverture de livre bleu-vert, de ce bleu couleur du ciel et d'un vert évoquant la mer agitée avec, à l'horizon, un visage évanescent, qui invite à parcourir les pages de l'ouvrage de Salwa Jarjour. Car rien n'est limpide dans ce bonheur que tout le monde essaye de rattraper et de posséder.
Le ton sera d'ailleurs vite donné avec cette citation de Madame de Staël, qui introduit ces récits de vie : « Le bonheur est cette chose qui n'existe pas et qui pourtant un jour n'est plus. »
Salwa Jarjour, qui signe là sa première œuvre, livre sans ambages son « vécu ». Une épitaphe aigre-douce du bonheur. Plus aigre que douce.
À partir d'un événement présent, la maladie d'Alzheimer qui a frappé son mari et qui l'a poussée, elle, la femme libre et libérée, à s'aliéner à nouveau pour prendre soin de cet homme qu'elle n'aimait plus, l'auteur revient sur son passé. Elle se remémore alors les principales étapes qui ont égrené sa vie : la rencontre, l'amour, le désamour, la séparation et l'apprentissage de la solitude.

Questions sans réponses
Salwa Jarjour n'épargne rien. C'est au scalpel qu'elle incise, qu'elle coupe, qu'elle entaille toutes ces soi-disant vérités immuables dans lesquelles l'homme s'emprisonne sans cesse. De son regard acide, elle décrypte les schèmes d'une société empêtrée dans des valeurs sacro-saintes, dans une vacuité et des carcans érigés par elle seule. L'auteur moque les mots creux et défriche les us et coutumes d'un microcosme où elle a choisi de vivre et qui l'avait adoptée alors qu'elle s'intégrait dans le système, pour la rejeter plus tard comme une intruse. Tour à tour, ce sont des impressions de gaieté, de tristesse ou encore de bonheur à la naissance de ses trois enfants - auxquels est d'ailleurs dédié cet ouvrage - qui défilent, se superposent et s'enchevêtrent pour ne plus former que cette trame de vie.
Née en Turquie, la jeune femme avait débarqué dans ce Liban de rêves pour y vivre et se marier, mais le bonheur ne sera pas au rendez-vous. C'est avec amertume, mais également avec beaucoup de lucidité que Jarjour sonde son présent, déconstruit son passé et tous ses fondements (famille, religion, amis...) pour mieux se reconstruire. Dans cette mise en abyme - cette absence de bonheur qu'elle a appris à confronter et à domestiquer peut être celui de milliers de personnes -, l'auteur ne donne pas de réponses. Elle n'a pas la prétention d'en faire. Ces pages maculées de sa propre expérience, de ses questionnements personnels sont une mise à nu franche, mais réservée et jamais impudique, car il faut beaucoup de courage pour faire part de ses amertumes de la sorte. Salwa Jarjour ne craint rien, ni de ternir son image ni même de fouiller dans les blessures encore ouvertes afin de mieux cicatriser la plaie. Et elle le fait avec cette écriture limpide, à la fois spontanée et élaborée, mêlant langages du cœur et de l'esprit.
Paradoxalement, le nuage qui a brouillé l'esprit de son mari, atteint de la maladie d'Alzheimer, lui a permis aujourd'hui de voir plus clair en elle.
Le bonheur, cette chose qui n'existe pas est un récit qui fait fi des barrières en conjuguant l'espace à tous les temps. Il reflète une vie faite de strates et l'image d'une femme qui se sait aujourd'hui multiple.
C'est une couverture de livre bleu-vert, de ce bleu couleur du ciel et d'un vert évoquant la mer agitée avec, à l'horizon, un visage évanescent, qui invite à parcourir les pages de l'ouvrage de Salwa Jarjour. Car rien n'est limpide dans ce bonheur que tout le monde essaye de rattraper et de posséder. Le ton sera d'ailleurs vite donné avec cette citation de Madame de Staël, qui introduit ces récits de vie : « Le bonheur est cette chose qui n'existe pas et qui pourtant un jour n'est plus. » Salwa Jarjour, qui signe là sa première œuvre, livre sans ambages son « vécu ». Une épitaphe aigre-douce du bonheur. Plus aigre que douce. À partir d'un événement présent, la maladie...
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