Des heurts ont opposé jeudi, pour la quatrième journée consécutive, des Palestiniens à l'armée israélienne à Hébron après le projet controversé d'Israël d'inscrire à son patrimoine deux lieux saints de Cisjordanie vénérés par les juifs et les musulmans.
Un garde-frontière israélien a été hospitalisé après avoir été blessé par un jet de pierre à la tête et quatre Palestiniens ont été arrêtés, selon Tsahal.
Pendant plusieurs heures, une centaine de manifestants, certains très jeunes, ont lancé des pierres vers les soldats qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes et de tirs de balles en caoutchouc, a constaté l'AFP. Un protestataire a été touché par un jet de pierre.
Plus tard, quelque 300 personnes, parmi lequelles plusieurs dizaines de militants de gauche israéliens et étrangers ont tenté de s'approcher du Caveau des Patriarches de Hébron, un des sites disputés, mais ont été dispersés par les forces de l'ordre, selon un journaliste de l'AFP.
Une porte-parole de l'armée a expliqué que "des manifestations illégales se sont déroulées dans plusieurs quartiers de Hébron".
"Les manifestants ont brûlé des pneus et lancé des bouteilles incendiaires et des pierres vers les forces de l'ordre israéliennes, qui se sont efforcées de les disperser", a-t-elle ajouté.
Un photographe de l'AFP a été détenu par l'armée israélienne pendant plusieurs heures, à la suite d'une bousculade entre des photographes de presse et les gardes-frontières, avant d'être relâché.
Hébron est le théâtre d'affrontements sporadiques depuis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait part dimanche de son intention d'ajouter le Caveau des Patriarches et le Tombeau de Rachel, à Bethléem, à la liste des sites historiques d'Israël dans le cadre d'un programme de restauration.
La tension était d'autant plus vive à Hébron jeudi que cette journée marquait le 16e anniversaire du massacre de 29 Palestiniens dans une salle de prière du Caveau des Patriarches par un colon israélien le 25 février 1994.
Cherchant à apaiser la situation, M. Netanyahu a assuré jeudi qu'"il n'y aura pas de changement du statu quo, ni au Caveau des Patriarches, ni à la Tombe de Rachel". Il a garanti "une liberté complète de culte" à toutes les religions.
Sa décision a été fustigée par l'Autorité palestinienne, qui a évoqué un risque de "guerre religieuse", et par le mouvement islamiste Hamas à Gaza, ce dernier appelant les Palestiniens à "se soulever" pour "défendre" ces lieux saints.
Elle a aussi été critiquée par la communauté internationale, les Etats-Unis mettant en garde jeudi contre des "actions provocatrices" qui menacent de mettre en péril le processus de paix israélo-palestinien.
L'Egypte et la Jordanie, les deux pays arabes de la région à avoir signé un traité de paix avec Israël, ont aussi protesté.
Le Tombeau de Rachel, où selon la tradition est enterrée la matriarche biblique Rachel, est un lieu sacré du judaïsme. Il constitue une enclave israélienne dans la ville autonome palestinienne de Bethléem.
Le Caveau des Patriarches (de la Bible) à Hébron --la Mosquée d'Ibrahim (nom musulman d'Abraham) pour l'islam-- est un site révéré à la fois par les juifs et les musulmans.
Plus de 160.000 Palestiniens vivent à Hébron, une des plus grandes villes palestiniennes de Cisjordanie dont l'armée israélienne s'est en partie retirée en 1998.
Cette ville est agitée en permanence par des tensions entre Palestiniens et Israéliens en raison de la présence de quelque 600 colons installés au coeur de la cité, tandis que 6.500 autres habitent l'implantation de Kyriat Arba située dans la périphérie.
Un garde-frontière israélien a été hospitalisé après avoir été blessé par un jet de pierre à la tête et quatre Palestiniens ont été arrêtés, selon Tsahal.
Pendant plusieurs heures, une centaine de manifestants, certains très jeunes, ont lancé des pierres vers les soldats qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes et de tirs de balles en...


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