Les militaires putschistes du Niger gardaient vendredi, avec un dispositif léger, le quartier présidentiel de Niamey, après avoir renversé la veille le président Mamadou Tandja et promis de rétablir la démocratie.
Après ce coup d'Etat, qui a fait au moins trois morts et une dizaine de blessés, un "Conseil" militaire a notamment suspendu jeudi soir la constitution que M. Tandja avait fait adopter au forceps l'an dernier pour se maintenir au pouvoir.
Vaste pays du Sahel, le Niger est un des Etats les plus pauvres du monde, mais c'est aussi le troisième producteur mondial d'uranium.
Des blindés et des véhicules tout terrain équipés de mitrailleuses étaient déployés vendredi matin dans le secteur du "Plateau", qui outre la présidence abrite des ministères, des résidences officielles et l'état-major de l'armée.
Si le quartier était quasiment désert, la situation était proche de la normale dans des quartiers populaires de Dar El Salam et Lazaret, où de nombreux habitants étaient dans la rue.
Tard jeudi soir, le porte-parole de la junte, le colonel Goukoye Abdoulkarim, a fait une série d'annonces sur les médias officiels au nom du "Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD)".
Le CSRD "a décidé de suspendre la Constitution de la sixième République et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues", a instauré un couvre-feu, fermé les frontières terrestres et aériennes et appelé la population a garder son calme, a annoncé le colonel Abdoulkarim.
Il n'a précisé ni quand ni comment la démocratie pourrait être rétablie.
A ses côtés figurait notamment le colonel Dijibrilla Hima Hamidou, dit "Pelé", commandant de la plus importante zone de défense du Niger, a constaté l'AFP.
Le palais présidentiel avait été visé jeudi par les mutins, selon des témoins qui avaient fait état de tirs nourris. Son portail a été en partie détruit par des obus, tout comme un poste de garde
Le bâtiment était gardé vendredi par un blindé. Quelques véhicules militaires gardaient aussi l'état-major, le ministère des Affaires étrangères et le bureau du Premier ministre.
Aucune indication officielle n'a été donnée sur le sort de M. Tandja: selon des responsables demandant l'anonymat, il aurait été conduit dans une garnison à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a "condamné la prise du pouvoir par la force" et réclamé un "retour rapide à l'ordre constitutionnel", dans un communiqué vendredi à l'AFP.
M. Ping est en contact étroit avec la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et "d'autres acteurs internationaux concernés".
La Cédéao avait mené en vain ces dernières semaines une médiation entre l'opposition nigérienne et le président Tandja.
Agé de 71 ans, ce dernier, après dix ans d'un pouvoir relativement pacifique, avait dissous en 2009 le Parlement et la Cour constitutionnelle et obtenu une prolongation de son mandat de trois ans à l'issue d'un référendum controversé en août.
Ce passage en force avait été stigmatisé notamment par l'Union européenne, qui a suspendu son aide au développement, et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions diplomatiques et économiques.
Le porte-parole du département d'Etat américain Philip Crowley a estimé jeudi que l'action du président avait "très bien" pu déclencher le coup d'Etat. Il a demandé que le Niger "organise des élections".
Dans la même veine, l'ambassadeur d'Espagne au Niger, Maria Soledad Fuentes a estimé qu'une intervention militaire était prévisible compte tenu des agissements de Tandja et a dit s'attendre à ce que les putschistes restaurent la démocratie.
"Il était assez clair qu'à un moment où à un autre allait avoir lieu une intervention militaire", d'autant que "le pays fait aussi face à une crise alimentaire grave", a-t-elle dit vendredi à la radio nationale espagnole.
Par ailleurs, 10 policiers bulgares et 16 belges, chargés de rapatrier des étrangers entrés illégalement dans l'UE, sont retenus dans un hôtel de Niamey, a déclaré vendredi Sofia.
Après ce coup d'Etat, qui a fait au moins trois morts et une dizaine de blessés, un "Conseil" militaire a notamment suspendu jeudi soir la constitution que M. Tandja avait fait adopter au forceps l'an dernier pour se maintenir au pouvoir.
Vaste pays du Sahel, le Niger est un des Etats les plus pauvres du monde, mais c'est aussi le troisième producteur mondial d'uranium.
Des blindés et des véhicules tout terrain équipés de mitrailleuses étaient déployés vendredi matin dans le secteur du "Plateau", qui outre la...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine