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Nos lecteurs ont la parole

Qu’avez-vous fait de mon vote ?

Bélinda IBRAHIM
Ce 14 février 2010 avait un goût amer, inutile de jouer à l'autruche. Depuis la cascade de retournements d'alliances, de pactes scellés sous cape, de poignées de main échangées avec l'adversaire d'hier devenu le partenaire d'aujourd'hui, les déceptions infligées aux partisans de la révolution du Cèdre se suivent, se ressemblent, ne sont pas sur le point de s'arrêter et portent en elles un arrière-goût de trahison. « Faire avec », « composer », « plier » ne sont pas des mots qui devraient figurer dans le lexique d'une majorité censée gouverner ! Chose qu'elle n'a pas pu faire ou n'a pas voulu faire. Au lendemain des élections qui l'ont reconduite au pouvoir suite à une mobilisation sans précédent d'une population déjà déçue, mais qui a choisi de ravaler son amertume pour voter « contre des armes » à défaut de « voter pour des personnes », la majorité avait fêté sa victoire avec (un peu trop de) modération, oubliant les slogans incisifs de sa campagne et invitant ses partenaires de l'opposition à s'abriter avec elle « sous le même ciel »... Là n'est pas, ou plus précisément n'est plus le débat.
Ce 14 février 2010, tous ceux qui se sont trop vite réjouis de la présence de slogans perçus (à tort) comme une démission des partisans de la révolution du Cèdre, et véhiculé dans leurs médias avec un rire à peine voilé ce qu'ils estimaient la défaite ou la capitulation de ce mouvement sont tout simplement tombés dans le piège de leur champ visuel exigu. Mais comment des êtres inféodés à une pensée unique peuvent-ils envisager qu'une fronde, un rappel à l'ordre ou des reproches peuvent être librement adressés à des leaders sans pour autant que la base ne soit remise en question ? Comment attendre d'une population qui obéit au doigt et à l'œil à ses chefs qu'elle interprète des slogans comme les nôtres - « Qu'avez-vous fait de mon vote ? », « Qu'avez-vous fait de la 1559 ? », « Qu'avez-vous fait du sang de nos martyrs ? » - autrement que comme un coup porté à la révolution du Cèdre par ses propres fils ? Et comme ils se trompent ! C'est justement pour réaffirmer nos constantes que nous nous sommes retrouvés place de la Liberté. Pour rappeler également aux leaders que nous avons élus toutes leurs promesses. Et surtout pour affirmer haut et fort, depuis ce lieu qui a rassemblé le collectif libre que nous sommes, que la partie cachée de l'iceberg, c'est nous autres, et que nous restons insubmersibles, résistants et soudés, aujourd'hui plus que jamais. Et que la caste politique en prenne acte. Parce que, comme le dit si bien La Boétie : « C'est le peuple qui s'asservit et qui se coupe la gorge ; qui pouvant choisir d'être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent à son mal ou plutôt le recherche. » Et nous autres appartenons au camp des hommes libres : libres de penser et de le dire, libres de critiquer sans peur, libres de nous remettre sans cesse en question parce que « celui qui n'apprend rien de son histoire est condamné à la répéter » (Sigmund Freud). Et nous, nous voulons continuer à avancer en tant qu'individus libres appartenant à une société civile démocratique qui ne craint pas la hiérarchie et qui - à la limite - n'a même pas besoin de leaders pour valider sa cause.
À bon entendeur...

Bélinda IBRAHIM
Ce 14 février 2010 avait un goût amer, inutile de jouer à l'autruche. Depuis la cascade de retournements d'alliances, de pactes scellés sous cape, de poignées de main échangées avec l'adversaire d'hier devenu le partenaire d'aujourd'hui, les déceptions infligées aux partisans de la révolution du Cèdre se suivent, se ressemblent, ne sont pas sur le point de s'arrêter et portent en elles un arrière-goût de trahison. « Faire avec », « composer », « plier » ne sont pas des mots qui devraient figurer dans le lexique d'une majorité censée gouverner ! Chose qu'elle n'a pas pu faire ou n'a pas voulu faire. Au lendemain des élections qui l'ont reconduite au...
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