Le problème c'est lorsque le langage confessionnel dérape et devient discriminatoire. Un dérapage qui peut prendre plusieurs tournures, à commencer par les blagues déplacées qui circulent, concernant les membres de telle communauté ou les convictions-clichés que certains affichent, concernant les membres de telle autre communauté. Flagrants durant la guerre civile de 1975 à 1990, les dérapages continuent de se manifester dans certains discours incitant à la haine communautaire. Bien dangereux jeu, qui a montré ses risques, à plusieurs reprises, et plus précisément en mai 2008, lorsque le conflit sunnito-chiite a failli dégénérer en nouvelle guerre civile.
Personne n'a, semble-t-il, tiré les leçons du passé. Personne ne tente de comprendre les raisons du repli communautaire. Peu soucieux des répercussions de ce phénomène sur la cohésion sociale, chacun continue de prêcher pour sa paroisse, tout en prenant bien soin, au passage, d'écorcher d'autres communautés. C'est d'ailleurs le cas de le dire, lorsque le clergé lui-même se lance dans l'incitation à la haine... en pleine cérémonie religieuse.
L'église maronite était pleine à craquer dans ce quartier de la banlieue chrétienne de Beyrouth. Pleine à craquer de fidèles, mais surtout de collègues d'une même entreprise, de confessions et de communautés différentes, réunis dans la prière pour le quarantième du décès d'un des leurs. Emporté par ses convictions politiques, en cette veille de la Saint-Maron, dédaigneux de la présence de personnes extérieures à la communauté, le prêtre a carrément choqué l'assistance au cours de son sermon, dirigeant ses attaques verbales contre des chefs religieux d'une communauté musulmane du pays, éclaboussant au passage la communauté dans son ensemble. Le message politique était clair. L'affront à la communauté en question tout simplement inadmissible. Le prêtre entendait ainsi répondre à un cheikh religieux qui s'en était pris à la communauté maronite. Mais il n'aura réussi qu'à provoquer la colère des personnes conviées à la cérémonie religieuse. Une colère exprimée avec grande retenue et une bonne dose d'incrédulité.
Le citoyen en vient à se demander si c'est bien de la sorte que les hiérarchies religieuses enseignent la coexistence pacifique à leurs ouailles. Mais y a-t-il quelqu'un pour s'en inquiéter ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef