Le chef de l’État, pénétrant à l’intérieur de la salle de réunion du Conseil des ministres, avec Ziyad Baroud à ses côtés. Photo Ibrahim Tawil
Techniquement, souligne notre correspondante au palais de Baabda, Hoda Chédid, la proportionnelle a échoué, si l'on s'en tient à un simple pointage. Toutefois, à la demande du Premier ministre, Saad Hariri, la proposition n'a pas été passée au vote par le chef de l'État, qui a considéré le débat comme simplement consultatif. Les ministres ont donc gagné quelques jours pour y réfléchir encore, avant leur prochaine réunion, fixée à mercredi prochain. Cette séance devant être suivie, jeudi, d'une autre consacrée aux points considérés comme affaires courantes.
Selon notre correspondante, aussi bien les ministres des Forces libanaises que ceux du PSP ou encore Boutros Harb se sont prononcés contre l'adoption de la proportionnelle, les Kataëb, à l'instar aussi du Premier ministre, étant en faveur de son adoption dans toutes les circonscriptions, et le Hezbollah étant favorable à son adoption « conditionnelle ». Pour sa part, M. Gebran Bassil s'est prononcé en faveur de la généralisation de la proportionnelle.
« Notre position à l'égard de la proportionnelle évolue, à mesure que les choses deviennent plus claires », a affirmé pour sa part Mohammad Fneich.
Mercredi prochain, le chef de l'État sondera les groupes ministériels avant la réunion du Conseil, ce qui devrait faciliter le débat qui suivra et en hâter l'épilogue.
À la date prévue...
La position de principe du chef de l'État, au sujet des municipales, n'a pas changé pour autant : ces élections doivent se tenir à la date prévue. La longueur des débats ne devrait en rien modifier les dates prévues pour le vote, qui pourra se dérouler sur la base de la loi actuelle, a affirmé en substance le président Sleiman, comme pour faire taire les voix qui assurent qu'en vérité aucun des groupes parlementaires ne souhaite vraiment le déroulement du scrutin.
Par contre, le Conseil des ministres a donné son accord à un détail technique qui a son importance : l'uniformisation et l'impression préalable des listes électorales, une disposition qui doit faciliter la liberté de choix des électeurs et empêcher les pressions et les éventuelles erreurs et fraudes.
Notre correspondante souligne par ailleurs que le chef de l'État a proposé que les militaires soient autorisés à voter (et non à se porter candidats), mais que l'idée a été rejetée aussi bien par le Courant du futur que par le PSP et le Hezbollah.
Le gouvernement a également décidé d'accorder un fonds de 50 millions de livres aux municipalités qui seraient élues d'office, pour encourager les ententes internes. Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, devait protester contre cette proposition, estimant qu'elle décourage l'émulation démocratique au service du bien public.
La séance a été levée par le président de la République, avec un ouf de soulagement de certains, avant que la brûlante question du découpage de Beyrouth en trois circonscriptions ne soit soulevée.
Deuil national
Sur un autre plan, le Conseil des ministres a convenu, sur proposition du chef de l'État, d'organiser pour les victimes du crash de l'avion d'Ethiopian Airways une journée de deuil national. Le Premier ministre a été chargé de songer à un cérémonial qu'il soumettra ensuite au Conseil des ministres. Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, se joindra à la commission ministérielle chargée du suivi psychologique, social et juridique des séquelles de la catastrophe qui, rappelle-t-on, a fait 90 victimes, dont 54 Libanais.
Il a également été question de fixer une séance spéciale pour débattre des menaces israéliennes contre le Liban, mais l'idée est restée en l'état pour le moment.
Enfin, le président Sleiman n'a pas manqué en cours de séance de souligner l'importance de la commémoration de l'assassinat de Rafic Hariri et de ses camarades, le 14 février, dont il a souligné « le caractère rassembleur ».

