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Économie - Espagne

Économie, marchés, UE : rien ne va plus pour Zapatero

Chômage record, marchés affolés par la situation financière de l'Espagne, faux bond d'Obama: José Luis Rodriguez Zapatero a vécu une semaine "horribilis" qui le fragilise chez lui et au sein de l'Union européenne qu'il préside.

M. Zapatero n'ira pas en position de force à la réunion des chefs d'État de l'UE sur la reprise économique, le 11 février à Bruxelles. /

La droite espagnole s'est du coup mise à rêver d'écourter le mandat du chef du gouvernement socialiste, agitant jeudi le chiffon rouge d'une "motion de censure". Son chef, Mariano Rajoy, s'est dit "prêt à gouverner à tout moment".

M. Zapatero est tombé de son piédestal d'homme politique préféré des Espagnols pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2004, et les conservateurs carracolent avec 3,8 points d'avance sur les socialistes, selon un sondage publié jeudi.

La semaine dernière avait très mal fini, avec la publication de chiffres du chômage catastrophiques, dans une Espagne engluée dans la récession depuis fin 2008, alors qu'une timide reprise pointe un peu partout en Europe.

Le chômage frappe 4,3 millions d'Espagnols, 18,83% de la population active, soit près du double de la moyenne de la zone euro. Mais c'est l'envolée des déficits publics de l'Espagne (11,4% du PIB en 2009) et l'augmentation de sa dette qui accaparent l'attention, semant le doute sur un possible dérapage à la Grecque de la 4e économie de la zone euro.

Les marchés ont bruissé toute la semaine de rumeurs sur un possible abaissement de la perspective de l'Espagne par une agence de notation. Jeudi, ils ont cédé à la panique, faisant plonger de près de 6% la Bourse de Madrid, qui restait encore très nerveuse vendredi matin.

Comble d'amertume pour Madrid, le commissaire européen sortant aux Affaires économiques, le socialiste espagnol Joaquin Almunia, a jeté de l'huile sur le feu en mettant mercredi Grèce, Espagne et Portugal dans le même panier.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Stauss-Kahn, en a rajouté jeudi, estimant que l'Espagne ne sortira pas de la crise "sans un effort considérable", "sans en payer le prix".

Madrid avait pourtant donné des gages en annonçant un plan d'austérité de l'État de 50 milliards sur trois ans, devant permettre au déficit public de revenir à 3% du PIB en 2013, dans les rails du pacte européen de stabilité. Ainsi qu'un projet de report de l'âge légal de la retraite de 65 à 67 ans. Cette feuille de route, basée sur des prévisions de reprise économique jugées optimistes par certains analystes, n'a guère convaincu. Elle a en revanche braqué des syndicats jusqu'alors amis. "Nous n'allons pas accepter le report de l'âge de la retraite. Il faudra nous passer dessus", a menacé jeudi un dirigeant syndical.

Face à la grogne syndicale, Madrid a expurgé mercredi d'un document pourtant déjà remis à Bruxelles un paragraphe mentionnant son intention d'augmenter aussi le nombre d'années de cotisation servant au calcul des retraites.

Commentaire cinglant du quotidien libéral El Mundo: "Cela donne l'impression que le gouvernement est un navire à la dérive, qui change de cap en fonction du vent parce qu'il ne sait pas où il va".

M. Zapatero n'ira pas en position de force à la réunion des chefs d'État de l'UE sur la reprise économique, le 11 février à Bruxelles. D'autant que la présidence tournante espagnole, sur laquelle il misait pour redorer son blason, accumule les couacs.

Début janvier, Berlin avait déjà sèchement rejeté son idée d'imposer des sanctions aux pays n'appliquant pas la future stratégie économique de l'UE.

Une douche froide s'est abattue lundi quand le président américain Barack Obama a fait savoir qu'il avait d'autres priorités que de participer à un sommet programmé fin mai à Madrid avec les Européens, dont M. Zapatero rêvait de faire le temps fort de sa présidence.

La droite espagnole s'est du coup mise à rêver d'écourter le mandat du chef du gouvernement socialiste, agitant jeudi le chiffon rouge d'une "motion de censure". Son chef, Mariano Rajoy, s'est dit "prêt à gouverner à tout moment".
M. Zapatero est tombé de son piédestal d'homme politique préféré des Espagnols pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2004, et les conservateurs carracolent avec 3,8 points d'avance sur les socialistes, selon un sondage publié jeudi.
La semaine dernière avait très mal fini, avec la publication de chiffres du chômage catastrophiques, dans une Espagne engluée dans la récession depuis fin 2008, alors qu'une timide reprise pointe un peu partout en Europe.
Le chômage...
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