Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L'Occident et la Russie sceptiques quant aux bonnes intentions iraniennes

Américains et Européens, sceptiques après des années de négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire tenant du jeu du chat et de la souris, ont mis au défi Téhéran de traduire ses paroles en actes, samedi devant la conférence sur la sécurité de Munich.

L'absence de progrès à l'issue d'une entrevue du directeur de l'AIEA, Yukiya Amano, avec M. Mottaki n'aura pas contribué à l'optimisme. M. Amano a confirmé qu'aucune nouvelle proposition n'avait été faite par son interlocuteur, même s'il a qualifié de "très intéressant" ce qui n'aura été qu'"un échange de vues"./

Les activités atomiques iraniennes représentent aujourd'hui "le plus grand motif d'inquiétude pour la sécurité collective", a estimé le conseiller national à la sécurité des États-Unis, James Jones.

La veille devant le même parterre de diplomates et d'experts, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki avait affirmé qu'un accord "final" sur l'échange d'uranium avec l'Iran pour le réacteur de recherche de Téhéran était à portée de main.

L'Iran avait fait capoter en octobre dernier une offre visant à acheminer son uranium faiblement enrichi pour traitement en Russie puis en France, avant d'être réexpédié pour alimenter ce réacteur. Mais mardi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que son pays était toujours prêt à un tel échange.

Le général Jones, sans commenter ce possible revirement, a expliqué qu'"une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient ainsi qu'une prolifération militaire atomique accrue dans le monde sont dans la balance". "Téhéran doit assumer ses responsabilités ou bien s'exposer à des sanctions plus sévères et peut-être même à un plus grand isolement", a-t-il ajouté

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a été très explicite en déclarant samedi à Ankara "ne pas avoir le sentiment" qu'un accord avec l'Iran était proche malgré les nouvelles déclarations iraniennes.

À Munich, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, n'a pas caché non plus son scepticisme et a prêché pour la fermeté. "Notre main reste tendue mais il n'y a pas eu de réponse jusqu'à aujourd'hui", a-t-il souligné, rappelant les offres de coopération soumises à l'Iran par les six puissances (Allemagne, France et Royaume Uni, États-Unis, Chine et Russie) et l'UE chargée de négocier avec Téhéran. Même après l'intervention de M. Mottaki, "je ne peux pas faire une autre évaluation de la situation: il faut que l'Iran traduise ses paroles en actes", a dit M. Westerwelle.

La diplomate en chef de l'Union européenne, Catherine Ashton, a de son côté appelé l'Iran à donner une réponse formelle à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur l'enrichissement de son uranium, pour rétablir "une confiance extrêmement nécessaire".

L'absence de progrès à l'issue d'une entrevue du directeur de l'AIEA, Yukiya Amano avec M. Mottaki, samedi en marge de cette conférence, n'aura pas contribué à l'optimisme. M. Amano a confirmé qu'aucune nouvelle proposition n'avait été faite par son interlocuteur, même s'il a qualifié de "très intéressant" ce qui n'aura été qu'"un échange de vues".

Tous ces enjeux à l'esprit, l'auditoire a ensuite débattu du désarmement nucléaire, qui sera au centre de la conférence de révision du Traité sur la non-prolifération (TNP) de 1970, en avril prochain.

Le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov a estimé qu'il ne connaîtrait pas un monde sans arme nucléaire "de son vivant", mais que si l'on ne commençait pas maintenant à en parler, ses petits-enfants ne le connaîtraient pas non plus. On attend toujours, a-t-il ajouté, une "réponse sans équivoque" de l'Iran aux offres de coopération.


Les activités atomiques iraniennes représentent aujourd'hui "le plus grand motif d'inquiétude pour la sécurité collective", a estimé le conseiller national à la sécurité des États-Unis, James Jones.
La veille devant le même parterre de diplomates et d'experts, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki avait affirmé qu'un accord "final" sur l'échange d'uranium avec l'Iran pour le réacteur de recherche de Téhéran était à portée de main.
L'Iran avait fait capoter en octobre dernier une offre visant à acheminer son uranium faiblement enrichi pour traitement en Russie puis en France, avant d'être réexpédié pour alimenter ce réacteur....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut