Un kamikaze à moto a fait exploser une bombe à l’entrée des urgences de l’hôpital Jinnah. Asif Hassan/AFP
Un kamikaze a précipité sa moto bourrée d'explosifs contre un autobus transportant des personnes qui se rendaient à la procession de clôture de Muharram, le mois le plus sacré du calendrier musulman pour les chiites, a expliqué à l'AFP Shahid Hasan, un officier de police.
Peu après le premier attentat, un deuxième kamikaze à moto a fait exploser sa bombe à l'entrée des urgences de l'hôpital Jinnah, a indiqué le ministre Ahmad. « J'étais venu essayer de retrouver mon cousin blessé dans le premier attentat et j'ai entendu une explosion assourdissante, des brancards ont été projetés dans les airs », a raconté Azam Ali, 26 ans. « La plupart des blessés et tués du second attentat étaient aussi des chiites », a-t-il assuré. « Cinq ambulances ont été détruites, mais nous n'avons eu que trois collègues blessés, c'est un miracle », soufflait Mohammad Mehboob, un secouriste.
Les attaques visant les chiites, qui représentent environ 20 % de la population, sont relativement fréquentes au Pakistan, souvent perpétrées par des groupes extrémistes sunnites, la communauté musulmane majoritaire (près de 80 %), et les talibans alliés à el-Qaëda, également responsables d'une campagne plus vaste d'attentats ayant fait près de 3 000 morts en deux ans et demi. Le 28 décembre, un attentat-suicide, revendiqué par les talibans pakistanais avait tué 43 personnes à Karachi lors d'une procession chiite.
Les talibans avaient, jusqu'à présent, relativement épargné le gigantesque port du Sud dans leur campagne sanglante visant essentiellement les forces de sécurité et les symboles du gouvernement, mais aussi, plus récemment, des lieux bondés de civils. Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a fait allégeance dès sa création en 2007 à el-Qaëda, et a décrété le jihad à Islamabad pour s'être allié à la fin 2001 à Washington dans sa « guerre contre le terrorisme ». Les bastions du TTP, dans les zones tribales du Nord-Ouest, frontalières avec l'Afghanistan, sont devenus progressivement le nouveau sanctuaire des cadres et combattants d'el-Qaëda et une base arrière stratégique des talibans afghans.
La CIA ou l'armée américaine basée en Afghanistan y ont considérablement intensifié, ces derniers mois, leurs tirs de missiles par des drones visant les cadres du mouvement d'Oussama Ben Laden ou des talibans. Même si ces derniers, sunnites, revendiquent volontiers quelques attaques visant les chiites, ces violences sont d'ordinaire le fait d'autres groupes, basés dans le centre et l'est du Pakistan. Depuis la fin des années 1980, plus de 4 000 chiites ont été tués dans les violences entre chiites et sunnites dans tout le pays.

