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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

La Chine s’oppose à de nouvelles sanctions contre l’Iran

Téhéran accuse Washington de mener une « guerre psychologique » dans le Golfe.
La Chine, par la voix de son chef de la diplomatie en visite à Paris, a fait front hier en rejetant la volonté française et américaine d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran, accusé de vouloir développer une arme nucléaire sous couvert d'un programme civil. Au sein du groupe des six puissances chargées de ce contentieux - États-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne -, Pékin est isolé et sous pression pour reconnaître que l'Iran viole des résolutions de l'ONU en continuant d'enrichir de l'uranium.
« Parler de sanctions en ce moment compliquera la situation » et les Iraniens n'ont pas « complètement fermé la porte », a lancé le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, devant l'Institut français des relations internationales. Cette déclaration est survenue deux jours après l'affirmation du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, que son pays n'avait « pas de problème » pour un échange d'uranium avec les grandes puissances et au lendemain de déclarations françaises et américaines en faveur de prochaines sanctions renforcées. Elle est intervenue aussi quelques heures avant un entretien de Yang Jiechi avec le président français, Nicolas Sarkozy. La veille, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, n'avait pas réussi à infléchir la position de Pékin, dont les intérêts commerciaux et énergétiques sont très importants en Iran. « Les choses continuent de bouger et nous pensons qu'il est très important de se concentrer sur le processus diplomatique, à travers le dialogue et la consultation », a martelé Yang Jiechi. En fin de semaine, il devrait réitérer ce leitmotiv à la conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne) qui accueillera, pour la première fois, un ministre chinois des Affaires étrangères.
Pour la Chine, la non-réponse de l'Iran à l'offre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de lui fournir du combustible nucléaire pour un réacteur de recherche à partir d'uranium enrichi par les Iraniens n'est pas sans appel et le « dialogue » doit rester une priorité. Pour les États-Unis, la France, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, les rodomontades de l'Iran ne visent qu'à lui faire gagner du temps. Imaginée à l'automne pour faire diminuer la tension, sans régler le problème de fond des centrifugeuses iraniennes qui continuent de tourner, l'offre de l'AIEA reste officiellement sur la table. Mais « il n'y a pas de réponse officielle » de Téhéran et, pendant des années, « nous n'avons pas cessé de dialoguer », s'est insurgé mercredi Bernard Kouchner. Mercredi soir, le Premier ministre français, François Fillon, a estimé que « le moment est venu d'agir » et annoncé que Paris allait demander à l'ONU une nouvelle résolution avec « des sanctions fortes » contre l'Iran. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a aussi menacé Téhéran de « fortes sanctions ».
Reste à savoir si la Chine, qui jouit d'un droit de veto au Conseil de sécurité, ira jusqu'à l'utiliser. Des diplomates occidentaux relèvent que Pékin a voté les trois dernières résolutions incluant des sanctions à l'égard de l'Iran. Et ils n'imaginaient pas ces dernières semaines encore que la Chine, même avec une puissance de plus en plus affirmée sur la scène internationale, s'oppose seule, lors d'un vote, aux quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans le cas contraire, les États-Unis n'auront d'autre recours que d'adopter des sanctions nationales renforcées et la France a déjà fait part de son intention de plaider dans le même sens au sein de l'Union européenne. Toutefois, hier soir, l'administration Obama a estimé que Pékin allait continuer à coopérer avec Washington. « Je pense que les Chinois vont continuer de travailler avec nous sur les prochaines étapes importantes que nous devons franchir en ce qui concerne l'Iran », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, avant d'ajouter qu'agir de la sorte était dans l'intérêt de la Chine.
Pour sa part, l'Iran veut coopérer et ne cherche pas la confrontation, a affirmé son représentant auprès de l'AIEA. « Le commentaire positif fait par le président (Mahmoud Ahmadinejad) montre que l'Iran a la ferme intention de trouver des solutions par la coopération (...) », a dit Ali Asghar Soltanieh.

Les Patriot américains inefficaces ?
D'autre part, l'Iran a accusé hier les États-Unis de mener une « guerre psychologique » dans le Golfe en le présentant comme un danger potentiel pour ses voisins, afin de les convaincre qu'ils ont besoin d'une protection américaine. Washington a annoncé dimanche le renforcement de son système de défense antimissile dans la région, invoquant la nécessité de parer à une menace militaire iranienne croissante. « Ils ne veulent pas que les relations entre l'Iran et ses voisins dans le Golfe soient bonnes et s'accroissent, donc ils ont lancé une guerre psychologique », a déclaré le général Hassan Firouzabadi, chef d'état-major de l'armée iranienne, cité par l'agence semi-officielle ILNA. Il a en outre minimisé la menace que pourrait constituer pour son pays ce déploiement de missiles Patriot. « Pour nous, ce n'est pas nouveau (...) nous étions informés lorsqu'ils ont été installés, y compris de l'endroit exact (...) Les missiles Patriot pourraient être désactivés et rendus inefficaces facilement à l'aide de tactiques simples. Je conseille aux pays de la région de ne pas gaspiller leur argent en achetant des systèmes qui n'ont jamais fonctionné nulle part », a déclaré le général Firouzabadi. Un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères avait déjà affirmé cette semaine que Washington tentait d'entretenir une « phobie de l'Iran » au Moyen-Orient. En outre, l'Iran a affirmé mercredi avoir mis au point un nouveau type de missile sol-air capable de frapper les hélicoptères Apache américains.
Par ailleurs, hier, le porte-parole du département d'État américain, Philip Crowley, a souligné que le futur bouclier antimissile américain en Europe répond à une menace de l'Iran, tout en confirmant le déploiement d'intercepteurs programmé en Roumanie. « Nous allons protéger nos intérêts et ceux de nos alliés », a-t-il dit.
La Chine, par la voix de son chef de la diplomatie en visite à Paris, a fait front hier en rejetant la volonté française et américaine d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran, accusé de vouloir développer une arme nucléaire sous couvert d'un programme civil. Au sein du groupe des six puissances chargées de ce contentieux - États-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne -, Pékin est isolé et sous pression pour reconnaître que l'Iran viole des résolutions de l'ONU en continuant d'enrichir de l'uranium.« Parler de sanctions en ce moment compliquera la situation » et les Iraniens n'ont pas « complètement fermé la porte », a lancé le ministre chinois des...
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