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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Nouveaux raids contre el-Qaëda au Yémen

L'imam Anwar al-Aulaqi, mentor du terroriste nigérian du vol Amsterdam-Detroit, ne se rendra pas.

Anwar al-Aulaqi, marié et père de cinq enfants, est accusé par les autorités de Sanaa d’avoir rencontré le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, blessé et arrêté dans sa tentative manquée de faire sauter un avion de ligne américain reliant Amsterdam à Detroit le 25 décembre. IntelCenter/AFP

L'aviation yéménite a lancé hier une série de raids contre el-Qaëda à l'est de Sanaa. Les raids menés dans la matinée et l'après-midi ont visé la zone de la ville de Marib, à 170 km à l'est de la capitale, selon des sources militaires, tribales et des témoins, et auraient fait des morts. Les objectifs visés sont une ferme et une orangeraie, qui abriteraient, selon les autorités, des combattants d'el-Qaëda et la maison d'un chef présumé du réseau.
Des sources tribales ont précisé que l'aviation avait visé la maison du chef d'el-Qaëda dans la province de Marib, Ayed al-Chabwani, qui se trouve dans le village d'Irk al-Chabwane à 5 km à l'est de Marib. Une source militaire sur le terrain a précisé que la maison avait été visée à trois reprises après un survol de la zone par un avion de reconnaissance. Les autorités yéménites avaient annoncé la semaine dernière la mort de ce chef présumé d'el-Qaëda dans un raid aérien, ce que le réseau a ensuite démenti.
À Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé la suspension des vols directs entre le Royaume-Uni et le Yémen, dans l'attente de nouvelles mesures de sécurité après la tentative d'attentat contre le vol Amsterdam-Detroit. Cette décision, annoncée devant la Chambre des communes, intervient une semaine avant une réunion internationale sur le Yémen prévue le 27 janvier à Londres, un forum souhaité par M. Brown après la tentative du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, le jour de Noël, de faire sauter l'avion dans lequel il avait pris place, à l'approche de Detroit. Le jeune homme de 23 ans aurait suivi un entraînement au Yémen, devenu un sanctuaire pour des groupes islamistes extrémistes, avant son attentat manqué qui a été revendiqué par el-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQAP), un groupe installé au Yémen.
D'autre part, l'imam radical Anwar al-Aulaqi, recherché par les États-Unis pour ses liens présumés avec cet attentat, a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de se rendre. Selon le journaliste Abdulelah Shaea, qui est un ami du prédicateur américano-yéménite avec lequel il assure avoir été récemment en contact, les récentes affirmations des autorités de Sanaa selon lesquelles des tractations sont en cours pour parvenir à sa reddition sont fausses. Al-Aulaqi « m'a dit que personne ne l'avait contacté et que rien n'était négocié.
Il n'a aucune intention de se rendre », a dit M. Shaea, réputé être l'un des journalistes yéménites les mieux informés sur la mouvance jihadiste dans son pays. C'est lui qui, le 23 décembre, avait réalisé la première interview du jeune imam, déjà en fuite, dans laquelle il confirmait avoir été en contact avec le commandant américain Nidal Hassan, qui a tiré le 5 novembre sur des soldats à Fort Hood (Texas), faisant 13 morts. Selon M. Shaea, « après le raid aérien du 24 décembre qui a touché une région contrôlée par les al-Aulaqi, la tribu a empêché toute venue sur place de l'armée ou de la police (...) et c'est pour cela qu'Anwar est en sécurité là où il est ». Ce raid a visé des responsables d'el-Qaëda à Wadi Rafadh, dans la province de Chabwa, et a fait, selon un bilan officiel, 34 morts.
Né au Nouveau-Mexique en 1971, et par conséquent de nationalité américaine, Anwar al-Aulaqi a vécu au Yémen pendant ses études secondaires puis est retourné aux États-Unis, où il a obtenu un diplôme de génie civil de l'université du Colorado, puis un mastère en éducation à San Diego (Californie), selon une source proche du prédicateur.
Il a prêché dans des mosquées de plusieurs États américains et a travaillé dans une association de bienfaisance relevant de l'imam yéménite radical Abdel Majid Zendani, accusé par les États-Unis d'être lié à des groupes jihadistes, selon la même source, avant de rentrer au Yémen en 2006.
L'aviation yéménite a lancé hier une série de raids contre el-Qaëda à l'est de Sanaa. Les raids menés dans la matinée et l'après-midi ont visé la zone de la ville de Marib, à 170 km à l'est de la capitale, selon des sources militaires, tribales et des témoins, et auraient fait des morts. Les objectifs visés sont une ferme et une orangeraie, qui abriteraient, selon les autorités, des combattants d'el-Qaëda et la maison d'un chef présumé du réseau. Des sources tribales ont précisé que l'aviation avait visé la maison du chef d'el-Qaëda dans la province de Marib, Ayed al-Chabwani, qui se trouve dans le village d'Irk al-Chabwane à 5 km à l'est de Marib. Une source...
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