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Culture - Documentaire

Le Liban de leurs rêves et de leurs déceptions !

Pierre Dawalibi rêve d'un Liban meilleur. Il n'est pas le seul. Les quarante et une personnes à qui il donne la parole dans un documentaire intitulé « The Lebanon I Dream Of... »* rêvent également - comme tant d'autres - d'un pays où l'instabilité, la corruption, la pollution, l'ignorance et la violence n'auraient plus droit de cité.

Il exprime en mots et images, étayés de quelques données chiffrées, ses révoltes de citoyen qui rêve d'un tout autre Liban. Bien filmé, bien construit, pertinent dans sa critique, The Lebanon I Dream Of... est loin de l'image d'Épinal que décrivent les brochures touristiques du pays du Cèdre. Certes, le Liban jouit - encore - de quelques coins de nature de toute beauté. Les paysages qui ouvrent et clôturent le documentaire en attestent. Mais le Liban souffre, sous son vernis de civilisation, de la négligence de ses gouvernants, de leur corruption, de leur absence de vision à long terme, tout autant que de la carence de sens civique chez ses citoyens, ainsi que de leur passivité et de leur suivisme.
En 45 minutes, Pierre Dawalibi dresse un constat amer de la réalité quotidienne au pays «du lait et du miel».
Tout est dit dans ce documentaire à charge, donnant la parole à des Libanais, toutes tendances confondues, qui ne manient, à l'évidence, pas la langue de bois. Des personnalités publiques - bien entendu non politiques! -, des juristes, des artistes, des historiens, des comédiens, des journalistes, des membres de la société civile... et des anonymes qui font tous part des mêmes attentes: un réel État de droit qui respecte et protège le citoyen, une vraie responsabilisation des gouvernants, la sensibilisation à l'environnement, au patrimoine, la stabilité... Et expriment un même désenchantement face à une situation qui perdure dans sa détérioration.
Une dégénérescence du pays à tous les niveaux : officiel, administratif, culturel et environnemental. Son agonie même, sournoisement dissimulée sous les vivats et les éclats des fêtards, des noctambules, du Beyrouth «in» et branché. Alors qu'au quotidien, les problèmes s'accumulent sans qu'aucune réelle amorce de solution ne soit sérieusement envisagée par les (ir)responsables.
Des problèmes de la circulation (les embouteillages et l'augmentation de 13% en moyenne annuelle des accidents de la route) à ceux générés par l'instabilité, en passant par la pollution (de l'air, de la terre, de l'eau), la corruption administrative, l'ignorance, le clientélisme, le vol des biens publics, l'émigration en flux continu de la jeune génération... Tout est dénoncé, sans ambages, dans un parlé vrai, avec des mots qui expriment parfaitement la déception, les désillusions et le ras-le-bol que vivent les Libanais
depuis des décennies.

De grandes espérances
Des problèmes sur lesquels ils aimeraient attirer l'attention de leurs - nouveaux?! - dirigeants. Ces derniers seront-ils à la hauteur de leurs attentes? Se préoccuperont-ils, pour une fois, des plus élémentaires exigences citoyennes?
Mais des remarques et des réflexions qui s'adressent aussi aux Libanais. Aux jeunes en particulier. Afin de les secouer, de les sortir de leur apathie, de les sensibiliser au civisme et à l'action citoyenne.
Sans se faire trop d'illusions, Pierre Dawalibi et tous ceux qui s'expriment dans son film l'espèrent. Le réalisateur a d'ailleurs envoyé un exemplaire de son documentaire à chacun des députés élus l'été dernier. À part des réactions de bonne réception de deux d'entre eux, silence radio de la part de tous les autres, indique-t-il. Ce producteur indépendant, installé depuis 2005 à Dubaï, où il travaille dans la publicité pour financer tout seul ses documentaires coups de poing (voir cadre ci-haut), espère toutefois que son message leur soit parvenu. En attendant, il continue à rêver...

 * À visionner sur le site
www.thelebanonidreamof.com
Il exprime en mots et images, étayés de quelques données chiffrées, ses révoltes de citoyen qui rêve d'un tout autre Liban. Bien filmé, bien construit, pertinent dans sa critique, The Lebanon I Dream Of... est loin de l'image d'Épinal que décrivent les brochures touristiques du pays du Cèdre. Certes, le Liban jouit - encore - de quelques coins de nature de toute beauté. Les paysages qui ouvrent et clôturent le documentaire en attestent. Mais le Liban souffre, sous son vernis de civilisation, de la négligence de ses gouvernants, de leur corruption, de leur absence de vision à long terme, tout autant que de la carence de sens civique chez ses citoyens, ainsi que de leur passivité et de leur suivisme. En 45 minutes, Pierre Dawalibi dresse...
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