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Stratégie de lutte contre la pauvreté : objectifs et moyens

Par Alia Berti ZEIN
Le texte qui suit est extrait d'une conférence donnée fin octobre 2009 à Séville dans le cadre du congrès annuel de l'Union internationale des avocats :

Par souci de dignité, de sécurité, de justice et d'égalité, la lutte contre la pauvreté est devenue une priorité absolue à l'échelle planétaire.
Selon le Rapport sur l'état de la population mondiale (UNFPA), environ 3 milliards de personnes vivent dans le monde sous le seuil de pauvreté, avec un revenu de 2 dollars par jour ou moins encore. La fécondité et la croissance démographique sont les plus élevées dans les pays démunis et baissent progressivement à mesure qu'on passe aux groupes de population nantis. Les pays en développement verront le chiffre de leur population tripler, passant ainsi de 600 millions en 1995 à 1,8 milliard en 2050.
Dans les pays les moins avancés, l'espérance de vie à la naissance est inférieure à 50 ans, contre 77 ans dans les pays développés.
Les pauvres sont plus exposés aux maladies, aux infections et aux risques de santé liés à la malnutrition et à l'environnement, tels que l'occupation de logements malsains, surpeuplés et sans hygiène. Les grossesses non désirées et les avortements mal gérés contribuent à ruiner la santé des femmes. Plus d'un demi-million de femmes meurent chaque année de causes liées à la maternité, presque toutes dans les pays en développement.
D'où le besoin pressant de mesures urgentes pour introduire les pauvres dans le processus de développement et pour créer les conditions qui leur permettent d'échapper à la pauvreté.
Les pays du monde entier ont convenu dès 1990 qu'il était capital d'agir sur la démographie et le développement. Une série de conférences internationales a élaboré un agenda d'action sociale contre la pauvreté. Leur but majeur était d'améliorer la santé et l'éducation, entendues à la fois comme objectifs individuels et comme biens publics.
La plus marquante est, sans nul doute, la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) qui s'est tenue à Vienne en 1994 et qui a adopté d'importants objectifs parmi lesquels : ralentir la croissance démographique et éliminer l'inégalité entre les sexes, réduire la pauvreté, parvenir au progrès économique et au développement durable.
La communauté internationale s'est engagée à atteindre un objectif ambitieux, à savoir réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté.
Reconnaissant que la pauvreté touche à la dignité humaine et représente une violation des droits fondamentaux de la personne garantis par la Charte universelle des droits de l'homme, les dirigeants du monde ont adopté une série de buts spécifiques en matière d'espérance de vie, d'éducation, de logement, d'égalité entre les sexes, d'ouverture des échanges et de protection de l'environnement.
Dans de nombreuses sociétés, une interaction s'exerce entre la pauvreté et l'inégalité des sexes, de sorte que les femmes pauvres se situent encore en deçà du niveau de leurs conjoints pour tout ce qui a trait à l'état de santé, à l'éducation et au travail. En réduisant l'écart entre les sexes, on réduit la pauvreté individuelle et on encourage la croissance économique.
L'environnement insalubre, les logements précaires, les taudis, le manque d'eau potable, la promiscuité avec les maladies infectieuses, l'usage excessif de pesticides dans les milieux ruraux agraires et les produits de consommation périmés entraînent la malnutrition et constituent un danger supplémentaire à la santé des pauvres.
Dans le cadre du Consensus de la conférence de Vienne (1994, CIPD), la communauté internationale a accepté les évaluations d'experts sur le coût d'un ensemble de services pour radier la pauvreté. Ces évaluations ont été d'ailleurs réaffirmées à l'Assemblée générale des Nations unies en 1999. Les besoins estimatifs s'élevaient à 17 milliards de dollars par an en 2000 jusqu'à atteindre leurs objectifs à 21,7 milliards de dollars par an en 2015.
La planification familiale librement acceptée peut aider chacun à contrôler le nombre d'enfants qu'il souhaite et à espacer les naissances.
Les femmes pauvres affrontent un risque de décès consécutif à la grossesse jusqu'à 600 fois plus élevé que les femmes de condition plus aisée.
Dans les familles pauvres, il faut souvent choisir lequel de leurs enfants peut bénéficier d'une éducation. Le choix tombe souvent de préférence sur les garçons, tandis que les filles sont réduites à une éducation limitée, si toutefois elle existe. Le besoin qu'ont les mères pauvres d'être aidées dans leurs innombrables tâches prime la scolarisation des filles, alors que les mères instruites ont moins d'enfants et jouissent d'une meilleure santé. Elles sont mieux informées des soins de santé, de nutrition et de planification familiale qui sauvent leur vie et celle de leur progéniture.
Les enfants mieux portants bénéficient des avantages acquis par leurs mères et sont plus disposés à intégrer l'école, premier pas vers l'affranchissement de la pauvreté.
La réduction de la pauvreté dépend en outre de l'environnement. L'amélioration des conditions de vie des habitants des taudis et des camps de réfugiés dépendra de la croissance démographique et de la gestion des déchets autant que de l'accès à l'eau salubre, aux vivres et aux services de santé qui leur seront prodigués.
Le sommet du microcrédit (en 1997) a décidé de financer les activités de travailleurs indépendants et d'autres services professionnels dont profiteront 100 millions des familles les plus pauvres. Les programmes de microcrédits sont parmi les moyens les plus efficaces pour affranchir les pauvres, et en particulier les femmes, en vue de parvenir à un progrès économique et social.
Les huit pays les plus industrialisés (les G8), rejoints à l'Aquila en Italie par d'autres États, se sont engagés, en juillet 2009, à mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la faim dans le monde.
Cet argent doit permettre d'accroître les investissements dans l'agriculture dans les pays en développement. L'impact de la crise financière et économique de 2008 et la flambée des prix alimentaires ont entraîné des émeutes de la faim dans plusieurs pays.
La FAO, agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, décompte plus d'un milliard de personnes souffrant aujourd'hui de la faim dans le monde.
Entre l'an 2000 et 2015, près d'un milliard et demi de jeunes femmes et de jeunes gens seront entrés dans la tranche d'âge 20-24 ans. Avec des centaines de millions d'adolescents, ils chercheront du travail. S'ils trouvent des emplois, ils seront parmi les moteurs de la croissance économique mondiale. S'ils n'en ont pas, ils alimenteront encore l'instabilité politique, et constitueront une grave menace de violence et de criminalité au monde civilisé et industrialisé.

Alia Berti ZEIN
Présidente du Comité national libanais de l'Union internationale des avocat
Le texte qui suit est extrait d'une conférence donnée fin octobre 2009 à Séville dans le cadre du congrès annuel de l'Union internationale des avocats : Par souci de dignité, de sécurité, de justice et d'égalité, la lutte contre la pauvreté est devenue une priorité absolue à l'échelle planétaire. Selon le Rapport sur l'état de la population mondiale (UNFPA), environ 3 milliards de personnes vivent dans le monde sous le seuil de pauvreté, avec un revenu de 2 dollars par jour ou moins encore. La fécondité et la croissance démographique sont les plus élevées dans les pays démunis et baissent progressivement à mesure qu'on passe aux groupes de population nantis. Les pays...
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