« Il n'y a pas de nouvelles alliances au Liban. Rien n'a changé, du fait de l'appartenance du Rassemblement démocratique à la majorité parlementaire », a déclaré M. Hamadé à la Voix du Liban, indiquant avoir constaté, lors des réunions des commissions parlementaires tenues ces dernières semaines, « que sur plusieurs questions, la minorité n'est pas moins dispersée que la majorité ».
« Je continue de passer en toute liberté par le secrétariat général des forces du 14 Mars. Je ne suis pas sorti du 14 Mars et je suis toujours membre du Rassemblement démocratique », a-t-il dit.
Et d'ajouter : « Lorsque mes compagnons de route sont dans une mauvaise passe, je ne les lâche pas. Je ne cherche pas à rompre les ponts avec Walid Joumblatt. Au contraire, il faut le maintenir dans notre ambiance. »
Il a indiqué ne pas avoir participé à la réconciliation druzo-chiite de Choueifate, non pas parce qu'il est hostile à la réconciliation, mais, a-t-il expliqué, « parce que je constate que beaucoup d'habitants de Choueifate ne sont pas encore mûrs pour cette réconciliation ».
Commentant les appels à lancer le processus d'abolition du confessionnalisme, le député du Chouf a souligné qu'il s'agissait d'une revendication « juste et conforme à la Constitution » et que c'est « un rêve ancien ». « Mais cela ne signifie pas qu'il faille sauter sur l'occasion à un moment inopportun. Il faut une préparation », a-t-il dit, se disant « d'accord avec le patriarche (maronite, Mgr Nasrallah) Sfeir, qui a appelé à abolir le confessionnalisme des esprits avant de l'éliminer des textes ».
Critiquant implicitement l'approche du président de la Chambre, Nabih Berry, à ce propos, M. Hamadé a dit : « Susciter la question de l'abolition du confessionnalisme politique pour détourner l'attention de celle des armes (du Hezbollah) est un pari erroné. » Il a indiqué qu'il allait insister, lors de la réunion du bureau de la Chambre et des présidents des commissions, mercredi prochain, sur la nécessité de consulter l'Assemblée avant toute proposition constitutionnelle.
M. Hamadé a encore noté que la question de l'abolition du confessionnalisme politique a unifié les chrétiens de « toutes les couleurs » contre elle.
Selon lui, « la conscience des chrétiens se trouve chez le patriarche Sfeir ». « Sa position est la position chrétienne et c'est la raison pour laquelle Walid Joumblatt a dit que c'est les retrouvailles avec le patriarche qui ont consacré la réconciliation de la Montagne », a-t-il ajouté.
Répliquant par ailleurs aux propos tenus vendredi par le secrétaire général du Hezbollah, qui avait menacé Israël de disparition, M. Hamadé a estimé que certaines réalisations de la diplomatie arabe étaient « plus importantes que les discours retentissants », dans la mesure où « il est notamment question d'une réconciliation interpalestinienne dans les dix prochains jours ».
Se disant d'accord avec Hassan Nasrallah sur le « grand rêve arabo-islamique », il a toutefois ajouté : « Pas au point de mettre le Liban en péril et de l'anéantir. »
Tout en admettant que le débat sur les armes est laissé à la table de dialogue, il a cependant critiqué ceux qui « se précipitent pour interdire la discussion sur les armes sous prétexte que celles-ci empêchent l'implantation des Palestiniens ou protègent (le Liban) des visées d'Israël ».
Enfin, M. Hamadé a indiqué que la récente visite des ministres druzes, Ghazi Aridi, Akram Chehayeb et Waël Bou Faour, en Arabie saoudite était d'ordre social et qu'ils n'ont pas rencontré des responsables syriens là-bas. La « route de Damas (pour M. Joumblatt) ne passe pas par le ministre Khoja », a-t-il dit, en référence au ministre saoudien de l'Information.

