Le Japon a cessé de ravitailler les navires de la coalition internationale engagée dans les opérations en Afghanistan, une promesse de longue date du centre-gauche fraîchement arrivé au pouvoir pour se démarquer d'une "guerre américaine".
"Je vais donner l'ordre que la mission de ravitaillement prenne fin à minuit (15H00 GMT) et que la flotte revienne au Japon", a annoncé vendredi le ministre de la Défense Toshimi Kitazawa.
Le navire ravitailleur qui croisait dans l'Océan Indien, accompagné d'un escorteur, fournissait de l'eau et du fioul aux navires alliés participant aux opérations en Afghanistan.
Débutée fin 2001 au moment du renversement du régime des talibans, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre, cette mission avait provoqué d'importants remous politiques au Japon.
Le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche) qui a conquis le pouvoir aux élections législatives du 30 août avait accusé sans relâche le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) alors aux commandes d'embrigader l'archipel, officiellement pacifiste, dans une "guerre américaine".
Le PDJ avait même réussi, à force d'obstruction parlementaire, à faire revenir la flotte au pays en 2007, avant que la droite ne parvienne à la renvoyer dans les mers chaudes au début de l'année suivante.
Le centre-gauche avait promis de cesser ce soutien, impopulaire parmi la population nippone, en cas de victoire au scrutin législatif, et prévenu officiellement les Etats-Unis peu après leur succès.
Le Premier ministre Yukio Hatoyama a toutefois voulu rassurer ses alliés occidentaux, dont les troupes qui rencontrent les pires difficultés à juguler l'insurrection des talibans vont recevoir le renfort de 40.000 soldats en 2010.
"Notre pays continuera de participer, de sa propre initiative, aux efforts internationaux contre le terrorisme, car il est de notre propre intérêt de favoriser la paix et la stabilité", a déclaré M. Hatoyama.
Son gouvernement a dévoilé en novembre un plan d'aide de 5 milliards de dollars sur cinq ans pour aider à reconstruire l'Afghanistan ravagé par les guerres.
Cette aide doit notamment servir à encourager les miliciens talibans à retourner à la vie civile, à financer la transformation de la capitale Kaboul, à payer les policiers afghans et à soutenir l'agriculture.
Reste que l'arrêt du soutien logistique ne va pas arranger les affaires de l'administration du président américain Barack Obama, qui a fait de la stabilisation de l'Afghanistan la priorité de sa politique antiterroriste.
Les relations entre les deux alliés se sont tendues depuis l'arrivée de l'équipe de M. Hatoyama et son engagement à mener une politique plus indépendante des Etats-Unis, après le règne de plus de 50 ans du PLD qui avait fait de l'alignement sur Washington l'alpha et l'omega de sa diplomatie.
Le Premier ministre a décidé de réexaminer un accord conclu en 2006 entre le PLD et l'administration de l'ancien président George W. Bush sur le redéploiement des bases américaines au Japon.
M. Hatoyama a promis d'alléger le fardeau pesant sur l'île d'Okinawa (sud), où sont stationnés la moitié des 47.000 soldats américains basés dans l'archipel.
"Je vais donner l'ordre que la mission de ravitaillement prenne fin à minuit (15H00 GMT) et que la flotte revienne au Japon", a annoncé vendredi le ministre de la Défense Toshimi Kitazawa.
Le navire ravitailleur qui croisait dans l'Océan Indien, accompagné d'un escorteur, fournissait de l'eau et du fioul aux navires alliés participant aux opérations en Afghanistan.
Débutée fin 2001 au moment du renversement du régime des talibans, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme"...


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