Un homme, blessé, pleure en tenant dans ses bras son bébé qui a péri dans le tremblement de terre. Photo Eduardo Munoz/Reuters
Des habitants ont été contraints d'abandonner leurs domiciles et se sont réfugiés dans des espaces ouverts. Quelque part où ils ne risquent pas d'être écrasés par l'effondrement d'un immeuble. « Ils dorment dehors parce qu'ils ont trop peur de dormir à l'intérieur à cause des risques de répliques », remarque une responsable du Secours catholique, Sara Fajardo. Un médecin couvert de sang, blessé au bras gauche, explique que « les morts seront comptés par centaines lorsqu'il sera possible de dresser un bilan ».
Certains bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes. D'autres sont encore debout mais de larges fissures témoignent du choc de la secousse. Le palais présidentiel a été sérieusement endommagé ainsi que des ministères aux alentours, alors que des hôpitaux, des hôtels et des écoles se sont écroulés. « Le quartier général de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah) s'est effondré en grande partie », affirme un employé local de l'organisation.
Dans une rue envahie par la poussière, une adolescente blessée est allongée à même le sol tandis qu'on tente de la soigner, selon des images de la chaîne brésilienne TV Globo. Plus loin, un groupe de personnes tentent de secourir un homme dont les jambes sont écrasées par de gros blocs de pierre, selon ces images. « J'ai vu beaucoup de destructions sur mon chemin. J'ai échappé de peu à l'effondrement du bureau où je travaillais », explique Marie-Claire, employée dans un laboratoire médical de Port-au-Prince.
Peu de temps après la secousse, la nuit tombée sur la capitale haïtienne plonge ses rues dévastées dans un noir complet qui ne fait qu'amplifier davantage la panique qui s'est emparée de la population. Des véhicules de la police haïtienne, des Nations unies ou de la Croix-Rouge tentent de transporter des blessés, mais les maisons détruites bloquent la circulation.
Autre difficulté pour les secours : les moyens de communications téléphoniques ont été sérieusement affectés et l'électricité a été coupée dans toute la ville. La plupart des stations de radio et de télévision de la capitale ne fonctionnent plus et quelques rares radios émettent des appels d'urgence.
Plusieurs établissements universitaires ont été endommagés par le choc et des étudiants étaient bloqués sous les débris. « Nous avons pu dégager quelques personnes des décombres, il y a de nombreux blessés », a déclaré le responsable d'une institution privée sur la radio Signal FM à Pétion-ville, à l'est de Port-au-Prince. Au lycée français d'Haïti, de nombreux écoliers sont bloqués à l'intérieur, souvent sans nouvelles de leurs parents. « Il n'y a pas de victimes, beaucoup de gens du voisinage sont venus s'abriter au lycée », assure un enseignant.
De nombreuses photos diffusées sur le site de microblogs Twitter montrent également des situations cauchemardesques. Sur l'une d'elles, une petite fille couverte de poussière tente de s'extraire d'un monceau de débris. Une autre montre les cadavres de deux femmes recouverts de terre, gisant à l'arrière d'une camionnette. Les photos témoignent également des efforts entrepris par la population pour faire face au drame, commencer à déblayer les rues et secourir les victimes.
Clarens RENOIS (AFP)

