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Liban

Pharaon : Les réconciliations ne remplacent pas la table de dialogue

« La question des réconciliations est certes importante, mais elle ne saurait se substituer aux décisions émanant du dialogue ni à la relance de la table de dialogue autour de la question des armes. » C'est ce qu'a affirmé hier le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, à l'issue de son entretien avec le chef du Législatif, Nabih Berry.
M. Pharaon, qui a en outre évoqué avec son interlocuteur le sujet des nominations administratives et le mécanisme à suivre à cette fin, a indiqué que M. Berry a estimé qu'il faut mettre sur pied une commission et qu'il n'est pas nécessaire par conséquent de recourir à un projet de loi, sachant toutefois qu'un texte portant sur le mécanisme à suivre pour les nominations existe depuis 2006.
Le ministre a révélé avoir également examiné avec M. Berry les moyens de réactiver la relation entre le gouvernement et l'Assemblée et passé en revue les projets de loi de manière à établir les priorités selon les urgences. « Nous avons aussi évoqué l'importance du système de contrôle, car la reddition des comptes est devenue plus difficile dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale », a précisé M. Pharaon.
Également parmi les visiteurs de Aïn el-Tiné, le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, qui a affirmé à l'issue de la rencontre que « les nominations judiciaires ne sont pas liées aux nominations administratives, car le secteur judiciaire est indépendant des nominations et ne suit pas, légalement parlant, l'ensemble du régime applicable aux fonctionnaires ».
M. Berry a par ailleurs reçu l'ancien ministre, Farès Boueiz, qui a affirmé avoir examiné avec le président du Parlement les questions de l'heure sur la scène politique locale et régionale. Passant en revue les circonstances de l'attentat terroriste avorté contre l'avion américain au départ d'Amsterdam, l'ancien ministre a souligné qu'il s'est avéré que la société chargée de la sécurité à l'aéroport d'Amsterdam, et dans tous les aéroports européens, était israélienne. Et M. Boueiz de se demander si l'État hébreu ne serait pas en train de chercher à entraîner, une fois de plus, les États-Unis dans une nouvelle aventure semblable à celle qui avait eu lieu le 11-Septembre, à New York. Autant d'« indices qui montrent qu'il y aurait une intention réelle de la part d'Israël de se débarrasser des pressions politiques exercées sur lui par l'Occident pour le pousser en direction du processus de paix », a-t-il dit.
Et M. Boueiz d'en déduire que « le consensus auquel nous sommes parvenus au Liban est on ne peut plus précaire », soulignant que la « trêve actuelle n'est pas fondée sur quelque chose de solide et de définitif, d'où la nécessité de la consolider afin de ne pas être surpris par certains développements régionaux qui nous ramèneraient à la polarisation ».
M. Boueiz s'est par ailleurs rendu auprès du patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, avec lequel il a effectué un survol de la situation politique.
Interrogé sur le dossier des nominations, l'ancien ministre a indiqué qu'il « ne comprend pas comment l'on choisit un chef de l'État à qui l'on n'accorde pas la capacité de gérer l'administration qui doit être placée sous son autorité. Je ne comprends pas non plus qu'en dépit de la présence au pouvoir d'un Premier ministre, l'administration continue de lui échapper. Lorsque sonne l'heure des nominations, chacun se met à réclamer sa quote-part comme il l'entend », a-t-il déploré, avant de conclure que « le Liban a besoin d'un État incarné par le président de la République et son Premier ministre qui, à eux deux, sont responsables des nominations et de l'administration ».
Évoquant enfin la question des réconciliations, M. Boueiz a relevé que « depuis 1860 à ce jour, il s'est toujours trouvé des acteurs pour provoquer, sur le plan confessionnel et politique, les citoyens qui les suivent comme des moutons de Panurge ». « Viennent ensuite les réconciliations folkloriques après que les gens eurent payé de leur vie et de leurs biens. » Et l'ancien ministre de conclure : « Les erreurs politiques ne sont jamais sanctionnées au Liban. De même que la mémoire fait défaut chez les Libanais qui ne se rappellent plus les prises de position politiques des uns et des autres. Personne ne se souvient qui était à l'origine des provocations et jusqu'où celles-ci ont mené », a ironisé l'ancien ministre, qui a qualifié les réconciliations de « précaires » et d'« illogiques ».
« La question des réconciliations est certes importante, mais elle ne saurait se substituer aux décisions émanant du dialogue ni à la relance de la table de dialogue autour de la question des armes. » C'est ce qu'a affirmé hier le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, à l'issue de son entretien avec le chef du Législatif, Nabih Berry.M. Pharaon, qui a en outre évoqué avec son interlocuteur le sujet des nominations administratives et le mécanisme à suivre à cette fin, a indiqué que M. Berry a estimé qu'il faut mettre sur pied une commission et qu'il n'est pas nécessaire par conséquent de recourir à un projet de loi, sachant toutefois qu'un texte portant sur le...
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