Par rapport au déficit record de juillet 2008 (64,9 milliards de dollars), il reste en baisse de 44 %. Mais l'idée de battre ce record un jour n'est pas exclue. « Le déficit commercial commence à ressembler à un canyon qui s'élargit », a estimé l'économiste indépendant Joel Naroff.
Officiellement, Washington cherche à réduire ce déficit. Les États-Unis se sont engagés, avec le groupe des pays riches et émergents du G20, dans la lutte contre les « déséquilibres de l'économie mondiale ».
Dans les faits, la tâche paraît impossible. Elle exigerait de commencer à combler le déficit de la balance des produits pétroliers et celui avec la Chine, tous deux situés autour des 20 milliards de dollars en novembre. Sur ce mois-là, les importations de pétrole brut ont bien été les plus faibles en volume (245 millions de barils) depuis plus de dix ans. Mais le prix moyen du baril importé, qui a pris 85 % en neuf mois, est particulièrement élevé à 72,54 dollars. On sait déjà qu'il le sera plus encore en décembre et janvier, et il est difficile de parier qu'il baisse à moyen terme.
En novembre également, les exportations américaines vers la Chine, bientôt la deuxième économie mondiale, ont été les plus fortes jamais vues (7,3 milliards de dollars). Le département du Commerce attribue ce record à « une pénurie de soja en Argentine due à une sécheresse ».
Cela reste très insuffisant. Pour chaque dollar de biens américains exportés vers la Chine, les États-Unis ont importé 4,41 dollars de biens chinois sur les onze premiers mois de 2009, soit un peu moins que l'année précédente (4,83 dollars).
« Les exportations vers la Chine sont revenues à leur niveau d'avant la récession, tandis que les importations depuis la Chine restent en dessous du pic », a relevé Christopher Cornell, de Moody's Economy.com. Mais, a-t-il poursuivi, « le maintien de l'accrochage du taux de change du yuan, à 6,83 pour un dollar, limite la capacité des marchés à combler ce trou. Ce problème a crû en taille et en importance pendant la dernière décennie et ne se résoudra pas en un jour ».
L'économie américaine reste peu exportatrice. En 2008, ses exportations avaient atteint un record de 12,6 % du produit intérieur brut. En 2009, la proportion devrait avoir chuté sous les 11 %. Dès qu'elle se porte mieux, la quantité de fournitures industrielles qu'elle doit importer pour produire et celle de biens de consommation qu'engloutit son marché ne font qu'aggraver le déficit.
« Les chiffres d'aujourd'hui sont un signe bienvenu de croissance économique et de hausse de la demande des consommateurs », a commenté le secrétaire au Commerce, Gary Locke. « Même s'il serait sympathique que nous réussissions à vendre beaucoup plus à l'étranger, la hausse de la demande pour les produits étrangers est une indication intéressante du fait que l'économie est en train de se reprendre », a abondé M. Naroff. Chaque mois, le département du Commerce détaille la balance des produits de haute technologie, qui pèsent aujourd'hui 23 % des exportations et 19 % des importations américaines. Bénéficiaire jusqu'en 2002, elle a enregistré en novembre 2009 le plus grand déficit jamais atteint à 8,3 milliards de dollars.

