Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

Yémen : une intervention américaine serait une "occupation" (chef islamiste)

 

Cheikh Abdelmajid Zendani, un chef islamiste yéménite soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a assimilé lundi une éventuelle intervention américaine au Yémen contre el-Qaëda à une "occupation militaire" du pays, affirmant rejeter une nouvelle "colonisation".

"Nous refusons l'occupation militaire de notre pays et nous n'accepterons pas de nouveau la colonisation", a-t-il déclaré au sujet d'une possible intervention militaire des Etats-Unis au Yémen pour aider ce pays dans sa traque des partisans d'el-Qaëda.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, cheikh Zendani a ajouté que "la forte mobilisation des forces américaines et de l'Otan près de nos côtes, sous le prétexte de lutte contre la piraterie (maritime), est disproportionnée" estimant en citant la presse américaine, qu'elle serait liée à "la protection des sources du pétrole" dans les monarchies du Golfe, voisines du Yémen.

Cheikh Zendani a critiqué la conférence internationale sur le Yémen convoquée pour le 28 janvier à Londres, à l'initiative du Premier ministre britannique Gordon Brown, jugeant que ses promoteurs présentaient le Yémen comme un pays "en faillite".

"Que les Yéménites, gouvernants et gouvernés, soient vigilants avant qu'un protectorat ne leur soit imposé", a-t-il averti.

Lundi, Sanaa a de nouveau exclu un déploiement de troupes étrangères dans le pays. "Le Yémen n'acceptera jamais la présence de forces étrangères sur son territoire", a dit un responsable gouvernemental dans une déclaration distribuée en fin d'après-midi à la presse.

La coopération avec des pays "frères et amis" en matière de lutte anti-terroriste est axée sur "la formation et l'échange de renseignements, le terrorisme étant un grave fléau qui menace la sécurité et la stabilité de tous" les pays, a ajouté le responsable sous couvert d'anonymat.

"Les forces de sécurité traquent tous ceux qui tentent de nuire à la sécurité et à la stabilité" du pays, a déclaré pour sa part un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Le Pentagone avait assuré jeudi que le rôle des Etats-Unis au Yémen se limitait à la formation et au renseignement, et son porte-parole Bryan Whitman avait affirmé qu'il "ne spéculerait jamais" sur des opérations militaires à venir.

Par ailleurs, cheikh Zendani a nié avoir un quelconque rapport avec l'imam radical américano-yéménite Anwar Aulaqi, qui pourrait être lié à l'attentat raté de Noël contre un avion de ligne américain ainsi qu'à la fusillade de la base militaire américaine de Fort Hood (Texas) en novembre (13 morts et 42 blessés).

"Je n'ai jamais été un enseignant d'Anwar Aulaqi", a-t-il dit, admettant toutefois que ce dernier pourrait avoir été influencé par ses idées extrémistes. "Serais-je responsable de quiconque écoute mes prêches ou lit mes livres ?", s'est-il demandé.

Il a toutefois dit avoir appris qu'Aulaqi "s'était caché dans les montagnes" du Yémen, affirmant en être "surpris".

Cheikh Zendani, recteur de l'université islamique Al-Iman, a également nié tout rapport avec le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab --inculpé aux Etats-Unis de la tentative d'attentat de Noël--, qui se trouvait au Yémen peu avant l'attaque ratée.

Cheikh Zendani est le fondateur d'une association de bienfaisance pour laquelle Al-Aulaqi travaillait aux Etats-Unis.

Le religieux a en outre réitéré sa fatwa (avis religieux) soutenant le jihad contre Israël. "Oui", a-t-il dit en réponse à un journaliste qui lui demandait s'il maintenant cette fatwa.

"Tant qu'Israël occupe une terre des Arabes et tue des musulmans (...), ces derniers ont le devoir de se défendre", a-t-il encore dit.

 

 
Cheikh Abdelmajid Zendani, un chef islamiste yéménite soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a assimilé lundi une éventuelle intervention américaine au Yémen contre el-Qaëda à une "occupation militaire" du pays, affirmant rejeter une nouvelle "colonisation".
"Nous refusons l'occupation militaire de notre pays et nous n'accepterons pas de nouveau la colonisation", a-t-il déclaré au sujet d'une possible intervention militaire des Etats-Unis au Yémen pour aider ce pays dans sa traque des partisans d'el-Qaëda.
S'exprimant lors d'une conférence de presse, cheikh Zendani a ajouté que "la forte mobilisation des forces américaines et de l'Otan près de nos côtes, sous le prétexte de lutte...