Un tête-à-tête Walid Joumblatt-Mohammad Raad.
Le chef du PSP a également salué la volonté des familles des martyrs d'ouvrir une nouvelle page en acceptant cette réconciliation et a mis l'accent sur le rôle positif joué tant par les FSI que par les services de renseignements de l'armée à cet égard. « Notre destin, notre passé et notre avenir est de combattre et de vivre ensemble », a dit M. Joumblatt à l'adresse des habitants de la banlieue sud, de la Montagne et de Beyrouth.
C'est dans ce contexte que le ministre Waël Bou Faour a estimé hier, depuis Hasbaya, que « les réconciliations n'ont pas pour objectif de réaliser un putsch, mais bien de faire prévaloir la logique du dialogue et de l'entente ». Même son de cloche du côté du responsable du bureau de presse du PSP Rami Rayess qui a nié en bloc tout lien entre « les réconciliations et le processus suivi par le PSP en vue de visiter Damas ».
Nasrallah
Le représentant du Hezbollah, le député Mohammad Raad, a de son côté salué rien de moins que le « courage » et la « persévérance » de M. Joumblatt. Ce partenariat représente un « intérêt stratégique » et les deux parties « resteront unies, sur différentes positions, face à l'ennemi (israélien) qui nous menace », a-t-il ajouté, lisant un discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Allant plus loin, il a indiqué que cette réconciliation ne servait pas uniquement à « tourner la page » mais qu'elle servait aussi à mettre l'accent sur « notre détermination à nous préserver les uns les autres ainsi que notre pays et nos partenaires libanais ainsi que les résistants palestiniens ». Il a ajouté : « Nous mettons notre main dans la vôtre et nous resterons ensemble, nous nous renforcerons ensemble, et avec nous la patrie sera plus forte, nous protégerons le territoire, le peuple contre les projets de l'ennemi. »
M. Raad a rappelé que grâce à cette solidarité, le Liban avait pu « faire échec à l'accord du 17 mai » et il avait pu mettre un terme à l'occupation israélienne ». « La résistance est devenue un projet national et nous veillons à établir des relations privilégiées avec la Syrie pour le bien des deux pays », a-t-il aussi indiqué.
Le député du Hezbollah a aussi choisi de mettre en relief « le destin de coexistence et de respect réciproque » qui lie les régions de Choueifat, la Montagne, la banlieue sud, le Sud, la Békaa. Pour lui, le partenariat reste « un intérêt stratégique pour le Liban » et celui-ci « est plus profond et plus large et plus solide que tous les cyclones et les pressions qui auraient pour effet de le déstabiliser ». M. Raad a aussi exhorté toutes les parties à œuvrer pour l'édification d'un État « fort, juste et au sein duquel tout le monde serait partenaire ».
Berry
Le président de la Chambre Nabih Berry était représenté à Choueifat par son conseiller politique, le député Ali Hassan Khalil, qui a rappelé « les étapes de la résistance conjointe » qui a lié le PSP au mouvement Amal ainsi que « la solidarité de la Montagne avec la banlieue sud et Beyrouth » lorsqu'il s'agissait de faire face à l'offensive israélienne. Aujourd'hui, a indiqué M. Ali Hassan Khalil, citant Nabih Berry, « nous reprenons le processus de combat commun et nous retrouvons notre histoire commune afin d'écrire l'avenir du pays sur la base de l'engagement à l'égard de la résistance et de la coexistence ». Et d'ajouter, tout en rappelant que la réconciliation n'est dirigée contre personne : « Cette rencontre permet de matérialiser notre engagement à l'égard des relations privilégiées que nous voulons bâtir avec la Syrie et de renouveler notre foi dans la cause palestinienne qui demeure centrale. »
Arslan
De son côté, Talal Arslan a affirmé que « toutes les voix discordantes qui rejettent la logique de la réconciliation constituent en fait des résidus de l'époque coloniale et sont en totale contradiction avec la paix civile et le projet d'édification de l'État ». Il a ajouté : « Que tout le monde ait bien à l'esprit qu'aucune voix ne peut surpasser celle de la réconciliation nationale. Tous les conseils des étrangers visant à se défaire de la résistance ont pour objectif de rayer le Liban de la carte (...) Les flèches internes dirigées contre la résistance visent en fait le cœur du Liban », a-t-il également prévenu. « L'esprit du 11 mai demeurera toujours présent pour servir de boussole au travail national, un travail qu'il faudra sans doute généraliser sur tout le territoire », a-t-il aussi déclaré.
Il convient de souligner dans ce cadre que le bureau de presse du Courant patriotique libre (CPL) a indiqué hier que le chef du PSP Walid Joumblatt se rendra aujourd'hui à Rabieh à 11h, à la tête d'une délégation de son parti.

